Rarement aubaine aura été le brandon de troubles comme il s’en passe actuellement à El Faouar où une importante découverte de pétrole a été annoncée voici quelques jours déclenchant une vague d’agitation à laquelle les hommes politiques ne se sont pas gardés de se mêler.
Des affrontements, il en éclate , depuis, tous les jours, surtout de nuit, avec des assauts répétés contre les postes de sécurités qui sont saccagés et incendiés, au point que les unités de la Garde nationale ont décidé de s’en retirer, laissant la place aux unités de l’armée qui ont dû intervenir pour assurer la sécurisation des établissements publics et les propriétés privées comme l’avait annoncé le ministre de l’Intérieur, Najem Gharsalli.
Les protestataires revendiquent notamment le recrutement des jeunes de la région dans la société hollandaise de prospection pétrolière Mazarine installée à El Faouar, ainsi que l’impulsion du développement dans la délégation à travers l’encouragement des investisseurs tunisiens et étrangers.
Après quelques jours d’attentisme, les autorités ont décidé d’agir sur le mode autre que sécuritaire. Le gouverneur de Kébelli, Amara Tlijani s’est réuni, en effet, dimanche avec un groupe de citoyens de la région d’El Faouar et il a été annoncé que qu’il a été convenu que les protestataires « reformulent » leurs revendications. D’après les médias, les autorités ont pris connaissance des revendications et elles œuvrent à les satisfaire.
Le fait est que la région a retrouvé un semblant de calme. Mais la situation pourrait de nouveau retomber dans l’agitation comme l’a souligné Zouhair Maghzaoui, député du Mouvement du Peuple (Al Chaâb) de la circonscription de Kébili. « Le problème réside au niveau du gouvernement qui reprend les mêmes arguments utilisés par les gouvernements précédents en accusant des bandes de malfaiteurs de semer le trouble pour réprimer les manifestations pacifiques. Les mouvements peuvent déborder, mais il ne faut pas traiter cette situation en recourant à la violence. Il y a eu des manifestations autour de cette même question pour dénoncer l’attribution de contrats d’exploitation des puits de pétrole et autour du favoritisme qui ne fait que créer des tensions », a-t-il expliqué, reconnaissant sur Mosaïque fm, que « certaines parties ont exploité les manifestations de la population pour réclamer leur part de développement suite à la découverte d’un puits de pétrole à El Faouar pour agir et créer la tension ».
Plus précis et accusateur, Mohamed Sghaier Miraoui, membre de l’Union régionale du travail à Gafsa a affirmé que « les habitants d’El Faouar sont manipulés par des personnes qui veulent réaliser leurs intérêts. Il y a des partis politiques qui sont derrière ces mouvements de protestation violents », a-t-il affirmé dans une déclaration à Africanmanager. Il n’en a pas mois reconnu aux habitants d’El Faouar « le droit de protester, de dénoncer l’augmentation du taux de chômage et l’absence de développement régional » sans pour autant recourir à la violence et aux attaques de postes de police.
Tel est l’appel lancé dans ce sens par le membre du conseil des secrétaires généraux du Front Populaire, Mohamed Jmour qui a demandé aux habitants et aux jeunes d’El Faouar de faire preuve de retenue et de ne pas avoir recours à la violence et au vandalisme.
Il les a appelés à opter pour le dialogue avec les autorités régionales et avec le gouvernement via les représentants de la région à l’Assemblée des représentants du peuple. Il a également indiqué que certains groupes terroristes opérant dans les zones frontalières pourraient profiter de ce chaos pour aggraver encore la situation.
La découverte du pétrole n’est pas la panacée
Dans tous les cas de figures, la découverte pétrolière d’El Faouar n’est pas pour désamorcer la crise du chômage dans la région. Le ministre de l’Industrie, de l’énergie et des mines, Zakaria Hamed, qui s’y trouvait il y a quelques jours, l’a dit sans ambages : « le secteur de l’énergie peut contribuer à dynamiser le marché de travail dans le gouvernorat de Kébili mais ne peut pas absorber totalement le chômage, ».
Le ministre a souligné les potentialités que possède la région de Kébili en énergies renouvelables, ce qui est de nature à attirer l’investissement, précisant que la Tunisie œuvre à produire 900 mégawatts d’électricité grâce aux énergies renouvelables à l’horizon de 2020. Une petite lueur d’espoir quand même, le ministère étudie la possibilité de mettre des financements à la disposition des jeunes en associant les compagnies énergétiques et ce dans le cadre de leur responsabilité sociétale.








