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Tunis : « Le portail national des concours de recrutement pour le secteur public, opérationnel dès fin mai », annonce Zied Laadhari

Pour Zied Laadhari, ministre de l’Emploi et de la formation professionnelle, le chômage est un problème structurel qu’on ne pourrait jamais résoudre à moyen terme. Pour ce faire, l’entreprenariat est la meilleure solution pour créer une nouvelle dynamique économique tout en assurant la génération des nouveaux postes d’emplois. Interview :

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Pouvez-vous nous présenter les priorités de votre département pour les 100 premiers jours du gouvernement?

Il s’agit de cinq priorités. La première concerne la mise en place de nouveaux mécanismes pour soutenir et accompagner la création de microprojets. C’est important étant donné que les projets privés et la culture entrepreneuriale ne sont pas encore développés. Or c’est ce que nécessitent l’économie tunisienne et plus précisément les jeunes

La création des propres projets ne signifie pas que l’on fuie nos responsabilités en tant qu’Etat au niveau du recrutement où la porte de la fonction publique était ouverte.

L’Etat reste le premier employeur dans le pays. On est cependant conscient que l’Etat, à lui seul, est incapable d’assumer la responsabilité d’intégrer tous les demandeurs, estimés à 10 mille annuellement, dans le marché de l’emploi. Ajoutons à cela plus de 600 mille chômeurs dont 60 mille diplômés de l’enseignement supérieur et 1 sur 4 de nos jeunes qui n’appartiennent ni l’enseignement supérieur ni à la formation professionnelle. C’est un problème alarmant.

C’est pour cette raison que nous sommes engagés par notre rôle au niveau de recrutement et de l’emploi, mais nous voulons ouvrir les horizons aux jeunes en les orientant vers le secteur privé et la création de propres projets dans différents domaines.

Ces PME et ces TPE pourraient être un catalyseur de développement comme c’est le cas dans d’autres pays comme le Japon et les Etats Unis où les PME jouent un grand rôle dans l’économie nationale.

Cette étape, à mon avis, passe par la sensibilisation et la mise en place des programmes jusqu’à la formation supplémentaire, l’encadrement sans oublier le financement. Dans ce cadre, il est important de noter que le département de l’emploi a réussi à trouver des nouvelles formules touchant également à l’autofinancement et l’engagement à étudier les dossiers dans un bref délai pour une réponse ne dépassant pas les 20 jours.

La deuxième priorité est relative au soutien des sociétés qui souffrent de difficultés dont le nombre s’est élevé à 2000 avec des prêts à court terme.

La troisième priorité est la création d’un portail national des concours de recrutement pour le secteur public. Ce projet sera opérationnel fin mai prochain.

Le quatrième intérêt est l’encouragement des initiatives locales et régionales d’emploi outre l’incitation à l’inscription aux centres de formation professionnelle à travers l’octroi des primes pour des spécialités bien déterminées.

Cinq priorités pourraient-elles aujourd’hui absorber réellement l’épineux problème de chômage ?

Je pense qu’il faut commencer par les petites initiatives pour réaliser de petits acquis afin de pouvoir se lancer dans les grands détails. Aujourd’hui, il est inutile de faire de grandes choses puisque les reformes structurelles nécessitent du temps.

Mais si à chaque période on se lance dans de petites initiatives, les répercussions seront certainement importantes et fructueuses. Avec l’accumulation de ces initiatives, on peut créer une certaine dynamique. Faut-il rappeler qu’on va commencer avec 13 mille projets dans le secteur privé, car un projet, à lui-même, pourrait générer entre 4 et 6 postes d’emplois. Donc, pour les 13 mille, le nombre sera considérable.

On pourrait aller plus loin, si on entamait cette démarche à partir des prochains mois sans oublier la résolution du problème des 2000 projets ainsi que le recrutement de 1400 dans la formation professionnelle et 400 pour l’initiative locale touchant 4 régions, à savoir Tataouine, Kef, Gafsa et Ariana avant d’en cibler d’autres.

Il est important de commencer par les petites initiatives qui auraient la rentabilité économique et pourraient contribuer à la résolution de ce problème.

Avec ces initiatives, je suis confiant qu’on pourra redonner de l’espoir à nos jeunes qui sont appelés à faire des sacrifices dans cette conjoncture où la mobilisation due département est confirmée pour gagner ce challenge.

La problématique du chômage, qui est structurel, ne pourrait pas être résolue à travers un effort individuel, mais par le partage des responsabilités entre tous les intervenants.

Des chômeurs de longue durée de Gabès font une grève de la faim depuis plus d’un mois. Ils revendiquent le droit au travail et à la dignité. Qu’en pensez-vous ?

Nous sommes conscients de la situation de ces grévistes et c’est pour cette raison que nous les exhortons à mettre fin à leur mouvement qui ne peut que menacer leur vie.

Il faut avouer que le chômage est un problème structurel, et c’est le résultat de séries d’accumulations. Donc, il est difficile de le résoudre à travers des grèves de la faim. La situation de ces chômeurs est certes difficile, mais il faut trouver la bonne issue.

Pour ce faire, le gouvernement a proposé certaines solutions et nous espérons une réaction positive de leur part. On a proposé déjà l’orientation vers la mise en place de leurs projets. On a aussi proposé des offres d’emploi dans le secteur privé alors que la dernière solution concerne la réactivation de la société de l’environnement à Gabès.

On est en pourparlers. D’ailleurs, une réunion a eu lieu récemment en coordination avec la présidence du gouvernement et le ministère de l’Industrie pour activer ce recrutement

Ces chômeurs de longue durée sont capables de créer de nouveaux projets ?

Sans volonté, on ne peut pas avancer. Il faut commencer et en tant que ministère, on essaye d’améliorer et tirer profit d’autres expériences.

A mon avis, ces chômeurs s sont encore jeunes et ils pourraient innover et prendre le risque pour réussir.

Qu’en est-il alors de la société « environnement, plantation et jardinage de Gabès » sachant qu’une expérience semblable à Gafsa continue de faire polémique. Car, il s’agirait d’une initiative entachée de corruption, d’après plusieurs observateurs ?

Je pense que l’Etat a assumé ses responsabilités et il était conscient que le secteur public à lui seul ne pourrait plus intégrer d’autres recrutements. A l’époque et avec les revendications sociales, la création des entreprises d’environnement était la solution pour y faire face.

Le recrutement n’était pas activé pour plusieurs raisons, jugées compliquées liées à cette conjoncture

On ne peut jeter la pierre à personne. Car, ces responsables ont fourni des efforts même s’ils ne sont pas parvenus à activer le recrutement. Mais voila, on est là pour le faire tant qu’il y a des besoins et l’activation de cette société est une priorité.

Plusieurs experts affirment que le modèle du développement était à l’origine de l’aggravation du chômage. Qu’en pensez-vous ?

Le modèle de développement créé dans les années 70 ne s’adapte plus au pays. Il est temps de s’orienter vers un nouveau modèle économique qui soit basé sur la technologie, la valeur ajoutée d’autant plus qu’il est plus que jamais nécessaire de monter en gamme pour créer des emplois.

Smart Tunisia mise en place en coordination avec le ministère des technologies s’inscrit dans cette démarche. On a déjà entamé la première étape avec une entreprise privée qui sera certainement suivie d’autres. Ce projet pourrait créer 50 mille postes d’emplois sur les cinq prochaines années

En tant que ministère de l’Emploi et de la formation professionnelle, on finance les entreprises concernées en accordant des incitations financières pour les grandes entreprises étrangères capables d’investir dans ce domaine.

Quelles sont ces incitations ?

Les avantages sont multiples. D’ailleurs, on pourrait assurer aux entreprises concernées 100% de couverture sociale et donner 50% des salaires pour atteindre 250DT. Ajoutons à cela des aides de 5000dt destinées à la formation ainsi que l’octroi d’une prime de 700dt à l’entreprise qui va recruter des jeunes.

L’Etat pourrait à travers ces mécanismes jouer le rôle de facilitateur et catalyseur pour créer une nouvelle dynamique.

Wiem Thebti

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