Tunis-pétrole : La véritable histoire de la dynastie Bouchamaoui!

Tunis-pétrole : La véritable histoire de la dynastie Bouchamaoui!

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La campagne «Winoo El Pétrole» a dernièrement été l’alibi

La campagne «Winoo El Pétrole» a dernièrement été l’alibi, pour certaines parties prenantes dans cette campagne dont la finalité semble être une hypothétique nationalisation de cette petite richesse nationale, de s’attaquer à l’une des plus importantes familles d’hommes et de femmes d’affaires tunisiennes.

L’occasion pour nous de revenir sur l’historique de cette famille, industrielle par excellence, et créatrice de richesses et d’emplois, et dont la 4ème génération a culminé avec l’arrivée de l’une de ses femmes à la tête de la puissante organisation patronale. Certains parmi les agitateurs de la campagne «Winoo el Pétrole», ont malheureusement poussé la vindicte, l’ignorance et l’amalgame, jusqu’à traîner, haineusement, dans la boue une des femmes de cette 4ème génération de la dynastie.

Qui est en fait la famille Bouchammaoui ?

– D’Ahmed aux enfants de Hédi, le parcours d’une famille d’investisseurs

C’est d’abord une famille, issue de Bouchamma, près de la ville de Gabès. Le père fondateur a été Ahmed Bouchammaoui. Au début du 20e siècle, dans le sud de la Tunisie, Ahmed Bouchamaoui avait créé une entreprise de génie civil dans le petit village de Bouchamma (Gabès). En 1948, ses trois fils ont pris la responsabilité de la société. Depuis, Bouchammaoui Industrie (BI) a continué à développer et étendre ses activités, non seulement en Tunisie mais aussi en Libye sur nombre de projets agricoles intégrés. Au cours des années 1970, l’évolution de la société à partir d’un bâtiment et l’entrepreneur de génie civil à un entrepreneur industriel dans le secteur de l’énergie était un développement naturel, compte tenu de la croissance des activités d’hydrocarbures en Tunisie et de ses pays voisins », peut-on lire sur le site Internet de la famille. Et si Rachid et Abdelmajid s’étaient spécialisés dans l’industrie, Hédi fera le choix de l’exploitation et de la production pétrolière.

La légende dit que Hédi Bouchamaoui devrait le développement de ses affaires dans le domaine de la construction des plateformes pétrolières à une rencontre fortuite avec l’ancien leader libyen alors qu’il n’était que jeune colonel en visite en Tunisie. La réalité est que Feu Hédi Bouchammaoui avait commencé en Libye avec la construction de plateformes et n’avait investi dans l’exploration et la production pétrolière qu’en Egypte d’abord, où la chance avait beaucoup souri à la famille. Bien plus tard, Abdelmajid Bouchamaoui essayera de prendre pied, lui aussi, dans la production pétrolière. Il a en effet acheté des parts dans le permis Mazarine d’El Faouar, mais a fini par les revendre bien avant que la découverte de pétrole ne se confirme dans ce coin reculé du Sud tunisien.

– HBS ou l’opérateur qui ne produit que 50 barils par jour

Boostée et confortée par ses réussites en Egypte, près de la frontière soudanaise notamment, la famille de Feu Hedi Bouchamaoui obtient, dès 2007, deux permis de recherche, le premier appelé «Nord Médenine» et le second appelé «Oasis», par contrat de partage avec l’Etat tunisien représenté par l’Etap. Il est cependant important de noter que le véritable propriétaire des deux permis est l’Etap alors que HBS Oil Compagny reste un simple opérateur. Cette dernière effectuera deux forages. L’un d’eux n’apportera rien et sera abandonné, comme nous l’a confirmé le PDG de l’Etap. Le second forage, dit «Mazrane1» sera l’unique découverte, mais seulement de quelques centaines de barils par jour. Aux dernières nouvelles, confirmées par les relevés quotidiens de l’entreprise et par le PDG de l’Etap Mohamed Akrout, il ne produirait pas plus de 50 barils par jour.

Plus important que tout cela, le fait est que HBS Oil Compagny ne vend pas toute seule cette petite production, pour l’exploration de laquelle elle aura en fait dépensé un peu plus de 49 MDT (15,8 MDT pour tous les travaux du premier forage des Oasis et 33,3 MDT pour Mazrane1). Contractuellement, c’est l’Etat qui vend cette production de 50 barils par jour stockée dans les citernes de la société «Maretap», filiale de l’Etap qui en assure la vérification. Aux termes du même contrat, l’Etap s’adjuge 82 % du montant des ventes et HBS Oil Compagny des Bouchamaoui uniquement 18 % des ventes. Toujours selon le même contrat, la part de l’Etat, à travers l’Etap, pourrait augmenter jusqu’à 85 % si la production de Mazrane1 remontait.

– 5 MDT de pénalité, payés rubis sur l’ongle

Nous avons aussi essayé de savoir ce qu’il y a de vrai dans cette accusation adressée à HBS, de ne pas payer les pénalités auxquelles l’astreint le contrat avec l’Etap. Notre enquête, menée auprès de l’Etap et du management de HBS qui nous a tout montré, nous conduit à constater que le propriétaire du permis pétrolier avait fait remarquer à son opérateur la HBS qui cherchait à renouveler le permis, qu’il n’avait pas réalisé tous les travaux sur lesquels il s’était engagé pour développer Mazrane1. Il aura beau démontrer que c’est un cas de force majeure, dû aux effets collatéraux de la révolution de 2011, l’opérateur HBS sera condamné à une pénalité de 5 MDT qu’il a payée, comme nous avons pu le vérifier à travers les documents financiers qu’il nous a montrés. Il reste enfin à dire que HBS est loin, à ce jour, de réaliser les bénéfices dont on l’accuse sur les réseaux sociaux. L’opérateur restait en effet toujours déficitaire. Il a en effet dépensé 49 MDT dont il n’a pour l’instant pu récupérer que 13 MDT. Et si on y ajoutait l’amende de 5 MDT, il lui resterait des prunes. Nous ne sommes pas des «experts». Nous sommes simplement des journalistes qui avons enquêté directement chez les concernés. Nous avons confronté leurs informations, elles se tiennent.

Khaled Boumiza

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