Des démissions en cascade chez les candidats aux présidentielles. Il n’en reste plus que 23 en course. En annonçant, lundi, qu’ils jettent l’éponge, les candidats indépendants Noureddine Hached et Mustapha Kamel Nabli ont porté à quatre le nombre des prétendants au palais de Carthage ayant décroché, après le retrait de Abderrahim Zouari (Mouvement destourien) et Mohamed Hamdi (Alliance démocratique), et le nombre ne serait pas près de rester en l’état. Le paysage politique tunisien tel que véhiculé par les médias explique en grande partie les retraits, selon certains candidats.
A vrai dire, les médias tunisiens se retrouvent, aujourd’hui, au banc des accusés, pour avoir accentué la bipolarisation, au profit de deux candidats seulement, à savoir, Mohamed Moncef Marzouki et Béji Caïd Essebsi, ce qui n’aurait pas manqué de frapper de marginalisation les autres candidats et poussé les quatre candidats à quitter cette course, selon plusieurs analystes politiques. A ce rythme, le peuple ne pourrait pas choisir son futur président en toute sérénité.
Dans une déclaration à Africanmanager, le président de la Haute Autorité Indépendante de la Communication (HAICA), Nouri Lejmi n’a pas écarté que de telles raisons soient derrière la démission des quatre candidats aux présidentielles, accusant, dans ce contexte, certains médias de ne pas jouer convenablement leur rôle durant cette période des élections présidentielles, en exaspérant les tiraillements politiques, selon ses dires.
Certains médias n’ont pas non plus respecté les principes de la neutralité et de l’égalité, ce qui a pour eu pour conséquences de susciter les craintes. D’autres discours ont été traités sur des modes qui pourraient amener l’électeur à les comprendre comme un soutien à un candidat ou un parti bien déterminé.
Nouri Lejmi a reproché, en outre, à certains médias d’avoir recours à la publicité politique déguisée ou directe et d’utiliser à mauvais escient les sondages d’opinion pour favoriser un parti ou un candidat, soulignant, à ce propos, que des sanctions sont prévues dans ce cadre. En ce qui concerne l’exploitation des sondages d’opinion par les médias pour favoriser un éventuel candidat, il a souligné que les contrevenants sont passibles d’’une sanction financière allant de 3 mille à 20 mille dinars. S’agissant, en revanche, de la publicité politique, la loi électorale prévoit des amendes de plus de 10 mille dinars.
Il a, à ce propos, révélé que des sanctions financières seront décidées contre quelques radios et télévisions suite à la diffusion d’émissions de propagande politique et de résultats de sondages durant la campagne électorale présidentielle, se gardant toutefois de citer les noms des médias qui seront mis à l’amende par la HAICA.
Au sujet de la violation des principes de neutralité et d’égalité entre les candidats et les partis politique, le président de la HAICA a reconnu l’existence de difficultés pour sanctionner ce type de dépassements vu que la loi électorale n’a pas prévu des sanctions à ce titre. « La loi électorale n’a pas prévu de dispositions répressives en cas de manquement à neutralité et à, l’égalité, et c’est ainsi que l’instance se trouve contrainte d’intervenir au niveau de tous les dépassements », a-t-il dit.
Il est à signaler, cependant, dans ce cadre, que ces retraits ne peuvent être pris en considération par l’ISIE étant donné que la loi organique relative aux élections et au référendum stipule, dans son article 49, qu’en cas de retrait de l’un des candidats au premier tour, après l’annonce définitive des noms des candidats retenus ou de l’un des candidats qualifiés au second tour, ce retrait ne peut être pris en compte dans aucun des deux tours.
Kh.T








