AccueilLa UNETunis : Tunisair vaut-elle mieux que Syphax ?

Tunis : Tunisair vaut-elle mieux que Syphax ?

La presse tunisienne pullule, depuis quelques temps et après une période de «silence des agneaux», d’articles sur la situation financière de la compagnie privée de transport aérien Syphax, de l’homme d’affaires, député et ancien candidat malheureux aux présidentielles de 2014. Des articles qui découvrent, maintenant, une situation qui perdurait depuis la création même de l’entreprise. Force est pourtant de constater que la situation de cette petite compagnie aérienne n’a presque rien à envier à celle de la plus grosse des compagnies du pays, Tunisair. A la différence que cette dernière qui est une entreprise publique, les mêmes sortes d’erreurs, sinon d’autres, y ont été commises et les ont menées toutes les deux au même destin tragique d’une situation financière plus que désastreuse.

  • Rien ne va encore chez le transporteur officiel

A la date de la fin du premier semestre de l’exercice 2015 en cours, la situation commerciale de Tunisair n’inspirait pas toujours confiance. Le nombre de passagers embarqués par la compagnie au cours des six premiers mois de cette année, dépassait à peine les 1,3 millions, en baisse de plus de 450 mille. Le coefficient de remplissage chutait de 3.5 points, de 72 à 68,5 % et la part de marché de Tunisair dégringolait aussi de plus de 3 points d’une période à l’autre (passant de 39,8 à 36 %), bien que, rareté rare, la ponctualité des avions de la compagnie se soit améliorée de plus de cinq points d’un seul coup (52 % à la fin de 2014 après un 50,8 % à la fin du premier semestre de la même année et une PDM de 55,1 % à la fin des six premiers mois de l’exercice 2015). Les revenus de l’activité transport ont drastiquement chuté d’un peu plus de 520 MDT, au premier semestre 2014, à 382,5 MDT en pareille période de l’année en cours et dans la baisse, toutes les activités de Tunisair ont plié. Au rayon de la hausse, on trouvera seulement l’endettement de l’entreprise qui est désormais de presque 706,5 MDT, un chiffre en hausse par rapport aux 604 MDT de la fin de l’exercice 2014. Actuellement, Tunisair peut-être considéré comme étant une société en faillite. Sans sa dette et rien que pour son bilan individuel, son déficit de plus de 205,2 MDT représente déjà presque deux fois son capital de 106,1 MDT.

Tous les indicateurs du transporteur porte-drapeau de la flotte tunisienne, se détériorent, année après année, dans le silence national. L’Etat tunisien vient récemment d’accorder sa garantie pour de nouveaux crédits à Tunisair qui n’en finit pas de renouveler une flotte toujours mal exploitée. De nouveaux gros porteurs sont achetés, sans que l’ouverture des marchés porteurs promis, en Afrique et en Amérique du Nord, ne pointe encore le nez. Le service à bord pâti encore de la grève de sa filiale catering qui n’assure plus les repas à bord et tout le groupe Tunisair souffre encore des effets de décisions politiciennes, prises par un ancien ministre du Transport, actuel ministre du Développement économique, qui ont depuis plongé l’entreprise dans un déficit, passé de chronique à structurel. Faute de courage politique, Tunisair n’arrive toujours pas à trouver financement à ses différents plans de redressement.

  • Où sont les responsables, Etat et politiciens ?

Si la mauvaise gestion chez Syphax est individuelle, celle de Tunisair est nationale. Si la responsabilité de l’Etat de Syphax est individuelle, comme l’ont signalé quelques ministres lors du dernier CIM consacré au transporteur privé, celle de Tunisair et hautement politique et ne s’arrête plus aux gouvernements de l’ancien régime.

Comme l’a précisé à juste titre le communiqué officiel du CIM consacré à Syphax sans qu’il soit publié, le gouvernement ne s’est intéressé à son cas que dans la seule optique sociale. Ses pertes abyssales pour ses capacités financières, ses dettes trop grosses pour ses revenus, ainsi que les conditions de sa création restent le dernier souci de l’Etat tunisien et de sa justice.

Comme ils l’avaient toujours fait, les gouvernements successifs tunisiens, d’avant et d’après la révolution, ont traité Tunisair comme une poule aux œufs d’or ou en simple vache laitière où tout le monde puise, employés et politiciens. Les deux seuls perdants dans de ce jeu ont été, d’abord les contribuables tunisiens, et ensuite ceux qui avaient fait confiance au soutien de l’Etat lors de l’introduction de Tunisair en bourse. Ce soutien a toujours été défaillant.

   

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2 Commentaires

  1. Tunisiar: 67 ans de loyaux services et benefices exeption de qques unes.
    Syphax: 4 ans de cannibalisme de lignes et de deficit
    Quelle comparaison !!!
    Le redacteur s’estime connaisseur du domaine et n’a pas vu venir le desastre de Syphax.
    et en admettant que les proprietaires de chaque societe doivent assumer leurs choix et erreurs, il en decoule que pour Syphax c’est le prive qui doit payer et pour Tunisair c’est l’etat (qui a beneficier en passant des annees de vaches grasses)
    L’achat des avions souleve d’autres elements qu’un « connaisseur » doit savoir: les delais de livraison des avions est entre 6-8 ans, doit-t-il, en tant que gestionnaire annuler les commandes (et les pertes consequentes contractuelles) parce que la reprise n’est pas sure (et pour combien de temps), ou la maintenir car c’est en pariant sur la reprise que la compagnie se retablira.
    Il est certe admis qu’avec le marasme touristique actuel (Tunisiar en est aussi une victime) que le compte n’y est pas. Mais un gestionnaire (un bon) doit anticiper.

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