« L’expérience tunisienne est en train de suivre son petit bonhomme de chemin vers la démocratie à pas sûrs ». C’est en tout cas ce qu’a constaté le mouvement Ennahdha, dans un point de presse tenu, ce jeudi 19 juin, au siège du parti islamiste à Montplaisir. C’est dans ce contexte que s’inscrit le pluralisme des élections législatives dont les vainqueurs seront ceux-là mêmes qui sortiront des urnes, a dit Ali Laareydh, membre du bureau exécutif d’Ennadha.
Devant un parterre des journalistes, il a fait remarquer que la Tunisie a aujourd’hui besoin d’un président qui soit indépendant ou issu d’un consensus pour qu’il puisse diriger le pays en toute sécurité et relever les défis auxquels fait face la Tunisie et qui sont également liés à la sécurité et la relance de l’économie. « Aujourd’hui, il y a un besoin national réel pour que les Tunisiens soient unis à travers un président bien soutenu par toutes les composantes de la société civile », a-t-il dit.
Un futur président issu d’un consensus, pourquoi pas ?
Partant de cette idée et suite à une réunion du conseil de Choura, le week-end dernier, le mouvement Ennahdha a remis en selle sa proposition de choisir un candidat consensuel pour les présidentielles, a assuré, de son côté, le vice-président et le coordinateur du mouvement, Abdelhamid Jlassi avant de noter que « cette nouvelle proposition ne vise nullement la modification des règles démocratiques, ni l’annulation des élections, mais plutôt le renforcement du consensus, loin des calculs politiques, et ce, dans le but de consolider la démocratie en Tunisie, qui est en train de s’instaurer».
En effet, le parti islamiste estime que les échéances présidentielles nécessitent l’ouverture d’un large dialogue entre tous les protagonistes afin de trouver un consensus autour d’une personnalité nationale. Pour Ennahdha, cette personnalité devra être capable de réaliser les objectifs de la Révolution.
Jlassi a, par ailleurs, soutenu qu’Ennahdha, en faisant cette proposition, n’a pas encore de candidat aux présidentielles, et n’annoncera son choix qu’à la lumière des consultations qui devraient avoir lieu entre partis et société civile. Car, « cette démarche nous ferait gagner beaucoup de temps et d’efforts, et surtout, rassurera les Tunisiens durant la période à venir», selon ses dires.
Une période qui serait certainement difficile notamment avec les mutations profondes que connaît le pays, mais aussi les autres pays voisins à l’instar de la Libye et de l’Egypte. « Dans cette conjoncture nationale et régionale tendue, la concertation autour du futur président semble nécessaire pour trouver les mécanismes et les moyens requis pour concilier entre le consensus et la participation au pouvoir », a-t-il ajouté.
Abdelhamid Jlassi a, en outre, relevé qu’Ennahdha se lancera dans les législatives comme tout autre parti et négociera des alliances électorales avec les autres partis, notant que sa formation politique ne croit pas au lien « mécanique » entre les législatives et les présidentielles.
Ennahdha engagé à respecter les modalités du processus
Pour sa part, Ajmi Lourimi a affirmé que cette proposition est ouverte à tous les partis politiques. Dans ce contexte, il a déclaré que son mouvement s’est engagé à respecter les modalités de ce processus. « On veut que le futur président de la Tunisie soit un sujet du dialogue national et notre parti s’est engagé à respecter les modalités de ce processus pour préserver l’intérêt du pays », a-t-il expliqué.
Pour Lourimi, la réussite de cette phase consensuelle va certainement rejaillir sur l’avenir de tous les Tunisiens.
Wiem Thebti








