Tunisie : 251.3 millions de dinars consacrés au développement régional

Tunisie : 251.3 millions de dinars consacrés au développement régional

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Le ministère du Développement régional  a organisé, lundi,  un point de presse à Tunis pour présenter les mesures prioritaires décidées en faveur des régions pour la période à venir. Dans  ce contexte, Abderrazak Zouari, ministre du Développement régional a  indiqué qu’une  nouvelle approche de développement régional   est en train d’être élaborée visant  essentiellement à réduire les disparités  régionales, et ce à travers la mise en place d’informations statistiques régionales précises et fiables dans le but d’améliorer l’infrastructure et le mode de vie des citoyens.

Il a rappelé  que le développement régional consiste à augmenter le bien-être de la population dans toutes les régions en améliorant l’infrastructure de base tout en encourageant l’investissement dans tous les secteurs dans l’objectif de réduire les disparités entre les régions afin d’assurer une convergence rapide.

Selon le ministre, le développement régional  souffre de plusieurs handicaps, à savoir, l’absence de l’information statistique actualisée périodiquement au niveau régional, ce qui entraîne des problèmes en ce qui concerne l’élaboration des grands axes relatifs au développement régional, l’absence des études stratégiques  nationales au niveau régional, l’absence de contribution de la société civile et le secteur privé et les structures professionnelles concernées dans l’élaboration des politiques du développement futur, l’influence des décisions politiques sur les choix et les orientations du développement régional, les appels d’offres relatifs aux grands projets qui  sont adoptés au niveau national,  ce qui a  entraîné des retards dans l’exécution de plusieurs projets…
Bien plus,  l’action du développement régional a été entachée d’autres handicaps relatifs à l’impulsion de l’initiative privée essentiellement, la centralisation des décisions concernant l’octroi des crédits et des primes d’investissement au profit des entrepreneurs, la complexité et la lourdeur des procédures administratives, l’insuffisance de l’infrastructure de base et les équipements socio-collectifs qui représentent un frein à l’attraction des investisseurs, l’insuffisance des zones industrielles adaptées…

Un autre volet très important a été évoqué par le ministre, c’est celui de la bonne gouvernance. « Nous sommes dans une phase de transition capitale dans l’adaptation de notre modèle politique. Nous avons une mission de réaménager notre démocratie pour combler le fossé entre citoyen, société civile et le secteur public ».L’évolution des structures politiques vers une plus grande démocratisation va modifier les équilibres économiques politiques et sociaux. L’idée défendue est que l’incertitude institutionnelle, c’est à dire le changement inattendu des règles, l’imprévisibilité de la justice ou encore le non respect de l’Etat de droit, augmente  les coûts de transactions, sape la crédibilité des réformes économiques et crée un climat défavorable à la pratique des affaires.
Le ministre a ajouté que la gouvernance est, en Tunisie, un gisement de croissance économique qui n’est pas pleinement exploité. Notre pays souffre d’un sérieux gap institutionnel au niveau de la participation de la société civile et la responsabilisation des pouvoirs publics qui ne rendent pas compte. La gouvernance est fondée sur sept principaux normes, notamment la participation  à la prise de décision fondée sur la liberté d’association et d’expression, la transparence, la responsabilité avec l’obligation de rendre des comptes au public…

En ce qui concerne les perspectives du développement régional, il a mis en exergue l’importance d’appliquer une vision basée sur la responsabilisation des régions à l’égard de leur propre développement économique et social. Cette responsabilité exige en fait des institutions locales transparentes et compétentes, une infrastructure adaptée, une politique fiscale et financière appropriée et une bonne coordination avec l’administration centrale.

Selon lui, l’échec de cette vision de développement  dans les régions de l’intérieur  s’explique essentiellement par la persistance d’un certain nombre de problèmes, notamment, la domination de l’activité agricole traditionnelle généralement à sec et à faible valeur ajoutée malgré sa fragilité, la faiblesse de l’infrastructure de base nécessaire pour développer l’agriculture et attirer l’investissement local et étranger, la faiblesse de la représentation bancaire et surtout des administrations chargées de soutien de l’investissement privé, l’insuffisance de la qualification des responsables des directions régionales…
Le ministre a mis l’accent sur le programme complémentaire qui consiste de faire ressortir les gouvernorats prioritaires afin de déterminer l’enveloppe budgétaire à attribuer à chaque gouvernorat.

Il a enfin annoncé  que l’ enveloppe globale consacrée au programme complémentaire  est de 251.3 millions de dinars, ramenant ainsi l’investissement total relatif à l’année 2011 pour les projets et programmes à caractère régional à 1483millions de dinars alors que  1232MD ont été prévus dans la loi de finances pour 2011, en attendant l’adaptation de la loi de fiances complémentaire de cette année qui va orienter davantage les investissements au profit des régions de l’intérieur, a-t-il précisé.

Nadia Ben Tamansourt

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