La filière dattes représente l’un des piliers de l’agriculture tunisienne et un secteur stratégique pour l’économie nationale, plaçant le pays parmi les dix premiers producteurs mondiaux et au deuxième rang mondial en termes de valeur des exportations.
Les coupures de courant fréquentes et soudaines qui accompagnent la vague de chaleur extrême en Tunisie ont endommagé plusieurs pompes d’irrigation dans les oasis du gouvernorat de Kébili, au sud du pays. Ces coupures ont perturbé le cycle de l’eau et retardé les travaux agricoles, à un moment crucial pour la production de dattes. L’alerte a été donnée par Hakim Mrabet , président de l’Union régionale de l’agriculture et de la pêche de Kébili. Il a expliqué que ces coupures de courant répétées avaient provoqué des pannes de pompes, nécessitant le transfert de matériel vers d’autres gouvernorats pour réparation. Cette situation a des répercussions sur la régularité de l’irrigation dans les zones agricoles touchées.
Cité entre autres dans le bulletin online d’Agenzia Nova, il a précisé que « le dysfonctionnement des systèmes d’approvisionnement en eau pourrait affecter la qualité de la production de dattes, car les palmiers nécessitent un apport constant en eau à cette période de l’année ». Dans certaines oasis, a-t-il ajouté, le cycle de distribution d’eau « a été considérablement ralenti, tandis que dans d’autres, il a été complètement interrompu, ce qui pourrait avoir des conséquences sur les récoltes ». Ila également souligné « les difficultés structurelles du système local de gestion de l’eau », notant que le gouvernorat de Kébili compte plus de 100 coopératives agricoles, dont la plupart sont endettées auprès de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), une situation qui aggrave encore les problèmes critiques de gestion des réseaux d’irrigation.
Une filière, pourtant, pourvoyeuse de devises !
La filière dattes est un pilier de l’agriculture tunisienne et un secteur stratégique pour l’économie nationale, plaçant le pays parmi les dix premiers producteurs mondiaux et au deuxième rang mondial en termes de valeur des exportations. L’industrie agroalimentaire contribue en moyenne à plus de 10 % du produit intérieur brut (PIB) de la Tunisie, tandis que la filière dattes représente à elle seule environ 6 % de la production agricole nationale. La campagne agricole 2025/2026 a enregistré une récolte record de 404 000 tonnes, soit une augmentation de 16,3 % par rapport aux 347 000 tonnes de la campagne précédente. La variété Deglet Nour, très prisée, demeure le principal moteur de la filière, représentant environ 84 % des volumes d’exportation. La filière dattes joue également un rôle important dans les recettes en devises du pays, contribuant à compenser le déficit commercial engendré par une forte dépendance aux importations d’énergie.
Sur le plan des exportations, au cours des sept premiers mois de la campagne de commercialisation (octobre 2025-avril 2026), la Tunisie a exporté 113 900 tonnes de dattes, soit une hausse de 5,6 % par rapport à la même période de l’année précédente, générant des recettes de 725,6 millions de dinars tunisiens (environ 218 millions d’euros). Les dattes représentent plus de 19 % des exportations agroalimentaires totales de la Tunisie, juste après l’huile d’olive. Les dattes tunisiennes sont régulièrement présentes sur 94 marchés internationaux. L’Union européenne (UE) représente 41,7 % des exportations et constitue le premier marché en valeur, l’Allemagne, la France, l’Espagne et l’Italie figurant parmi les principaux acheteurs. Viennent ensuite les marchés asiatiques (24,9 %) et africains (23,8 %). Parmi les pays importateurs, le Maroc occupe une position de leader en termes de volumes achetés, absorbant environ 16,8 % de la production destinée à l’exportation.








