« Le système bancaire tunisien est atomisé et comprend un nombre important de petites institutions qui dépasse le besoin réel de l’économie« . C’est ce qui ressort du billet économique de l’intermédiaire en bourse Mac Sa. L’auteur de cette note, Ghazi Boulila, universitaire et administrateur à la Société tunisienne des Banques (STB), a par ailleurs indiqué qu’en dépit de ce nombre important, le secteur n’a pas pu contribuer au financement du développement des régions de l’intérieur et du Sud. Plusieurs raisons sont avancées dont celles liées à la rentabilité, à la centralisation, à la prise de risque, à la gouvernance et surtout à la fidélisation de leurs anciens clients, généralement de grands industriels et hôteliers. Ce système comprend la Banque Centrale de Tunisie (BCT), vingt et un établissement de crédit, deux banques d’affaires, huit banques off-shore, huit bureaux de représentation de banques étrangères, trois sociétés de factoring et dix sociétés de leasing. Malgré cette fragmentation, le taux de bancarisation de la population et l’accès aux services financiers et bancaires restent faible. Les estimations élaborées par la BCT montrent que le taux de bancarisation est proche de 50%.; Aujourd’hui et face à la crise économique, souligne la note, le mal développement des régions de l’intérieur et du Sud et l’effritement de la confiance des Tunisiens vivant dans les régions envers le système bancaire actuel centralisé, il est opportun de réfléchir sur le redéploiement des banques publiques existantes et/ou la création de nouvelles banques régionales différentes et proches de la réalité rurale et des attentes de la population.; L’expérience de plusieurs pays comme la; , l’Italie, l’Allemagne ou encore le Maroc montre, selon cette note, que les banques régionales populaires mutualistes sont fermement ancrées dans leurs régions et leurs territoires et ont énormément contribué au développement de l’agriculture et des PME. La Tunisie qui s’est engagée de plain-pied sur la voie de la décentralisation et le besoin urgent de financer l’économie locale et rurale nous conduisent à réfléchir sur la mise en œuvre d’une politique qui favorise le financement local basée sur le développement des banques mutualistes. Dans ce cadre, le modèle marocain qui est inspiré de celui allemand nous parait le plus adapté pour le cas de notre économie. On peut envisager la reconversion d’une banque publique en une banque centrale populaire et la création d’un réseau de banques mutualistes coopératives. La stratégie sera basée sur deux piliers, lit-on dans cette note.; La restructuration du secteur bancaire tunisien devrait se poursuivre, selon cette note, afin de contribuer davantage au financement local et à l’amélioration de la rentabilité des autres banques classiques. Cette reconfiguration passe par trois directions. La première est basée sur la création des réseaux de banques régionales et mutualistes dans le but de réduire l’exclusion bancaire, d’augmenter le taux de bancarisation et d’aider efficacement le développement local. Les banques populaires mutualistes bénéficient de la connaissance de leurs clients et de leurs besoins. La deuxième direction est de faire associer la STB et la BH avec un partenaire technique ou stratégique étranger en cédant une partie du capital (20 à 30%). Ce montage permet de financer le budget de l’Etat et surtout d’augmenter la compétitivité des banques publiques par le développement de nouveaux produits, l’amélioration de la qualité des services bancaires et du système d’information, la bonne gestion des risques et l’internationalisation. La troisième consiste à céder les participations de l’Etat des sept banques à participations non stratégiques (STUSID Bank, BTK, BTE, NAIB, BTL, Al Baraka et Banque Zitouna) aux privés locaux et étrangers.








