AccueilChiffreTunisie-Femen : Nadia El Fani soutient et Samia Abbou dénonce !

Tunisie-Femen : Nadia El Fani soutient et Samia Abbou dénonce !

Les Tunisiennes et Tunisiens en ont marre des flux interminables des mauvaises nouvelles qui se succèdent et nous frappent durement ces derniers jours. Depuis une quinzaine de jours, plusieurs femmes tunisiennes se sont affichées les seins nus sur les réseaux sociaux pour dénoncer ce qu’elles appellent l’asservissement dont la femme est victime aujourd’hui. Une affaire qui a déclenché une vague de controverses partout dans le pays. Amina a été la première fille tunisienne à exhiber ses seins nus à la manière des activistes féminines, pour être soutenue par la suite par la jeune Maryem et plus récemment par Nadia El Fani, la réalisatrice tunisienne connue pour ses positions laïques. Une affaire qui nous rappelle celle de Nessma qui a suscité une grande polémique à cause de la diffusion du film Persépolis. Une affaire qui a aidé, entre autres, le parti d’Ennahdha, à remporter un surcroît de suffrages, lors des élections du 23 octobre, selon certains députés.

Dans une déclaration à Africanmanager, Nadia El Fani, la dernière femme tunisienne ayant posé seins nus sur les pages « facebook », a indiqué qu’il s’agira de polémique tant qu’en Tunisie, on n’acceptera pas totalement la possibilité de débats contradictoires : « Trop de gens sont encore dans l’option de faire taire ceux ou celles avec qui ils ne sont pas d’accord. Ce sont des méthodes héritées de la dictature. Il est interdit d’interdire de s’exprimer », a-t-elle asséné. Et d’expliquer qu’Amina est une jeune fille tunisienne, majeure au regard de la loi, et qu’elle elle s’est signalée par un acte politique qui se doit d’être analysé comme tel. « Quand une femme réclame l’égalité, personne ne l’entend et personne ne l’écoute. Si une femme se met nue pour réclamer l’égalité, c’est parce qu’elle veut qu’on prenne en compte ce qu’elle dit, pas ce qu’elle montre », a-t-elle expliqué en soulignant, cependant, que se montrer nue pour une femme pour transmettre un message est une façon de mettre l’accent sur le fait que le corps féminin n’est considéré que comme objet de désir ou pas. « Il n’y a qu’à voir les commentaires idiots sur le fait d’être assez belle ou assez jeune pour le faire, alors que l’essentiel, aujourd’hui, est le droit des femmes à disposer de leur corps en toute liberté sans que des violences ne s’exercent à leur encontre quand elles n’obéissent pas à des lois, qu’elles soient religieuses ou simplement des traditions patriarcales ou, pire, d’ordre commercial », a-t-elle ajouté.

Sur sa réaction consistant à s’afficher seins nus sur « Facebook », Nadia El Feni a précisé : « J’ai évidemment beaucoup réfléchi avant de le faire, et je savais que j’allais réveiller les vieilles haines contre moi. Je suis accusée de faire partie d’un complot qatari-américano-sioniste. La belle affaire! Ils sont tous très puritains. Si je les ai convaincus de me soutenir, je suis alors très forte et je ne vois pas comment j’aurais du mal alors à convaincre tous les vieux rassis réactionnaires, de droite et de gauche, et, en tout état de cause, tous les conservateurs en Tunisie ».

A l’opposé de Nadia El Fani, la députée à l’Assemblée Nationale Constituante, Samia Abbou a dénoncé, elle, le fait que des femmes tunisiennes s’affichent seins nus, y voyant ce qu’elle a appelé « la folie des défis ». Et d’ajouter que ce n’est pas de cette façon que les choses seront résolues, car, ce genre de comportement pénalise la société civile ainsi que le modernisme.

Elle a précisé, en outre, que ces femmes-là souffrent d’un problème psychologique et qu’il faut choisir de se défendre avec l’idée, l’argument et bon comportement.

Samia Abbou n’a pas caché, cependant, qu’il y avait plusieurs arguments incitant à mettre en cause les libertés de la femme tels que l’élaboration d’une loi, ce qui menace, entre autres, les libertés de la femme. « La majorité parlementaire annonce et interprète ce qu’elle veut au nom des principes », a-t-elle dit.

Elle a souligné, également, que les principes de la majorité parlementaire sont des plus élevés. Et d’expliquer que quelle que soit l’appartenance de la majorité parlementaire au sein de l’ANC, il y a toujours une dictature exercée par le bloc majoritaire. « On n’a pas un repère ni même ne référence qui s’appelle constitution », a-t-elle ajouté.

Khadija Taboubi

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