La tension monte d’un cran entre le groupe Meublatex et l’UGTT. Après Meublatex, c’est au tour de l’UGTT d’organiser son propre point de presse pour répondre aux accusations lancées par cette société à son encontre.
« On ne va pas rester les bras croisés. On va réagir. On ne va pas garder le silence», a affirmé Belgacem Ayari, secrétaire général adjoint de l’Union générale tunisienne du Travail (UGTT), lors d’une rencontre avec la presse organisée, jeudi 5 juillet, au siège de la centrale syndicale, réagissant ainsi aux accusations de la société Meublatex. On rappelle, dans ce cadre, que l’entreprise avait reproché, hier, à l’UGTT de suivre un agenda politique. « On va réagir à toutes les accusations et tout ce qui a été dit contre nous», a-t-il ajouté.
Sur la grève des employés de Meublatex, le responsable syndical a souligné qu’il s’agit de simples demandes portant sur l’horaire et les tenues de travail. « On a demandé un dialogue 10 jours avant la grève. Mais la société a refusé et aucune solution n’a été proposée », a-t-il expliqué.
Sur la décision des grévistes de revenir sur leurs demandes suite à la déviation de l’UGTT des demandes des travailleurs, Belgacem Ayari a indiqué que la grève était réussie à 100%, dès le premier jour. Il a dénoncé les agressions exercées par les agents de l sécurité contre les travailleurs, durant les jours de la grève. « La sécurité aurait dû ramener le patron du groupe, Neji Mhiri au lieu d’agresser les travailleurs qui revendiquent contre un droit légitime et légal », a-t-il estimé.
Belgacem Ayari est également revenu sur les avantages octroyés par la société Meublatex au profit de ses employés. Il a démenti que l’entreprise ait accordé des privilèges notamment en ce qui concerne des bus mis à la disposition de ses employés.
Le secrétaire général adjoint de l’UGTT a accusé également Néji Mhiri d’avoir des liens avec l’ancien régime de Ben Ali. Toutes les banques et les institutions lui ouvraient leurs portes et lui permettaient d’avoir des prêts sans intérêt grâce à ses relations avec Ben Ali, ce que lui permettait de faire prospérer ses affaires et de réussir son business. « Néji Mhiri a osé nous accuser de suivre un agenda politisé. Il va regretter toute sa vie d’avoir touché à un organisme comme l’UGTT », a menacé le responsable syndical qui a souligné que « notre politique est de défendre le pays et nos adhérents. C’est la politique qui a mené à la chute du dictateur Ben Ali », a-t-il estimé.
Belgacem Ayari a fait savoir aussi qu’une grève régionale est prévue prochainement. Il s’agit d’une grève de solidarité avec les travailleurs licenciés afin que l’administration réponde à leurs demandes qui sont, selon lui, simples et légitimes. Parmi ces demandes, le responsable syndical a cité le retour des travailleurs licenciés sans conditions tout en évitant de reproduire le précédent de l’hôtel de l’Africa où Néji Mhiri a obligé à chaque personne souhaitant reprendre son travail à annuler son adhésion à l’UGTT.
Selon lui, la principale tâche de l’UGTT est de défendre les droits des travailleurs sans nuire aux intérêts de l’entreprise. Toutefois, on ne va pas respecter ceux qui ne respectent pas le les droits des travailleurs. Dans ce cadre, le responsable syndical a souligné que l’UGTT travaille actuellement sur la révision de certains décrets-lois notamment en ce qui concerne la sous-traitance. Des négociations sont aussi en cours avec l’UTICA sur les augmentations des salaires dans le secteur privé.
Revenant sur le décès de l’un des employés de Meublatex, Belgacem Ayari a démenti la version de Meublatex affirmant que l’employé licencié est mort de mort naturelle. Selon lui, cette personne est décédée suite à la réception d’un avis de retrait auprès de la poste d’une lettre de licenciement qui lui a été envoyée mais dont a n’a pas trouvé trace. Une copie de cet avis de lettre recommandée au nom de Mohamed Ben Khalifa a été distribuée aux journalistes lors de cette rencontre.
De son côté, le secrétaire général de l’union régionale de travail de Sousse, Mustapha Mtawaa, a accusé le pouvoir et particulièrement le parti Ennahdha de ne pas ramener Néji Mhiri, « Avant la Révolution cette personne était protégée par le pouvoir de Ben Ali et aujourd’hui par Ennahdha. Aujourd’hui, Néji Mhiri est devenu parmi les plus proches de ce parti », a-t-il affirmé.
Khadija Taboubi
Tunisie : « LUGTT ne va pas rester les bras croisés face aux accusations de Meublatex », menace Belgacem Ayari
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