AccueilLa UNETunisie : Le gouvernement Chahed s’ouvre un boulevard vers la confiance

Tunisie : Le gouvernement Chahed s’ouvre un boulevard vers la confiance

Pour la deuxième fois de son mandat, Youssef Chahed se trouve tenu de solliciter la confiance de l’Assemblée des représentants du peuple pour un gouvernement largement remanié, baptisé gouvernement de guerre «  contre le terrorisme, la corruption, le chômage et les disparités régionales et pour le développement », a-t-il précisé. Un baptême du feu pour les nouvelles recrues, mais aussi à bien des égards pour ceux qui rempilent dans leurs anciens postes ou ailleurs, au regard des enjeux, à y regarder de près, tout à fait nouveaux assignés à cet attelage visiblement conçu pour aller jusqu’aux prochaines élections générales comme le laisse penser la « stratégie économique du gouvernement pour les trois prochaines années ». Doit-on en conclure que Youssef Chahed ne forme pas le projet de se présenter aux prochaines élections présidentielles ? Sans aller jusqu’à penser qu’il a « obtempéré à l’injonction » du chef du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, on comprendra que Youssef Chahed a la tête ailleurs qu’à Carthage. Et il a tout l’air de s’investir, en mobilisant toutes ses énergies, dans le chantier du redressement économique, à  partir de la Kasbah.

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Pour ce faire, il a annoncé une stratégie économique triennale se déclinant dans des axes qui ont pour noms la réduction du déficit budgétaire à 3% et de la masse salariale à 12,5%, le maintien de l’endettement à un taux inférieur à 70%, et une croissance à 5% à la fin de 2020, mais aussi la réduction du taux de chômage de trois points, par rapport à 2016, à l’échéance 2020. Une feuille de route détaillée y afférente est en voie d’élaboration de concert, et ce depuis le 5 septembre courant, avec les parties signataires du Document de Carthage afin de l’enrichir, avant sa mise en application.

Un modèle de développement inédit

Il s’agit d’une « tentative de changer le modèle de développement, le modèle actuel ayant montré ses limites ». Un modèle basé sur l’investissement public dans les secteurs stratégiques, qui ne devraient pas sortir du giron de l’Etat, mais également sur le partenariat public privé. C’est encore un modèle à la faveur duquel sera libéré le potentiel non exploité de l’économie nationale (terres domaniales non exploitées….), afin de l’intégrer dans le circuit économique. Chahed croit dur comme fer que « ce modèle a toutes les chances pour réussir » au motif que la Tunisie demeure une destination compétitive, grâce à sa main d’œuvre qualifiée et son positionnement stratégique.

Forcément, pareil chantier est indissociable d’une série de réformes, dont le chef du gouvernement a livré un premier jet, notamment la révision de la réglementation de change, les autorisations administratrices et le soutien des PME. Y figurent aussi en bonne place celles portant sur le développement et la gouvernance des entreprises publiques car, explique Yousef Chahed, «  il est inconcevable que plusieurs d’entre elles ne peuvent survivre que par la subvention de l’Etat et ne peuvent accéder aux crédits sans sa garantie ». D’après lui, les fonds alloués à ces entreprises qui sont structurellement déficitaires, auraient pu être investis dans des projets de développement économique et social ou dans la réduction du déficit de la balance commerciale, étant évidemment entendu que ce programme de restructuration des entreprises publiques œuvrera à la préservation de la paix sociale.

Le Sahara, levier de développement

Dans l’articulation à laquelle s’attellera le gouvernement, la part belle sera également faite aux régions sahariennes qui représentent environ le tiers de la superficie de la Tunisie. Il s’agit de transformer ces zones en « un levier de développement au travers de la création d’emplois et de projets d’énergie renouvelable, notamment, d’énergie solaire ». L’objectif est aussi de raccorder ces étendues sahariennes aux réseaux routiers et de les doter d’une infrastructure propice à la création d’une dynamique économique qui contribue à la lutte contre la contrebande et le terrorisme, précise le chef du gouvernement qui évoque la promotion d’une agriculture saharienne et écologique à l’instar des expériences mondiales réussies (USA, Australie, Chine). Il est même envisagé d’y créer un centre mondial de recherches appliquées dans le secteur des technologies du Sahara et des énergies alternatives. La mise en œuvre de ce projet permettra de soutenir la sécurité nationale sur le plan stratégique, a ajouté le chef du gouvernement, estimant que la Tunisie pourrait réaliser un progrès à travers les réformes structurelles et un programme d’intégration économique et un nouveau modèle de développement qui ne pourrait réussir, d’après lui, qu’à travers la consécration de la valeur-travail.

Au vu des réactions des députés à l’allocution de Youssef Chahed, généralement favorables, à l’exception incontournable des interventions de l’opposition, il est acquis que le gouvernement s’ouvre un boulevard pour obtenir la confiance du parlement à l’issue d’un marathon de pas moins de 7 heures sans aucune interruption ni suspension de séance, comme l’a signifié le vice-président de l’ARP, Abdelfattah Mourou. Qu’importe, les orateurs n’ont de cesse de se relayer pour apporter, parfois avec des réserves, leur soutien au gouvernement ainsi remanié. C’est ostensiblement le cas des élus de Nidaâ et du mouvement Ennahdha dont les groupes parlementaires font bloc pour donner le quitus à ce nouvel attelage gouvernemental.

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