« La Banque Centrale sera soumise à l’audit…les banques privées sont appelées aussi à y soumettre», a indiqué Chedly Ayari, gouverneur de la Banque Centrale, lors d’une rencontre organisée, aujourd’hui 5 octobre, à Tunis. Un auditeur sera désigné prochainement pour s’occuper de toutes les étapes de ce processus. Le gouverneur de la BCT a aussi indiqué que les trois banques publiques, à savoir la BNA, STB et la BH devraient se soumettre à un audit total et intégral. Un appel d’offres international pour désigner un auditeur a été déjà lancé, depuis le 23 août dernier.
Le gouverneur de l’institut d’émission a souligné, en outre, que le problème des dettes bancaires ne cesse de s’aggraver en Tunisie et que les créances classées des banques tunisiennes s’élèvent actuellement à 7 milliards de dinars et pourraient facilement atteindre les 10 milliards de dinars. La grande partie des ces créances douteuses provient essentiellement des trois banques publiques, à savoir la BH, la STB et la BNA.
Selon Ayari, la réforme du secteur financier ne peut se faire qu’à travers une réforme politique et sécuritaire, d’où la nécessité d’augmenter la capitalisation des banques qui demeure en deçà des objectifs et des attentes.
Le gouverneur a noté montré que le système bancaire est exposé à plusieurs risques et que les banques devraient savoir les gérer. D’ailleurs, la BCT est déjà en train d’élaborer une stratégie avec des banques françaises, anglaises, japonaises pour maîtriser les modes de gestion des risques.
Concernant la supervision, Ayari a indiqué que cette dernière doit être régie par des réglementations, appelant par conséquent au renforcement du contrôle des banques.
Slim Besbès, ministre des Finances par intérim a fait savoir, de son côté, que la stratégie du ministère des Finances en matière de relance économique s’articule autour de 2 axes. Le premier axe concerne des mesures urgentes visant la stabilisation de l’économie. Dans ce cadre, des mesures urgentes pour le secteur bancaire tels que le renforcement des capitaux propres, l’ancrage de la bonne gouvernance et de la supervision, la réforme de la micro-finance et le développement du marché financier ont été prises.
Le deuxième volet concerne des actions structurelles en termes de réforme fiscale, douanière et bancaire. En effet, le ministère des Finances collabore également avec d’autres ministères pour des réformes concernant des domaines en commun comme la caisse générale des compensations ou le code de l’investissement et des incitations fiscales. Ces projets s’étendent au delà de 2012 et peut-être 2013.
Au sujet des créances classées, Slim Besbès a expliqué qu’il s’agit d’un problème structurel du système bancaire. Il a fait savoir aussi que ces dettes sont accumulées depuis plus que 30 ans, appelant à chercher des solutions radicales pour résoudre définitivement le problème.
Pas de solutions avant un audit complet
Sur les solutions, contrairement au gouverneur de la BCT qui a proposé la fusion des trois banques publiques, le ministre des Finances par intérim s’est contenté de dire à Africanmanager : « Nous sommes en train de réfléchir sur certains mécanismes dont l’un a été annoncé par le gouverneur autour de la création d’une structure dédiée à l’acquisition de ces créances classées. Toutefois, nous n’avons pas voulu envisager une solution avant d’effectuer un audit complet et approfondi. C’est du résultat de cet audit que devra se dégager le scénario éventuel du redressement du système bancaire.
En effet, au niveau du marché bancaire, le ministère des Finances a décidé de lancer trois audits concernant la STB, la BH et la BNA et de faire adopter par le conseil d’administration de la STB une résolution portant augmentation des fonds propres de la banque.
Il a été aussi décidé de revoir la loi 2003 relative aux opérations d’achat avec l’engagement de revente des valeurs mobilières et commerciaux, et ce à travers l’élargissement du domaine des intervenants dans ce processus qui s’appliquait auparavant aux banques, pour être étendu aux personnes morales et les sociétés d’investissement collectif. Cette procédure vise à renforcer le marché monétaire ainsi que celui secondaire des actifs pour qu’il serve de référence.
Sur le volet bancaire, Selim Besbès a indiqué que le gouvernement a commencé déjà à jeter les fondements financiers de la STB et ce à travers l’augmentation du capital de la banque pour atteindre 250,9 millions de dinars contre 124,3MD actuellement. A cela s’ajoute la réactivation des garanties de l’Etat au profit de la banque avec des prêts extérieurs de l’ordre de 117 MD.
Parallèlement, depuis le 23 août dernier, un appel d’offres international a été lancé aux fins de l’audit des trois banques publiques, à savoir la STB, la BH et la BNA.
Pour sa part, le ministre de l’Investissement et la Coopération internationale Riadh Battaieb a précisé que les priorités pour la période actuelle devraient permettre la création de nouveaux postes d’emploi, la diminution des taux de chômage et garantir une vie digne pour tous les Tunisiens, et ce à travers le mise en place des mécanismes nécessaires visant la réactivation des politiques de l’emploi et l’amélioration des structures de l’éducation pour qu’elles répondent aux besoins du marché de l’emploi.
Selon le ministre, la création de postes d’emploi reste tributaire de l’amélioration de la croissance dans les différents secteurs.
khadija








