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Tunisie : Tout ça, pour ça !

Slim Chiboub a parlé. Son discours n’a cependant pas changé d’un iota par rapport à sa toute première interview, depuis le 14 janvier 2011, interview qu’il avait alors accordée à Africanmanager (Lire). L’homme répétait, comme il le disait depuis la Révolution, qu’il n’était pas en fuite et affirmait son désir de rentrer. Comme lors de son interview pour notre site, Chiboub affirmait sur Ettounsia TV, sa volonté de rentrer et mettait au défi quiconque pourrait apporter des preuves d’un quelconque enrichissement illicite. Egal à lui-même, le gendre  de l’ancien président est resté discret et s’était toujours abstenu de donner un quelconque détail croustillant comme l’attendent les amateurs de ce genre d’interview, sur la vie ou les affaires des familles de Ben Ali. L’homme ne chercherait qu’à obtenir son passeport pour pouvoir rentrer dans son pays. Il faudra écouter attentivement ce qu’il disait pour comprendre qu’il était à la recherche de garanties officielles, pour ne pas subir le sort de ceux qui attendent, depuis des mois, des dossiers d’accusation qui tardent à être déférés à  la justice. La demande d’extradition, émise contre Slim Chiboub, le 12 septembre dernier, était, selon le ministère tunisien de la Justice basée sur des « preuves établissant son implication dans différentes  affaires de corruption, notamment de blanchiment d’argent». Des preuves qui demanderont, comme pour d’autres, des mois et des mois de vérification, pendant lesquels il croupirait en prison, ce qu’il voulait éviter lorsqu’il disait notamment qu’il rentrera lorsque la justice aura fixé la date de son procès. Cela est juridiquement compréhensible. Cela est socio-politiquement inacceptable par les défenseurs de la «logique révolutionnaire».

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Confiant, il l’était pendant l’interview accordée à Ettounsia  TV, car il savait, comme d’ailleurs toute la population, que le  dossier de l’arme à feu saisie chez lui en Tunisie (était-il le seul homme d’affaires ou le seul proche à posséder une arme ?), n’était qu’une simple excuse pour rendre juridiquement viable le mandat d’amener dont il fait l’objet. Il sait aussi, comme le sait la justice et comme le savent les nouveaux gouvernants tunisiens, que toute sa richesse avait été faite, certes grâce à son lien de parenté avec l’ancien Président tunisien, mais dans le cadre des lois qui étaient alors en place. Quand bien même pourrait-on populeusement considérer que ces lois étaient faites sur mesure, la loi n’en demeure pas moins une loi. Qu’a-t-il dit de plus ? Rien, nada, niente !

L’homme a même essayé, comme l’a habilement épinglé Moez Ben Gharbia, de faire du gringue politique aux Islamistes gouvernants et refusé de donner son avis d’ancien gendre de Ben Ali sur la conjoncture tunisienne !

Pourquoi alors avoir essayé de l’empêcher de parler ? Pourquoi le représentant officiel de l’Etat tunisien que sont les services du Contentieux de l’Etat, est-il allé en justice pour essayer de ne pas laisser  Slim Chiboub parler ? Pourquoi cette farce, notamment après que ces services ont perdu leur recours en justice, alors que cette interview aurait pu intéresser moins que les 5 millions de téléspectateurs qui l’ont finalement regardée, lundi soir ? Où est le trouble à l’ordre public que l’Etat disait craindre sous l’effet  de telles paroles de Slim Chiboub, un homme pourtant juste aux abois ?

On se demanderait même, lorsqu’on sait la simplicité avec laquelle les gouvernants tunisiens auraient pu résoudre cette question du passeport en évitant même, comme pourraient le craindre la justice, qu’il puisse l’utiliser pour fuir encore plus, si les gouvernants voulaient réellement qu’il revienne ? Une question qui, on s’en doute, a un lien direct avec son passé sportif dans un club où ses fans et ses supporter se comptent par milliers. Des supporters qui ont fait entendre leur voix, même si on s’en doute, Moez Ben Gharbia a essayé d’en diminuer le ton. On aurait presque entendu l’Etat qui a essayé de le faire taire, dire en sourdine que «on ne veut pas de toi, tu es une persona non grata» dans la Tunisie de la Révolution encore fragile !

Et on se pose encore, après tout ce manège et tout ce remue-ménage, cette question : Tout ça pour ça ?  Encore une bourde à ajouter au palmerès d’un gouvernement qui accumule les gaffes de tous genres, depuis sa prise du pouvoir.

Khaled Boumiza.

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