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Tunisie : un nouveau code d’incitations aux investissements pour relancer l’économie

Quels modèles de développement pour la Tunisie de demain ? Africanmanager a posé cette question et d’autres à Walid Kalboussi, secrétaire général de l’Association des Tunisiens des Grandes Ecoles à l’occasion de la 20ème édition du Forum de l’association.Intertview :
 Quel nouveau rôle est dévolu à  l’ATUGE  au cours de cette phase transitoire que connait le pays ?
L’Atuge continue de jouer le rôle qu’elle s’est fixée depuis le début de sa création c’est-à-dire une association apolitique qui réunit des compétences tunisiennes ayant le même parcours académique mais qui  souhaitent participer activement à un plus large débat public. Nous maintenons ce cap apolitique et nous le préservons religieusement dans cette période d’effervescence…. Notre combat, si je peux m’exprimer ainsi, reste exclusivement dans le domaine de la société civile. A ce sujet et à titre d’exemple nous avons organisé au lendemain du 14 janvier le forum des associations afin d’aider les nouvelles associations qui venaient de voir le jour pour se structurer et nous leur avons offert une base logistique pour lancer et démarrer leurs activités. Nous avons aussi mis l’accent sur une plus large couverture géographique de nos actions en organisant la caravane de l’emploi et nous voilà aujourd’hui entrain d’organiser un forum d’envergure nationale afin de discuter d’un sujet crucial pour notre pays : « quels modèles de développement pour la Tunisie de demain » Ce forum aura lieu jeudi 22 septembre au palais des congrès et je profite de cette occasion pour inviter tous vos lecteurs à se joindre à nous pour participer aux débats qui devraient être très instructifs …
 Avez-vous élaboré un modèle de développement pour la Tunisie de demain à l’enseigne de la nouvelle donne économique et sociale ? Si oui, quels en sont les axes majeurs ?
Personnellement, j’estime que le choix du modèle de développement de la Tunisie définira une large partie de la politique économique et sociale de la Tunisie pour le prochain quart de siècle, car de cela dépendront le positionnement commerciale de la Tunisie, sa politique d’investissement, sa politique d’éducation, cela régira aussi les relations entre les différents acteurs économiques,  fixera le rôle de l’Etat,  distribuera les prérogatives entres les instances et  définira le découpage régional, .. Autant dire que définir ce modèle consiste à décider de l’avenir et de la politique de notre pays pour toute une génération. Ce n’est ni la prétention de l’Atuge ni même son objectif. Notre objectif et notre souhait est de réunir des compétences dans les domaines économiques, sociales, dans les domaines de planification de la gouvernance afin, d’une part, partager le diagnostic et, d’autre part, lister les différentes alternatives qui sont aujourd’hui à notre disposition. Car, certains choix ont des conséquences majeures et soulèvent des considérations que j’ai envie de qualifier d’ordre idéologique : Quel endettement nous tolérerons pour notre pays ? Quel rôle à jouer pour l’Etat ? Devons nous nous positionner sur des domaines à fort besoin en main d’œuvre et à bas coûts ou à fort taux d’encadrement ? Jusqu’où l’Etat peut aller pour encourager les investissements privés ? Nous espérons avoir réuni des experts dans l’ensemble des domaines qui nous permettront de couvrir la problématique de l’emploi, la problématique du développement régional, du rôle de l’Etat dans le développement, du rôle de la société civile et d’étudier l’instauration de nouveaux mécanismes de gouvernance capable d’assurer une proximité avec les besoins et une bonne gestion des ressources allouées. 
Quels sont les critères que vous avez retenus dans le choix des entreprises qui  seront  présentes à ce forum ?
Pour un sujet d’une telle envergure, nous allons bénéficier de représentants de l’ensemble des forces vives du pays. Des représentants du gouvernement de transition M. Said Aidi ministre de l’Emploi, M. Abderrazzak Zouari  ministre du Développement régional, M. Mohamed Salah Ben Aissa secrétaire général du Gouvernement. Nous allons aussi avoir l’honneur de recevoir M.  Yadh Ben Achour président de la  Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique. Nous avons aussi invité des économistes d’envergure, des représentants d’agences de développement  et des représentants d’associations évoluant dans le domaine de l’économie solidaire. A ce forum on notera aussi la présence d’experts internationaux et particulièrement européens qui ont eu à mener des réflexions sur l’intégration des régions et leur développement. En ce qui concerne le monde de l’entreprise je cite trois noms M. Mohamed Frikha  Président Directeur Général de  Telnet, M. Anis Kallel Directeur Général de Tunav et M. Mourad Khrouf Directeur General Interchaux qui forment, à eux seuls, un panel représentatif capable d’évoquer les attentes des hommes d’affaires pour investir plus dans les compétences tunisiennes et dans la création de valeur (le cas Telnet), de comprendre les attentes d’un  jeune entrepreneur en matière d’incitation (le cas Tunav) et de toucher de près les difficultés que rencontrent les entreprises tunisiennes installées dans les régions défavorisées (le cas Interchaux). C’est cette couverture qui a guidé nos choix …  En dehors des ces trois entreprises qui participent aux débats du forum, nous signalons aussi la présence de 35 entreprises au salon recrutement du forum. Ces entreprises ont exprimé leur souhait de rencontrer les visiteurs de notre forum. Nous espérons que ce forum sera une opportunité pour elles de satisfaire leur besoin en recrutements et de permettre à des chercheurs d’emplois de se mettre en contact avec des recruteurs potentiels …
Quel devrait être le rôle de  l’Etat dans la nouvelle configuration économique de la Tunisie alors que se multiplient les défis aussi bien à l’échelle nationale que mondiale?
Si nous avons cherché à avoir des représentants de l’Etat à ce niveau de responsabilités c’est que nous estimons que seul l’Etat est capable aujourd’hui de mener un plan de développement d’envergure pouvant réellement répondre aux attentes. Malgré toute la bonne volonté de nos entreprises et de nos hommes d’affaires sans une aide sensible de l’Etat on ne saura pas absorber le chômage et on ne saura pas rendre nos régions attractives pour les investisseurs. Le rôle de l’Etat est  donc primordial mais c’est la seule conviction que nous pouvons développer en ce domaine. Comment l’Etat doit jouer son rôle est une question hautement plus complexe : est ce que l’Etat doit investir en infrastructure en laissant le secteur privé faire le reste ? Est-ce que l’Etat doit se substituer au secteur privé pour dynamiser certaines régions et jouer un rôle semblable à celui qu’il a joué au lendemain de l’indépendance ? Est-ce que l’Etat doit injecter des fonds aux niveaux des entreprises privés afin qu’elle puissent s’installer et démarrer leurs activités et si c’est oui avec quelle engagement de leur part et avec quel moyen de contrôle … les questions sont structurantes et la Tunisie n’est pas le premier pays à se les poser ; il suffit juste de voir les modèles de développement diamétralement opposés adoptés par l’Espagne et le Portugal au lendemain de leur adhésion à l’union européenne (d’où la présence d’experts de l’Union européenne lors du Forum…)
Quelle recette proposez-vous pour permettre à l’entreprise de dépasser ses difficultés structurelles autant  que celles induites par la Révolution, et pensez-vous qu’elle sera en mesure de tirer son épingle du jeu s’agissant notamment de création de valeur et d’emplois ?
Comme vous pouvez l’imaginez, le plan de développement ne résoudra pas les problèmes des entreprises tunisiennes à court terme car la mise en place d’un tel plan nécessiterait des études, des financements et des structures et tout ceci prend beaucoup de temps. Ce qui serait à faire immédiatement de mon point de vue est d’aider les entreprises tunisiennes afin qu’elles puissent survivre jusqu’à la mise en place d’un tel plan de développement, car la situation pour plusieurs secteurs est plus que critique. L’entreprise tunisienne souffre aujourd’hui de difficultés diverses et variés : difficultés dans la  distribution, augmentation du coût de la main d’œuvre, inflation au niveau des matières premières et des difficultés de plus en plus importante au niveau du recouvrement tout ceci se traduit par une trésorerie en souffrance. La solution passe nécessairement par le financement et par les banques qui doivent soutenir les entreprises tunisiennes et accepter peut être des ratios exceptionnels ; ceci ne peut se faire sans l’aide de l’Etat qui doit apporter des garanties ou des fonds spéciaux pour aider les banques à jouer ce rôle et préserver le tissu économique du pays.  Les collectivités locales et l’Etat en tant que donneur d’ordre doivent mettre en place un plan d’action rapide afin de financer leurs fournisseurs qui sont au bord de la faillite. La promulgation du nouveau code d’incitations aux investissements et qui a fait l’objet d’études  par le gouvernement de transition est de nature à donner un coup de pouce pour relancer l’investissement et l’activité économique. Les défis sont réels mais les solutions existent toujours .Il suffit juste de le savoir …
Nadia Ben Tamansourt
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