Cette piqûre devrait calmer les candidats bonimenteurs… en principe

Cette piqûre devrait calmer les candidats bonimenteurs… en principe

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La foire aux promesses va bientôt s’ouvrir. Des promesses que nos chers candidats à la présidentielle ne pourront pas tenir, de toute façon, les pouvoirs du chef de l’Etat étant ce que l’on sait – limités par la Constitution – et la situation économique étant ce que l’on sait, en plus des clous fixés par le FMI et les autres bailleurs à qui l’on doit des sommes folles et qu’il faut rembourser. Donc aucune folie en perspective pour l’économie tunisienne. Tout le monde ou presque sait tout ça, mais on feindra de l’ignorer, d’abord parce que les citoyens ont besoin de rêver, c’est même la seule voie pour supporter l’âpreté de notre condition depuis la fameuse Révolution. Ensuite parce que dans ce rendez-vous entre un homme ou une femme et le peuple qu’est l’élection présidentielle, il se passe et se dit des choses qui ne sont de l’ordre d’aucune rationalité. C’est ainsi et c’est plutôt salutaire, dans la limite de ce qui est admissible par l’esprit bien entendu. Rêver et faire rêver, les candidats vont y aller sans vergogne ni pudeur, et seuls quelques observateurs grincheux – dont nous – le leur reprocheront; certains citoyens – rassurez-vous, pas tous – goberont ce qu’ils veulent bien gober, les autres passeront leur chemin, entre indifférence et désabusement, et iront gonfler les rangs des abstentionnistes. Pourtant de quelque côté qu’on soit, il ne faut pas perdre de vue la situation économique et la réalité des chiffres, pour s’éviter un réveil brutal et difficile…

Les participants à la conférence-débat organisée jeudi soir par le club finance de l’Association des Tunisiens des grandes écoles (ATUGE) sur ” les politiques monétaires et budgétaires et la stabilité financière de la Tunisie ” ont été unanimes : ” la situation économique demeure très difficile, compliquée même, malgré certains signes de stabilisation aux niveaux de l’inflation, du taux de change et du déficit budgétaire “.
La stabilisation de certains indicateurs économiques reste encore fragile malgré la bonne tenue du dinar et la relative maîtrise de l’inflation “, a estimé l’ancien ministre des Finances Hakim Ben Hammouda, évoquant, notamment, les niveaux de la dette publique et des dépenses publiques, la situation des entreprises publiques et des caisses sociales, outre le faible taux de croissance enregistré au cours des deux dernières années et le recul des indicateurs industriels, dont d’ailleurs les derniers viennent de tomber et de l’investissement.

Face à cette situation, Ben Hammouda a mis l’accent sur la nécessité d’assurer une grande cohérence et une coordination entre les politiques monétaires et budgétaires pour rééquilibrer le budget. Pour l’expert, la relance de l’investissement et la mise en place de réformes sectorielles et structurelles visant une refonte du modèle de croissance nationale constituent des priorités, évoquant dans ce cadre la révision de la loi bancaire.
S’agissant des perspectives pour 2025/2030, il a estimé qu’il faut faire de la Tunisie une économie émergente dans la région arabe et un pont vers trois principaux marchés, à savoir l’Afrique, la Méditerranée et l’Europe, d’autant plus que le pays dispose de tous les moyens pour atteindre cet objectif.

Au cours de son intervention, le Gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT), Marouane Abassi, a mis l’accent sur l’importance de la restructuration économique, la relance de l’investissement et le changement de l’environnement d’affaires afin de booster la croissance et renforcer la stabilité de l’économie du pays.

On entendra peut-être la même chose ou autre chose durant la campagne électorale. Deux attitudes possibles si les candidats vont trop loin dans la démagogie ou le populisme : Prendre ses jambes à son cou ou rester et écouter stoïquement, rêvasser même – c’est pas interdit ! – mais ne jamais perdre de vue la réalité que viennent de rappeler Ben Hamouda et Abassi, et la mettre à la face des candidats au besoin. Car eux aussi ont besoin d’être réveillé parfois…

L.S.

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