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jeudi 6 août 2020
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Une saison touristique pas comme les autres. Peu ou pas de vacanciers cet été !

L’aéroport de Tunis-Carthage, qui a accueilli cinq millions de passagers l’année dernière, a repris ses activités commerciales depuis samedi. Pendant la période de confinement, seuls des vols de rapatriement ont été assurés par la compagnie nationale, Tunisair, soit à peu près une centaine. Le site a été mis aux normes coronavirus : marquage d’une distance au sol, plexiglas, gel… Le pays veut sauver ce qui peut l’être de la saison touristique, qui devait commencer.

Dans une Tunisie dont « l’économie a besoin d’un renflouement », selon le chef du gouvernement Elyes Fakhfakh, le tourisme représente 14 % du PIB. Plus qu’un pilier, une arche. Les frontières avec l’Union européenne vont s’ouvrir à nouveau. Le premier avion a atterri ce week-end. Marseille, aéroport Paris-Charles-De-Gaulle, Genève… mardi, une douzaine de vols étaient prévus. Les familles ont été réunies après plusieurs mois d’absence physique.

« Trop de restrictions »

Membre du bureau exécutif de la Fédération tunisienne de l’hôtellerie (FTH) Mouna Ben Halima, ne revient pas derrière de faux espoirs : son établissement 5 étoiles, d’habitude complet, s’affiche avec une clientèle locale, à hauteur de « 50 % d’occupation le samedi, 20 % les autres jours de la semaine », ce qui lui fait dire, citée par « Le Point » que « ceci ne nourrit pas son homme ». Pour le reste, « il y a très peu de vols aller-retour réguliers et il y a trop de conditions qui sont légalement contraignantes pour les pays classés orange, les pays qui représentent les principaux marchés, où la Belgique, la Russie et l’Algérie, » les plus grands marchés sont classés rouge-« , se plaint-elle. Un test Covid-19, facturé 209 dinars (60 €), est requis, l’une des recommandations figurant dans le protocole sanitaire élaboré par les autorités (ministère de la Santé, ministère du Tourisme) et les professionnels du secteur (FTH). Sauver ce qui peut l’être encore ? L’Algérie sera absente cette année en raison d’une épidémie qui continue de s’étendre.

Les Algériens absents


Après le double attentat terroriste de 2015, contre le musée du Bardo et Port El-Kantaoui, le touriste occidental avait disparu des plages tunisiennes. Le TO avait déprogrammé la destination Tunisie le temps que la situation sécuritaire devienne optimale. Les touristes algériens y ont suppléé pendant les années qui ont suivi. Ils étaient près de trois millions à traverser la frontière pour profiter d’un séjour en Tunisie d’une semaine en moyenne. Cette année, la Tunisie craint que l’UE ne rouvre pas ses frontières, ce sera finalement Alger qui prendra la décision de garder les siennes fermées.

Si la Tunisie a enregistré moins de mille deux cents cas, et cinquante décès pour une population de près de douze millions d’habitants, l’Algérie voisine dépasse les treize mille cinq cents cas et neuf cents décès pour quarante-deux millions d’habitants. La pandémie était, pour l’époque, totalement contrôlée par Tunis alors que l’Algérie était confrontée à une situation exponentielle, sans précédent depuis le début du Covid-19 en février : près de trois cents cas supplémentaires chaque jour, neuf décès, contre une centaine de cas quotidiens il y a un mois environ. Certains services hospitaliers sont saturés à Oran, à Blida notamment, ce qui suscite de graves inquiétudes. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a déclaré que les frontières resteraient fermées « jusqu’à ce que Dieu nous libère du fléau ».

Pour l’industrie touristique tunisienne, c’est un coup dur d’autant plus que les Libyens, en pleine internationalisation de la guerre civile, ne pourront pas être au rendez-vous. D’autres marchés importants sont également en proie à des situations sanitaires malsaines : la Russie dont plus de 800 000 citoyens ont visité la Tunisie en 2019, les 2,9 millions d’Algériens présents en 2019, les 1,9 million de Libyens, la plupart des 2,8 millions d’Européens. Une situation dont sont se ressent de nouveau un secteur qui se remettait de multiples crises (la révolution de 2011, les attentats de 2015, la faillite de Thomas Cook). Sans parler de la diaspora, 1,4 million, qui n’aurait peut-être pas eu besoin de repartir en vacances.

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