Préparer et valider le Plan Communal de Prévention des Chaleurs Extrêmes, constituer ou mettre à jour le registre de vulnérabilité thermique, et former l’ensemble des agents de terrain aux premiers gestes en cas de coup de chaleur, telles sont les principales mesures devant être mises en place, à l’échelle nationale, « avant le 1er juin 2026 », afin de faire face aux vagues de chaleur attendues, durant la saison estivale, d’après la note sur «Chaleurs extrêmes Guide d’adaptation à un été 2026 caniculaire en Tunisie »,
élaboré par le Think and Do Tank tunisien « Resilient Futures ».
La note, publiée par le Forum national de l’adaptation au changement climatique en Tunisie, recommande aussi, d’identifier et de certifier au moins un espace de rafraîchissement pour 5000 habitants, de vérifier les systèmes de climatisation des établissements prioritaires, d’activer les canaux de communication et planifier les premiers messages d’alerte, et de transmettre à la STEG locale la liste des personnes dépendantes d’équipements médicaux électriques.
Le Think and Do Tank pointe certains facteurs tels que les infrastructures vieillissantes et les ressources en eau sous pression qui aggravent l’inaction communale dans ce domaine.
«Il faut arrêter de croire que la séance unique ou des campagnes de sensibilisation très basiques suffisent face à un régime climatique nouveau. Il faut passer d’une adaptation comportementale à une transformation systémique de nos villes, nos économies et les rythmes de travail », souligne la note, ajoutant que « La gouvernance communale de la chaleur doit être conçue comme un acte de justice climatique autant que de gestion des risques ».
Le texte fait remarquer que la saison estivale en Tunisie est marquée par plusieurs phénomènes spécifiques, à savoir « le Sirocco et Chergui » (élévation brutale de 5 à 10°C en quelques heures, aggravant significativement l’indice de chaleur ressenti), « la Sécheresse concomitante », laquelle aggrave le stress hydrique des réseaux d’eau potable et réduit la capacité de refroidissement naturel. Il cite également, « le Feu de forêt », du à la combinaison chaleur-sécheresse-vent, ce qui augmente les risques notamment, dans les gouvernorats de Jendouba, Béja et Le Kef et « les Tempêtes de sable », qui dégradent la qualité de l’air et aggravent les pathologies respiratoires chez les populations vulnérables.
Les projections climatiques pour la Tunisie à l’horizon 2050, révèlent une intensification des événements de chaleur extrême. Le nombre de jours de fortes chaleurs consécutifs connaitra une hausse qui variera entre 32 et 39 jours, soit une augmentation de 40 à 50% par rapport à la période de référence 1981-2010. Ce phénomène n’est pas uniforme, étant donné que les régions côtières méditerranéennes et les zones désertiques du sud (Sahara tunisien) connaîtront les anomalies les plus marquées.
Le Think and Do Tank tunisien « Resilient Futures », s’est donné pour mission de « produire des savoirs rigoureux et opérationnels en profondeur pour éclairer les politiques publiques, catalyser une action collective et porter une transformation en profondeur des modèles de développement ». Le groupe s’adresse aussi bien aux décideurs qu’aux citoyens.








