La cheffe du gouvernement, Sara Zaâfrani Zenzri, a affirmé mardi que la réforme et la gouvernance du secteur de l’eau constituent une priorité nationale, conformément aux orientations du président de la République, lors d’un conseil ministériel restreint consacré au système hydrique.
Elle a souligné que l’amélioration de la gouvernance de l’eau vise à garantir le droit constitutionnel à l’accès à l’eau potable pour tous les citoyens, à préserver les ressources hydriques et à renforcer la sécurité hydrique des générations futures.
La cheffe du gouvernement a également mis en avant l’importance stratégique du secteur de l’eau pour la souveraineté hydrique, la sécurité nationale et la sécurité alimentaire, dans un contexte marqué par les effets du changement climatique.
Selon un communiqué, les autorités poursuivent la révision du cadre législatif afin d’améliorer la gestion, la valorisation et la préservation des ressources en eau.
Le programme d’urgence pour assurer l’approvisionnement en eau potable durant l’été 2026 comprend 81 projets, dont 35 déjà en cours, pour un coût total de 58 millions de dinars.
Il prévoit notamment le forage et le raccordement de 38 puits profonds, la rénovation de 26 stations de pompage et des interventions sur 22 projets de renforcement et de renouvellement des réseaux.
Le gouvernement a également annoncé l’accélération de la réalisation de 187 systèmes d’alimentation en eau destinés à près de 248.000 habitants, pour un investissement de 147 millions de dinars.
Le programme inclut l’amélioration de 74 systèmes existants, la remise en service de 38 installations, la réalisation de nouveaux forages dans les régions du Centre et du Sud ainsi que le déploiement de camions-citernes pour les zones montagneuses difficiles d’accès.
Les ministres chargés de l’Agriculture et des Ressources hydrauliques ont présenté un état des lieux des ressources en eau, des réserves des barrages et du plan de distribution pour l’été, ainsi que les perspectives liées à l’irrigation et à la valorisation des ressources hydriques non conventionnelles.
La stratégie nationale de l’eau à l’horizon 2050 prévoit 43 programmes, 1.200 mesures et des investissements estimés à 74,5 milliards de dinars pour la période 2026-2030.
Plus de la moitié de ces investissements seront consacrés à la valorisation des eaux non conventionnelles, à l’amélioration des réseaux d’eau potable et d’irrigation, à la mobilisation des ressources hydriques et à l’utilisation des énergies renouvelables.
Cette stratégie prévoit notamment le développement de capacités photovoltaïques de 225 mégawatts pour réduire les coûts de production et de transport de l’eau, avec l’objectif de ramener la part des dépenses énergétiques à 17 % du coût de production et de distribution de l’eau d’ici 2030, contre 27 % en 2025.
Le conseil ministériel a également examiné plusieurs solutions innovantes, dont la création d’une plateforme numérique d’aide à la décision pour la gestion en temps réel des ressources hydriques, ainsi qu’une plateforme dédiée à la délivrance des autorisations liées au domaine public de l’eau afin de simplifier les procédures administratives et de lutter contre les forages anarchiques.
Par ailleurs, les autorités envisagent l’actualisation de la carte bioclimatique du pays afin d’adapter les cultures aux spécificités régionales, de limiter l’évaporation et d’expérimenter de nouvelles technologies, notamment les panneaux photovoltaïques flottants et les techniques d’ensemencement des nuages.
Vaste programme pour moderniser la gestion hydrique
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