Dans le marathon budgétaire qu’abrite actuellement l’hémicycle de l’ARP, les crédits alloués au tourisme et accessoirement à l’artisanat prennent rang de question si importante qu’il s’agit d’un secteur qui pèse d’un poids certain dans la formation des richesses de la Tunisie. Et à un point tel qu’il sera doté d’un « Conseil suprême du tourisme » dont le projet de décret est en cours d’élaboration, a indiqué le, ministre du Tourisme, Mohamed Moez Belhassine.
Une structure qui sera présidée par le chef du gouvernement et composée des membres des ministères impliqués dans le domaine du tourisme, ayant pour mission de « contrôler et de suivre le financement de la stratégie de promotion du tourisme et la coordination entre les acteurs du secteur pour formuler les politiques publiques et assurer le suivi de leur mise en œuvre ».
Les recettes touristiques ont augmenté de 32 %
La destination tunisienne a enregistré des résultats positifs malgré le climat mondial tendu et les séquelles de la pandémie du Covid-19. Le ministre a fait état de recettes estimées à 6437 millions de dinars , soit une hausse de 32% par rapport à la même période en 2022 et de 7% par rapport à 2019, selon les données de la Banque centrale de Tunisie.
Il a, à cet effet, déclaré que les résultats préliminaires enregistrés jusqu’à présent dans le secteur du tourisme seront mis à profit dans le cadre d’une vision et d’une stratégie nationales pour le tourisme durable à l’horizon 2035 afin de soutenir l’industrie du tourisme et de créer de la valeur ajoutée avec de nouveaux produits.
Le ministre a, d’autre part, expliqué que cette stratégie repose sur quatre axes : d’une part, le développement de la compétitivité, d’autre part, la diversification de l’offre touristique et la stimulation de la demande pour la destination tunisienne.
Trouver des solutions à l’endettement du secteur touristique
Par ailleurs, le rapport de la Commission du Tourisme, de la Culture, des Services et de l’Artisanat sur le volet touristique du projet de budget de l’État pour l’année 2024 a été présenté et centré autour de maints thèmes , à savoir la nécessité de résoudre les problèmes de pollution autour des communes touristiques et des plages, de trouver des solutions à l’endettement du secteur touristique et redémarrer les hôtels fermés, de soutenir la formation dans le domaine du tourisme et motiver les stagiaires, de soutenir les artisans spécialisés, commercialiser les industries traditionnelles et les protéger de l’extinction et de soutenir et développer le tourisme écologique et culturel.
S’y ajoutent la nécessité de préparer les parcours , notamment dans les zones montagneuses et forestières, le suivi des performances des agences de voyages, le soutien de la promotion du tourisme à travers tous les moyens modernes de communication et de publicité, du soutien des festivals et manifestations religieuses et culturelles, et également le soutien au projet de la championne de tennis, Ons Jabeur, dans la promotion du tourisme.
Activités artisanales et développement durable
D’autre part, Belhassine a abordé les sujets suivants, à savoir le développement d’une stratégie en accord avec tous les intervenants pour garantir un tourisme durable, numériser et développer le secteur du tourisme et celui de l’artisanat, encourager les investissements en annulant les licences et en finançant des projets, réhabiliter le secteur des activités artisanales et soutenir les programmes de formation pour développer les compétences, renforcer les capacités compétitives et protéger l’artisanat.
Il s’agit aussi de renforcer des ressources du Fonds de développement de la compétitivité pour la promotion du tourisme tunisien et du Fonds de protection des espaces touristiques, de travailler à la diversification du tourisme, notamment le tourisme saharien, oasien et écologique, et de créer un comité national du tourisme comprenant des experts et des associations, avec des comités régionaux du tourisme qui en dériveraient.
Egalement, la gouvernance du modèle de gestion dans le secteur touristique en partenariat entre les secteurs public et privé, la compilation et révision des textes législatifs au sein du Code du Tourisme, et la mise en place d’une commission mixte dirigée par le ministère des Finances pour s’attaquer à la dette du secteur touristique.








