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Voici à quoi s’était engagé Fakhfakh pour avoir les 745 M$ du FMI qui prédit déjà la récession !

approuvé un décaissement de 545,2 millions en droits de tirage spéciaux, ou DTS (soit l’équivalent de 745 millions de dollars ou 100 % de la quote-part) en faveur de la Tunisie au titre de l’instrument de financement rapide (IFR). C’est un crédit et non un don, avec le même taux d’intérêt que celui du mécanisme élargi de crédit (Medc). Le FMI aurait d’abord prévu des dons sur le fonds qu’il avait annoncé en aide aux pays touchés par le Coronavirus, pour se raviser ensuite. L’argent devrait être, d’ici le milieu de la semaine prochaine, dans les caisses tunisiennes. Ce crédit, comme l’a spécifié un communiqué du FMI rendu public jeudi dernier, « permettra de répondre aux besoins urgents de financement du budget et de la balance des paiements, causés par la pandémie de COVID-19 ».

Cet appui du FMI aidera les autorités à répondre aux besoins notables de financement du budget et de la balance des paiements, estimés à 2,6 et 4,7 % du PIB, respectivement. Selon le même communiqué, « le financement du FMI appuiera les mesures d’urgence prises par les autorités pour endiguer la propagation du virus et atténuer ses répercussions sur le plan humanitaire, social et économique dans un contexte plus incertain que jamais. Ces mesures consistent notamment à accroître les dépenses de santé, renforcer les dispositifs de protection sociale et soutenir les petites et moyennes entreprises touchées par la crise. Par ailleurs, le financement du FMI garantira un niveau adéquat de réserves internationales et permettra de mobiliser des financements supplémentaires auprès des bailleurs de fonds ».

  • Ce que la Tunisie a « promis » au FMI

Comme pour les Revues des programmes économiques qui déterminaient les décaissements des tranches du crédit du Medc, l’accès à l’IFR se fait sur la base d’une liste d’engagements, certes nettement moins contraignants, du demandeur de crédit. Dans ce document, signé par le chef du gouvernement et le gouverneur de la BCT, les autorités tunisiennes se sont surtout engagées à « reprendre le rééquilibrage budgétaire dès que la crise se résorbera afin d’assurer la stabilité macroéconomique de la Tunisie et la soutenabilité de sa dette ». Mais aussi de « limiter les tensions budgétaires, notamment au moyen d’un mécanisme d’ajustement automatique des prix des carburants, de mesures urgentes d’économies sur la masse salariale de la fonction publique et d’un rééchelonnement des investissements publics non prioritaires ».

Comme tout banquier soucieux d’être remboursé et de veiller à ce que son client reste bancable, le FMI a aussi mis l’accent, pour les Tunisiens, sur le fait que « la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette sont tributaires de la mise en œuvre résolue de mesures et de réformes. Les autorités sont déterminées à reprendre le rééquilibrage budgétaire une fois que la crise se résorbera. Ce rééquilibrage consistera notamment à réduire la masse salariale de la fonction publique en pourcentage du PIB et à poursuivre les réformes des subventions énergétiques, tout en tenant compte des répercussions sociales de ces mesures ».

C’est probablement le 15 avril que l’argent du FMI devrait être dans les caisses de la BCT. Une manière de dire que cet ensemble « d’engagements », ne sera que moral. En effet, alors que la demande du FMI de réduire la masse salariale reste de rigueur, et que le chef du gouvernement s’emploie à tenir cette promesse, l’ARP prépare déjà un projet de loi pour recruter encore plus de fonctionnaires [ar] et faire exploser ainsi la masse salariale !

  • 2020, l’année de la récession. Le FMI le confirme !

Vendredi dernier, le CA de la BCT indiquait déjà que « la croissance de l’économie nationale devrait accuser une régression durant l’année en cours en raison de l’impact prononcé de la propagation de la pandémie sur le secteur touristique et les activités connexes, notamment le secteur du transport, ainsi que sur le secteur industriel affecté par le recul de la demande étrangère et les perturbations des chaines d’approvisionnement extérieur ». La BCT a ainsi décidé de prendre ses distances, dans son communiqué, vis-à-vis de l’appréciation du FMI, dont elle était déjà au courant, le cadrage macroéconomique à la base de l’approbation du crédit ayant été fait en tandem FMI/BCT. La Tunisie se donnera ainsi une certaine marge de négociation, en cas de besoin.

Le FMI franchira, quant à lui, le Rubicon en choisissant franchement de parler de prochaine récession pour l’économie tunisienne. « La pandémie de Covid-19 a frappé la Tunisie de plein fouet. La pandémie aggravera les déséquilibres budgétaires déjà marqués de la Tunisie et fera naître des besoins urgents de financement du budget et de la balance des paiements. L’économie devrait se contracter de 4,3 % en 2020 », a dit le directeur général adjoint et président du conseil d’administration du FMI. Et le communiqué de commenter que « il s’agira de la récession la plus grave depuis l’indépendance du pays en 1956 ».

Ce qui est pour l’instant certain, c’est que tout dépendra de l’évolution et de la vitesse de la propagation du Coronavirus en Tunisie. C’est ce seul facteur qui déterminera si la Tunisie finira 2020 en récession ou non. Principal bailleur de fonds de la Tunisie, le FMI connaît l’économie tunisienne sur le bout des doigts. Avec le dernier cadrage, il aura même mis à jour ces chiffres. L’institution financière internationale a aussi accès à toutes les données mondiales relatives à l’expansion de la pandémie, ce qui rendrait viables ses prévisions d’une récession en 2020. A moins que … !

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