La Banque mondiale envisage d’accorder à la Tunisie un prêt de 5 milliards de dollars sur cinq ans pour soutenir sa transition démocratique et relancer son économie, a annoncé vendredi l’administrateur chargé de la Tunisie à la Banque mondiale.
La Tunisie est aux prises avec une chute record des recettes du tourisme suite aux attaques terroristes de l’année dernière, aux mouvements de protestation contre le chômage et à la lenteur des progrès des réformes économiques qui ont hypothéqué les avancées politiques réalisées depuis la Révolution de 2011.
« La banque a mis au point une stratégie de cinq ans et prévoit de prêter à la Tunisie 1 milliard $ par an, » a déclaré Eileen Murray, représentante de la Banque mondiale en Tunisie à Reuters.
«Nous avons confiance dans la transition de la Tunisie et nous continuerons à soutenir son économie et financer des projets d’infrastructure ainsi que les secteurs financier et de l’éducation. »
L’économie du pays a vacillé depuis le soulèvement de 2011 contre l’ex président Zine El-Abidine Ben Ali, précurseur des révolutions du printemps arabe en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.
Ses problèmes ont été exacerbés par les attaques de l’année dernière par des terroristes islamistes contre le secteur touristique du pays, qui contribue à hauteur de 7 pour cent au PIB. Des hommes armés ont tué des touristes étrangers au musée du Bardo et dans la station balnéaire à Sousse, amenant les voyagistes à suspendre certaines opérations dans le pays.
La croissance économique en Tunisie a été de 0,8 pour cent l’année dernière et les autorités prévoient un taux de 2,5 pour cent en 2016, alors que le chômage a atteint 15,1 pour cent, beaucoup plus élevé parmi les jeunes dans un pays où plus de la moitié de la population a moins de 29 ans.
Le Fonds monétaire international et la Tunisie sont à un stade avancé dans les pourparlers sur un crédit de 2,8 milliards $ sur quatre ans pour aider le pays à mettre en œuvre son programme de réforme économique, selon une mission du FMI venue en Tunisie ce mois-ci.
La représentante de la Banque mondiale en Tunisie a affirmé que son institution soutiendra les réformes visant à créer un environnement propice à l’impulsion de l’investissement et à la création d’emplois. Elle prévoit également d’intensifier les efforts pour soutenir le développement dans les zones défavorisées.
En janvier dernier, de violentes manifestations ont éclaté dans la région déshéritée de Kasserine pour demander l’emploi. Les troubles se sont propagés rapidement à d’autres villes dans le Nord et le Sud du pays où des manifestants ont attaqué des postes de police lors des pires manifestations violentes jamais enregistrées depuis 2011.
La Tunisie envisage également d’émettre une obligation libellée en euro au cours de la seconde moitié d’avril et lancera le processus y afférent en explorant la demande potentielle, à la fin de ce mois.
Murray a souligné que les réformes économiques vont dans la bonne direction, mais prendront plus de temps. Elle a exhorté la Tunisie à poursuivre les réformes dans le secteur financier et la transparence pour attirer les investissements étrangers et stimuler l’emploi.
Le patron de la Banque mondiale se rendra en Tunisie la semaine prochaine pour affirmer le soutien de l’institution financière et discuter avec les responsables tunisiens des réformes dans le pays, a-t-elle conclu.








