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réconciliation nationale

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Le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, n’a pas enterré son idée de réconciliation nationale, jetée sur la place publique en 2014, pour, disait-il, pacifier la Tunisie et jeter les bases d’une démocratie saine. BCE s’apprête à remettre sur la table ce 20 mars, selon des confidences faites à Jeune Afrique par des sources proches de son cabinet, le fameux projet de loi.

La date n’a pas été choisie par hasard puisque le pays va fêter ce jour-là son indépendance. La même source ajoute que cette fois, le président de la République a pris toutes ses précautions en blindant son affaire avec le soutien du président d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, qui lui aurait assuré le vote comme un seul homme de tous les députés du mouvement et ce, avant la fin de cette année.

Pour rappel, l’initiative de BCE vise à amnistier des hommes d’affaires et des agents de la fonction publique mouillés dans des pratiques frauduleuses durant le long règne de Ben Ali. Des citoyens épinglés par les autorités pour évasion fiscale sont également concernés. Le but ultime de la manoeuvre, d’après Essebsi : Faire repartir l’investissement, restaurer un climat propice à l’entrepreneuriat et oxygéner les caisses publiques, qui en ont bien besoin. Mais le projet de loi, à peine avalisé par un Conseil des ministres de juillet 2015 et transmis au Parlement pour adoption, avait été copieusement canardé par des formations politiques et une frange importante de la société civile, qui n’y voyaient qu’un moyen de passer à la machine et blanchir des corrompus. Le président a donc été obligé de revoir sa copie, en demandant à son staff d’être plus précis dans la catégorisation des infractions, histoire de ne pas laisser les très gros délinquants passer entre les mailles du Code pénal. On verra si la nouvelle mouture sera agréée par les détracteurs d’hier…

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Qu’est-ce qui empêcherait les Tunisiens de se réconcilier plus de cinq ans après une révolution qui, loin de remettre les pendules à l’heure, n’a fait qu’exacerber les aversions des uns à l’endroit des autres, et partant, reconstruire la société autant que le pays sur des bases convenues ? Pourtant les initiatives n’ont pas manqué que ce soit sur le plan institutionnel ou celui politique. La commission Vérité et Dignité existe bel et bien, certes en s’attelant à sa tâche avec des fortunes diverses, le président de la République a lancé son initiative de réconciliation économique qui ne trouve cependant pas grâce aux yeux de tout le monde mais qui revient sur les pupitres des députés de l’Assemblée des représentants du peuple, et enfin, le mouvement Ennahdha vient de se fendre de son initiative de « réconciliation nationale globale ».

C’est bien la preuve que la réconciliation nationale n’a pas été mise au rebut, tout le monde étant d’accord qu’elle est d’une nécessité absolue pour remettre les Tunisiens sur le chemin vertueux de la cohésion à l’enseigne d’une vérité qui  doit être dite et d’une justice qui doit être faite. Une architecture forcément faite de scènes de repentir, de reconnaissance de fautes, de pardon et d’excuses, mais aussi de réparation due aux victimes.

Il va sans dire qu’il devrait pas s’agir de représailles juridiques, mais d’une forme de reddition des comptes ayant vocation à construire une réconciliation dans laquelle se reconnaîtraient les opprimés sous le régime déchu, les auteurs des exactions et surtout l’ensemble de la communauté nationale.

Il ne devrait pas s’agir non plus d’une instance de jugement mais d’un lieu de promotion de la repentance et de la contrition  en échange d’un aveu sincère, public et complet des crimes politiques commis non seulement durant les 23 ans du régime de Ben Ali mais aussi ceux perpétrés depuis l’Indépendance de la Tunisie, avec au final une offre d’amnistie à la faveur de laquelle il sera possible d’accoucher d’une société libérée de son passé.

Bien entendu, c’est sur le registre consensuel que tout ce travail devra être fait. Le mouvement Ennahdha semble s’engager dans cette voie. Son conseil de la Choura, réuni ce weekend, a d’ailleurs, tenu à préciser que son initiative sera conduite «  en partenariat avec la présidence de la République, les partis politiques, les organisations sociales et la société civile ».

Au demeurant, le Conseil de la Choura a appelé le groupe  parlementaire du mouvement à interagir avec le reste des blocs et en particulier avec l’initiative du président de la République relative à la réconciliation économique et financière après sa modification. Surtout, il estime que le  processus de la justice transitionnelle et de l’amnistie générale ne s’opposent pas au processus de la réconciliation globale, appelant les différentes parties politiques à tourner la page du passé et à se concentrer sur les problèmes actuels du pays.

Manifestement, le parti islamiste ne veut pas brûler la politesse à Béji Caïd Essebsi et enterrer son initiative de réconciliation économique. Ses ténors se répandent en assurances en affirmant, comme l’a fait Rafik Abdessalem, que « les deux initiatives sont en parfaite harmonie. Elles visent à jeter les fondements d’une réconciliation globale ».

Pour autant, peut-on soupçonner les deux « cheikhs », Rached Ghannouchi et Béji Caïd Essebsi, d’avoir partie liée sur ce registre encore, devenant ainsi les deux « parangons de la réconciliation » après avoir été à Paris ceux du Dialogue national qui a ouvert la voie vers les élections législatives et présidentielles, la promulgation de la Constitution, et la formation d’un gouvernement « stable » ? Davantage qu’une conjecture, c’est une quasi certitude. D’autant que l’un et l’autre ont visiblement acquis la conviction que la « non réconciliation nationale »  à force de s’éterniser, est devenue un obstacle majeur qu’il importe de démanteler, pour déblayer la voie vers une configuration politique, économique et sociale à même de congédier une situation qui ne faisait qu’envenimer les crises adjacentes.

« Le Front populaire et toutes les élites du pays œuvreront à abattre l’état d’urgence et la scélérate loi sur la réconciliation économique », a déclaré vendredi le dirigeant au FP, Mongi Rahoui, affirmant que « nous aurons recours à la rue pour faire tomber ces lois arbitraires par des marches dans chaque ville, village et patelin ».

S’exprimant sur Shems fm, il a ajouté que «  nous disons au pouvoir actuel que nous sommes prêts à aller en prison,  à mourir dans l’honneur et  tomber sous les balles de vos armes », lançant un appel aux forces de sécurité de ne pas être parties prenantes dans la bataille dans laquelle on veut les précipiter, car il s’agit d’un combat contre la corruption », selon ses dires.

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