Le ministre de l’Éducation, Néji Jalloul a été amené, encore une fois cette semaine, à s’exprimer sur les nouvelles mesures qui visent à améliorer et développer l’école tunisienne et les sujets qui suscitent, actuellement, une grande polémique : les cours particuliers et la semaine bloquée. C’était sur le plateau de l’émission Klem ennas, de la chaîne Al Hiwar Ettounsi.
Pour beaucoup, hormis le ministre de la Santé, Saïd Aïdi, celui de l’Éducation nationale, Néji Jalloul est le ministre qui donne le plus de satisfaction dans le gouvernement Habib Essid. Dès son investiture, il a saisi le taureau par les cornes et amorcé de nombreuses réformes dans l’Éducation nationale.
«L’année scolaire 2015-2016, s’annonce plus difficile que la précédente en raison des nombreuses réformes qui y seront appliquées, car il est temps, à présent, d’instaurer l’excellence tant au niveau de la qualité de l’enseignement dispensé que de la discipline longtemps négligée», a-t-il affirmé dès l’abord.
Tout le mérite que lui témoignent beaucoup de parents d’élèves, est qu’il a l’audace et le courage de réhabiliter l’école républicaine et de redorer son blason pour pouvoir reconstruire les générations de demain et consacrer l’école publique comme un ascenseur social capable de mettre sur le même piédestal les riches et pauvres.
De tous les combats qu’il a menés, Néji Jaloul semble remporter le bras de fer avec les syndicats et persiste à engager les réformes contre le phénomène des cours particuliers, contre les deux semaines de vacances et contre le fameux 25%. N’empêche que la résistance a été au rendez-vous.
« La semaine bloquée fait perdre 45 jours d’études et de travail à la communauté », a-t-il dénoncé.
Entre autres, le ministre déclare la guerre au phénomène du tabagisme chez les élèves et fait de l’abandon scolaire son cheval de bataille.
Revenant sur l’organisation des cours particuliers, pratique qui, selon un arrêté publié au Journal officiel de la République le 31 août 2015, sera interdite en dehors de l’enceinte scolaire, Néji Jalloul explique que « premièrement, la réglementation y afférente n’a pas encore été édictée. Il ne s’agit pas d’interdire les cours particuliers, ça n’a pas de sens car le ministère de l’Éducation n’a pas l’intention de faire office de police, mais plutôt de rationaliser ce phénomène qui devient une plaie pour les parents, pour l’école, pour les élèves et avec beaucoup d’aberration. »
Le ministre a tenu à préciser que cette mesure est conçue dans l’intérêt de l’enseignant. « Tous, nous avons une vie privée et une vie publique. Dans l’intérêt de l’enseignant, de protéger sa famille et sa vie privée, l’enseignant ne doit pas pratiquer les cours supplémentaires chez lui », a-t-il avancé.
Et de rappeler : «J’étais enseignant et j’avais toujours évité de recevoir des doctorants à la maison. En fin de compte, cette mesure vise à protéger la vie privée de l’enseignant. »
« Nous avons interdit les cours particuliers dans les garages, à domicile, ou n’importe où, car nous pensons que, logiquement, la place idéale et naturelle c’est la salle de classe, c’est l’espace scolaire qui est le mieux adapté », explique Jalloul, soulignant que c’est à partir de là que le ministère a décidé de gérer ce phénomène.
À cet effet, il a ajouté : « On a mis à la disposition des enseignants des espaces et des plages horaires de 16 à 22 heures, nous avons même fixé le prix des cours et le nombre d’élèves, à savoir 40 dinars par élève et 15 élèves par classe. »
Pour le ministre, dans certains cas, l’élève a besoin des cours supplémentaires tout comme le diabétique qui a besoin du sucre, car, dit-il, la structure même de l’enseignement et des programmes créent ce besoin, citant en exemple les élèves de la classe terminale qui clôturent l’année scolaire vers le mois de mars.
« Dans ce cas, les professeurs ne trouvent pas suffisamment de temps pour faire des exercices à leurs élèves ; ils sont donc obligés de les faire dans les espaces privés, ajoutant qu’il y a aussi un besoin pathologique des cours particuliers créé par la gabegie du système éducatif tunisien. »
« Si on arrive à réformer ce système, à le moderniser, à l’adapter, en somme à le rationaliser, automatiquement, on limitera d’une façon drastique le besoin des cours particuliers. Et c’est pour cela que les élèves qui en reçoivent sont plus formés que ceux qui n’en prennent pas, et c’est là encore toute l’injustice. Il faut remédier à cela», a-t-il préconisé.
Et pour conclure, le ministre a affirmé que « Moi, ce que je déduis, c’est que l’école tunisienne est sinistrée, malade et victime de réformes populistes successives, et il est temps qu ‘on ait le courage et l’honnêteté intellectuelle de dire « stop » et les réformes que je vais engager elles seront « douloureuses « et « impopulaires.»
Enfin, Néji Jalloul a souligné l’importance de la paix sociale et du travail commun avec les syndicats et la société civile pour garantir la réussite de ces réformes.








