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La note d’orientation du Plan stratégique de développement 2016-2020 : Une utopie ?

Le débat sur la a note d’orientation du Plan stratégique de développement 2016-2020 semble avoir été tranché. Les partis politiques, la société civile, les experts, des intellectuels, tous ont pris part aux discussions  organisées à l’échelle locale et régionale autour de la première mouture économique de la 2ème République, fruit d’un consensus quasi unanime, et qui trace les contours du prochain Plan quinquennal de développement économique et social.

De quoi s’agit-il au juste ? Quelles sont les orientations générales de cette note ? Qu’en pensent les économistes ?

Rappelons que le ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale, Yassine Brahim, avait indiqué que ce document porte une vision futuriste et un projet réformiste qui devra permettre de passer d’une économie à faibles coûts à une économie diversifiée afin de créer de l’emploi, améliorer les investissements ainsi que le climat des affaires en Tunisie et enfin mettre en route les réformes économiques en suspens..

Pour ce faire, la Note prévoit  5 % de taux de croissance annuel et de porter les investissements de 18.5 % cette année 2015, à environ 25% à l’horizon 2020.

Rêve ou réalité ? Si cette année l’on s’attend à une croissance de 0 %, comment alors pouvoir réaliser 5% de croissance pendant les quatre ans à venir ?

En tout état de cause, l’économiste-consultant auprès de la Banque Mondiale, Ezzeddine Larbi, a commenté pour nous, la Note d’Orientation du plan stratégique de développement 2016-2020, lors de son intervention sur les ondes de la radio nationale, mercredi 30 septembre 2015.

«Cette loi d’orientation a fait l’objet d’un large consensus, mais je voudrais d’abord revenir aux chiffres de croissance. D’une manière générale, en tant qu’économiste j’aurais préféré que ce plan quinquennal, ou note d’orientation que je trouve sincère, soit une note de perspectives décennales laquelle s’insèrera dans une vision à long terme allant au-delà de 2020.

Le ministre tunisien des Affaires étrangères a participé à New York avec le chef du gouvernement au sommet du programme de développement durable , qu’on appelle « System for Development Goal », et qui s’étend sur 15 ans, 2015-2030. Habib Essid a déclaré que la Tunisie adhère au SDG, ce qui veut dire qu’on a une certaine vision.

Pour revenir à la Note d’orientation, elle appelle  deux remarques. Une sur la forme et une autre sur le fond.

Au niveau de la forme, au-delà de la présentation en PowerPoint qui est belle, il y a tous les diagnostics ; deuxièmement il y a le profil de projet sociétal ou un modèle alternatif et troisièmement les axes de réformes.

Maintenant au niveau du fond, pour moi c’est une mosaïque super dispersée. Il n’y a pas de fil conducteur. J’ai l’impression que les programmes des départements ministériels sont un ramassis, parce que le taux de croissance est pratiquement une agrégation, on y trouve de tout. En le lisant, ça n’a pas de goût. C’est comme de l’eau.

C’est tellement général, que cela  peut s’appliquer un peu partout. On y trouve de tout. Tout est là… 20 réformes etc… sauf l’âme de la Tunisie…

Maintenant pour revenir aux chiffres, s’il y a une révision maintenant à la baisse de 1% jusqu’à 0% voire négative,  cette année 2015 est une année de récession dont il faut en tenir compte.

Pour revenir à la note d’orientation, il faut dire qu’elle offre une moyenne, et non un taux de croissance annuel de 5% sur 2016-2020, car il y a des écarts entre les résultats annuels. En effet, si on se livrait à une petite arithmétique et en admettant  un taux de de 3 à 4% en 2016-2017, puis entre 4 et 5% en 2017-2018,  l’on réaliserait entre 5 et 6% en 2018-2019, et enfin en 2020, un taux de 7% et plus. Chiffres que la Tunisie n’a jamais atteints même pas dans les meilleures conjonctures possibles.

Admettons que ces chiffres soient réalisés. On aurait ainsi  au maximum une moyenne de 5.1%. Mais pour atteindre ces chiffres, il faudra faire des efforts titanesques et la Note reste muette à ce sujet, puisqu’elle ne porte pas la décomposition année par année.

Et pour cause, tous les économistes de Tunisie ou d’ailleurs, s’accordent à dire que dans le meilleur des cas, en 2016 le taux de croissance ne dépassera pas 1,5%. »

Enfin, si la note d’orientation du Plan stratégique de développement rapporte que 2016 et 2017 seraient en quelque sorte deux années charnières de reprise de l’activité économique, et que les années suivantes l’économie décollerait, l’économiste-Consultant Ezzeddine Larbi reste résolument sceptique.

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