Depuis quelques années, les réseaux sociaux en Tunisie regorgent de pages takfiristes qui incitent à la haine, prônant l’esprit takfiriste et djihadiste. Des experts sécuritaires ont, à maintes, tiré la sonnette d’alarme.Cependant, aucune décision n’a été prise par les gouvernements successifs pour bloquer ces sites et garantir la sécurité du pays.
Lors de son intervention, mercredi 2 décembre 2015, à la séance plénière consacrée à l’examen du budget du ministère des Technologies, Noomen Fehri ministre des Technologies de la Communication et de l’Économie Numérique, a annoncé la découverte de près de 2179 sites web et pages suspectes en Tunisie. Le ministre a, dans le même cadre, indiqué que son département collabore avec les unités sécuritaires afin de contrôler les sites web et les pages en question. Ces sites diffusent des vidéos de propagande à Daech, incitant à la violence et au terrorisme contre les institutions publiques et l’envoi des jeunes aux pays en conflits.
Seifallah Hichri, président de l’association Afek pour les forces civiles armées, a déclaré à Africanmanager que des unités spéciales procéderont à la fermeture des sites extrémistes, appelant à la haine et à la violence. Il a ajouté que la fermeture de ces sites nécessite encore plus de temps car il y a aussi des sites étrangers qui diffusent des discours extrémistes en Tunisie, a-t-il affirmé.
Quant à l’expert en sécurité et ancien cadre au sein du ministère de l’intérieur, Yosri Dali, il a affirmé à Africanmanager que la décision de la fermeture des sites extrémistes est très tardive, ajoutant dans le même contexte, qu’à travers plusieurs sites takfiristes, de nombreux tunisiens ont rejoint les mouvements de Daech en Syrie et en Libye.
Une commission internationale pour aider la Tunisie
De son côté, Noomen Fehri ministre des Technologies de la Communication et de l’Economie Numérique, a récemment déclaré sur la radio cap fm, que son département, les ministères de l’Intérieur, de la Défense et des Affaires étrangères, ont reçu la liste des sites soupçonnés d’appeler à l’incitation au terrorisme, à la violence et à la haine. Il a ajouté qu’une commission internationale est en train d’aider la Tunisie afin de dévoiler les administrateurs des pages terroristes.
Pour rappel, le chef du gouvernement Habib Essid a annoncé à l’issue de la réunion du conseil de sécurité nationale, mercredi, une série de mesures dont principalement la fermeture de tous les sites électroniques et les comptes sur les réseaux sociaux, reliés à des organisations terroristes, et l’activation du fonds national de lutte contre le terrorisme pour renforcer les moyens sécuritaires mis à la disposition des forces de l’ordre.








