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Tunis: La lutte contre le terrorisme nécessite une stratégie pluridimensionnelle

Avec la prolifération du terrorisme, la violence jihadiste est devenue un phénomène résilient dont l’éradication définitive est difficile malgré les moyens mis en œuvre.

Deux difficultés principales surgissent à cet égard : le développement de la violence dans les régions défavorisées  ou celles aux prises avec des tensions sociales qu’un gouvernement ne pourrait pas maîtriser, et l’absence prospective, en d’autres termes, une stratégie intégrant les moyens de lutte contre le terrorisme.

Partant de cette idée, un débat national sur la lutte contre le terrorisme a été organisé ce mercredi 2 septembre, à Tunis.

Constatant que l’effort sécuritaire ne suffit pas à éradiquer le terrorisme, couplé à des activités de contrebande et de trafic d’armes et de stupéfiants, les participants à ce débat national ont mis l’accent sur l’importance d’intégrer dans leur démarche une nouvelle stratégie anti-terroriste pluridimensionnelle .

Dans ce contexte, le major Mokthar Ben Nasr,  retraité de l’Armée tunisienne,  a fait savoir que la stratégie adoptée actuellement vise à neutraliser les groupes terroristes même sur la base d’un soupçon, mais beaucoup reste à faire, a-t-il précisé . «  La bataille est en cours. Le commandement conjoint à la tête de l’armée et de forces de sécurité est toujours en poste au niveau des zones militaires fermées et dans les zones-tampons  pour  frapper l’infrastructure logistique des terroristes. C’est un pas important, mais  qui demande à être renforcé  »,  a-t-il noté.

Car,  une certaine sympathie est constatée chez les jeunes Tunisiens envers les courants salafistes. D’après le dernier sondage réalisé par l’Observatoire National de la Jeunesse (ONJ), 42% des jeunes tunisiens du Grand-Tunis adhèrent à un certain discours religieux. Pis, 35% se prononcent pour le port du niqab par les jeunes étudiantes dans les établissements de l’enseignement.

Pour le Directeur général de l’ONJ,  la lutte contre le terrorisme passe également par la mise en place d’un nouveau modèle tunisien.

Ce nouveau modèle, élaboré par plusieurs experts devrait, a-t-il dit à Africanmanager, se pencher sur les questions déterminantes comme l’emploi, le développement régional afin que les  jeunes gardent l’espoir pour avoir été habités par l’inquiétude suscitée par une  situation « incertaine ».

Un avis qui est partagé par Radhouane Masmoudi, président du Centre d’Etudes Islam et Démocratie. Il a jugé nécessaire de développer le discours religieux. « Nos jeunes ne sont pas en train d’écouter des discours modérés, et c’est grave. C’est pour cette raison que l’on doit agir pour trouver d’autres alternatives, mais aussi  pour prospecter de  nouvelles solutions», a-t-il souligné  avant d’ajouter que «  la lutte contre le terrorisme ne se fait pas au détriment des libertés ».

Pourquoi une nouvelle stratégie ?

La nouvelle stratégie permettrait de se focaliser sur différents types de mesures d’ordre politique, économique, militaire et social que la Tunisie serait prête à prendre pour gagner ce challenge.

Une telle stratégie nécessite la création d’un centre pour la protection de la sécurité nationale disposant d’amples moyens, a préconisé, pour sa part,  Faycel Cherif, expert en sécurité à Africanmanager. Et d’expliquer : « la Tunis doit prendre exemple sur les pays développés, et se doter d’un tel centre pour faire face à la menace que représente le terrorisme, et c’est stratégique,  étant donné que les mécanismes adoptés actuellement sont insuffisantes. D’ailleurs, un grand nombre de Tunisiens veulent quitter la Syrie pour regagner leur pays où cependant les mécanismes nécessaires pour les intégrer dans la société sont inexistants».

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