« Le programme national des réformes majeures correspond au rôle, aux objectifs et à la nature du travail du Fond Monétaire International (FMI) ». C’est ce qu’a assuré Taoufik Rajhi, ministre-conseiller auprès du chef du Gouvernement chargé du suivi des réformes majeures et président du Conseil des analyses économiques.
Lors d’un point de presse tenu ce vendredi à la Kasabah à la suite de la présentation du rapport relatif à ce programme au chef du gouvernement, il a précisé qu’il s’agit de redresser l’économie tunisienne, mais surtout de l’adapter aux exigences des institutions financières internationales à l’instar du FMI. Il a évoqué des changements au niveau des politiques économiques et sociales qui se traduisent dans les faits et sur le terrain par de nouvelles règles et de nouvelles pratiques améliorant le fonctionnement de l’économie, générant une croissance inclusive et un développement durable, selon ses dires.
Ce programme des réformes majeures a été annoncé alors que séjourne en Tunisie une délégation du FMI pour des négociations sur une nouvelle ligne de crédit pouvant atteindre 1.7 millions de dollars, déboursées sur une période de 4ans.
Un nouveau programme d’aide du FMI devrait être assujetti à la réalisation d’un ensemble de réformes économiques, selon Taoufik Rajhi tout en qualifiant de positive la première rencontre qui a réuni ladite délégation avec le gouverneur de la Banque Centrale, Chedly Ayari.
« Pour la première fois, le FMI vient négocier un nouveau plan de coopération en trouvant une matrice de réformes recommandée par le gouvernement tunisien. C’est important, a-t-il dit, dans la mesure où l’institution de Bretton Woods intervenait par le passé pour essentiellement proposer des réformes. Or, ce n’est pas le cas aujourd’hui, car on a pris les devants en suggérant les réformes nécessaires pour le redressement de notre économie », a-t-il souligné.
Il n’en demeure pas moins que le nouveau programme d’aide continue de faire polémique et maints observateurs ont mis en garde contre le recours du gouvernent au marché international dans pareille situation où l’endettement a pris une ampleur sans précédent passant de 45,8% en 2013 à 52,9% en 2015, d’après le dernier rapport de la Cour des Comptes.
Vers un changement structurel de l’économie
Pour Taoufik Rajhi, cette étape est stratégique, d’autant qu’il est temps d’inverser la tendance en donnant la priorité à l’agenda économique. Car, « depuis la révolution, on a eu un problème de synchronisation de l’agenda politique er celui économique. La Tunisie se trouve actuellement dans une phase fragile marquée par la montée de la grogne sociale et la baisse du taux de croissance de 5.2% en 2010 à 3% ces dernières années et à 0,8% en 2015, une chute due à un taux d’investissement faible (le taux d’investissement a diminué de 22% à 18% en quatre ans», a-t-il expliqué.
Pour ce faire, ce nouveau programme des réformes majeures retient cinq piliers essentiels. Il s’agit de l’amélioration du financement de l’économie, du renforcement des équilibres budgétaires, du e développement des ressources humaines, de la refonte des filets de protection sociale et enfin du renforcement du cadre institutionnel et réglementaire.
Pour l’amélioration du financement de l’économie, le programme national des réformes majeures œuvre à améliorer le cadre réglementaire de la gouvernance bancaire à travers l’adoption d’une nouvelle loi bancaire et d’une loi organique de la Banque centrale de Tunisie et à renforcer la supervision bancaire à travers l’élaboration et la mise en œuvre du plan à moyen terme de la BCT.
L’accent sera aussi mis sur le renforcement de la résilience du secteur bancaire à travers l’achèvement de la restructuration et de la mise à niveau du système bancaire tout en promouvant l’inclusion financière sans oublier l’amélioration de l’accès au financement des micro-entreprises, PME, entreprises innovantes à risque et l’approfondissement des marchés de capitaux.
S’agissant du renforcement des équilibres budgétaires, il s’agit d’assurer une bonne gestion des dépenses publiques surtout que la promulgation de la nouvelle loi organique du budget en 2016 a permis de réaliser des avancées sur tous les plans.
Outre la gestion des dépenses publique, le travail sera concentré sur la collecte des revenus fiscaux avec la réforme de l’administration fiscale surtout que les projections préliminaires évoquent la réduction du poids de la masse salariale à environ 12% du PIB en 2020.
Concernant le développement des ressources humaines, l’accent sera focalisé sur le changement de la vision du système éducatif pour un meilleur acquis cognitif.
Taoufik Rajhi a, par ailleurs, fait remarquer que les réformes structurelles doivent s’accompagner par une refonte du système et des filets de protection sociale mieux ciblés en vue d’assurer une croissance inclusive et équitable.
Ceci passera par une refonte du système de la santé à travers une révision des modalités de financement des systèmes de santé, l’évaluation de la réforme de l’assurance maladie tout en mettant en place n nouveau régime d’assurance maladie complémentaire plus approprié.
Pour ce qui est du dernier pilier du programme national des réformes majeures, il préconise le renforcement du cadre institutionnel et réglementaire. Ceci exige le renforcement du cadre légal de la concurrence à travers l’adoption d’une nouvelle loi sur la concurrence, le renforcement du cadre réglementaire des marchés publics pour plus de transparence tout en consolidant le cadre légal du Partenariat Public-Privé.
Pour le ministre-conseiller auprès du chef du Gouvernement, ces réformes sont nécessaires pour mettre en place un climat des affaires sain et surtout résorber l’épineux problème du chômage dont le taux a atteint un pourcentage préoccupant, soit 15.2%








