« Un plan visant à sauver la saison agricole au cas où le déficit pluviométrique se poursuivrait, est presque prêt sachant que le volume d’intervention est estimé à 60 et 70 millions de dinars dont 27.8 millions de dinars sont pour l’instant disponibles ». C’est ce qu’a annoncé le ministre de l’Agriculture, des Ressources en eau et de la Pêche, Saâd Seddik
Dans une interview accordée à Africanmanager, il a précisé que la mise en place de ce plan dont les préparatifs avancent considérablement est expliquée notamment par le déficit pluviométrique . En effet, la moyenne de baisse des pluies a atteint 30% au cours de la saison actuelle , et ce, au niveau de toutes les régions du pays alors qu’elle varie entre 35% au centre du pays et 25% au Nord.
« La saison agricole s’annonce difficile à cause d’un déficit pluviométrique. C’est pour cette raison que notre département, en coordination avec les professionnels du secteur, n’a cessé de multiplier les efforts pour y faire face », a expliqué le ministre.
Il a en outre fait remarquer que ce plan adaptable aux précipitations prendra en considération toutes les hypothèses liées au changement climatique. D’ailleurs, il pourrait subir des modifications, une fois le taux de pluviométrie s’améliore.
Axes du plan
Le ministre de l’Agriculture, des Ressources en eau et de la Pêche a ,d’autre part, passé en revue les principaux axes autour desquels s’articule ce plan. Il s’agit du cheptel, des plantes et des ressources hydrauliques.
Dans le cadre de ce programme, les acteurs intervenants auront pour but le traitement de la récolte, l’utilisation des périmètres irrigués tout en protégeant le cheptel moyennant l’approvisionnement en forage..
Au niveau des eaux potables et celles d’irrigation, la priorité sera donnée aux projets en cours dont le nombre s’élève à 30 de manière à garantir la fourniture de l’eau potable à 15 mille citoyens et l’équipement de 1000 hectares supplémentaire de périmètres irrigués, ce qui renforcera la production agricole et atténuera les impacts de la sécheresse.
Peut-on parler alors de saison difficile ? Le ministre s’est voulu rassurant. « On ne peut pas parler de sécheresse maintenant. C’est vrai qu’il y a un manque de précipitations durant les derniers mois, mais le taux de pluviométrie pourrait s’améliorer en mars et avril », a fait savoir le ministre mettant en avant le taux de remplissage des barrages qui reste satisfaisant.
Chiffre à l’appui, la quantité d’eaux stockées dans les barrages s’élève à un milliard 130 millions de litres mètres cubes. « Grosso modo, ce stock est certes encourageant, mais on reste prudent surtout que certains points sont menacés comme le barrage de Nebhana et celui de Siliana », a-t-il souligné.
Des effets qui dureront des années
La mise en place de ce plan de sauvetage vient au moment où les agriculteurs semblent très inquiets par le manque de précipitations .
L’UTAP, par la voix de son président Abdelmajid Zar, a mis en garde contre les répercussions d’une pareille situation sur l’économie tunisienne. Ces effets seront ressentis non seulement au cours de cette année, mais ils poursuivront durant les prochaines années, selon ses dires.
» Le manque de pluies aura des retombées assez énormes « , a dit Abdelmajid Zar à Africanmanager avant d’expliquer que plusieurs filières du secteur agricole sont touchées à commencer par les grandes cultures. Ceci ne pourrait qu’engendrer une baisse de la récolte céréalière et une éventuelle hausse des importations Ce problème touchera aussi l’arboriculture fruitière et l’élevage.








