Dans une interview accordée à Africanmanager, en marge d’une rencontre sur l’emploi, tenue jeudi 29 octobre 2015 dans l’un des hôtels à Tunis, le ministre de la Formation professionnelle et de l’Emploi, Zied Lâadhari a affirmé au sujet de l’allocation chômage longtemps revendiquée par les jeunes tunisiens que bien que le gouvernement comprenne toutes les réclamations et respecte toutes les revendications, il ne peut en aucun cas accepter de telles demandes.
Le ministère travaille, selon lui, sur des problèmes structurels qui requièrent des solutions et des réformes structurelles, et la question de l’emploi ne peut jamais être traitée à l’amiable ou à coups de « mesurettes ». « Il faut une nouvelle approche à moyen et à long termes », a-t-il dit.
Un nouveau ministère pour l’Emploi !
« On veut dédier un nouveau ministère pour l’Emploi et nous espérons lancer un programme qui puisse apporter des réponses concrètes et des répliques aux revendications des jeunes », a-t-il poursuivi.
Le ministre de l’Emploi a, dans le même ordre d’idées, souligné que le gouvernement comprend parfaitement les demandes des chômeurs mais aujourd’hui, il s’attache de plus en plus à apporter des solutions adéquates aux jeunes. « Nous voulons, aujourd’hui, travailler sur le développement de la formation professionnelle comme premier programme du ministère, mais également explorer les créneaux porteurs de l’emploi et les domaines qui ne sont pas suffisamment exploités telles que l’économie verte, l’économie numérique ou encore celle sociale. « Nous voulons aller dans les secteurs où il y a du potentiel et faire en sorte que les jeunes s’orientent vers ces secteurs-là », a insisté Laâdhari.
Non pour une indemnité de chômage !
S’agissant de l’indemnité de chômage longtemps revendiquée par les jeunes, le ministre nous a indiqué que le ministère de l’Emploi, le seul organe chargé de cette question n’est pas là pour donner de primes mais plutôt aider les jeunes à lancer leurs propres projets, à s’aventurer dans l’entreprenariat et bénéficier d’une formation. « On ne veut pas donner aux jeunes des subventions. On ne veut pas que nos jeunes se contentent d’une petite prime ! On veut qu’ils aillent au-delà », a indiqué Zied Laâdhari, faisant remarquer que le gouvernent veut développer une prime pour l’emploi et non pas pour le chômage.
Interrogé sur le programme du ministère en matière de promotion de l’emploi au cours de la période prochaine, le ministre a assuré que la stratégie du ministère est basée principalement sur la formation professionnelle, mais également sur l’emploi salarié, la refonte de l’intermédiation ainsi que celle du service de l’agence nationale de l’emploi et la formation des demandeurs d’emploi pour qu’il soit opportunément répondu aux exigences du marché de l’emploi.
Un taux de chômage de 11% !
Selon le ministre, la stratégie du département pour la période à venir vise aussi à explorer le marché international là où il y a de l’emploi, renforcer la coopération à l’échelle internationale mais aussi travailler sur entrepreneuriat qui se représente, selon lui, comme un grand chantier ayant une grande potentialité d’emploi. « Notre objectif est celui d’orienter l’économie vers les secteurs créateurs d’emploi et les domaines où il ya du potentiel aujourd’hui dans l’objectif de développer l‘économie nationale », a-t-il précisé.
Concernant les projections du ministère en matière d’emploi, le ministre de la Formation professionnelle et de l’Emploi a indiqué que l’objectif est de descendre de plus de 15% à 11% sur les cinq prochaines années en termes de chômage.
Il a, toutefois, indiqué que ce taux de 11% en termes de chômage demeure tributaire de la reprise de l’économie nationale : « Il faut avant tout croire dans le potentiel que notre pays peut offrir aux jeunes demandeurs d’emploi », a-t-il dit.








