AccueilLa UNETunis-Echec des négociations salariales : L’UGTT reprend ses grèves !

Tunis-Echec des négociations salariales : L’UGTT reprend ses grèves !

Les négociations sociales entre l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) et l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica) portant sur une augmentation salariale dans le secteur privé ont de nouveau abouti à une impasse . Les deux parties négociatrices ne sont pas satisfaites du résultat de leurs pourparlers. Elles ne  sont pas parvenues à se mettre d’accord sur le montant de l’augmentation. Chaque organisation s’en tient obstinément à ses demandes. A défaut, l’UGTT a décidé de décréter une grève générale dans le secteur privé, le 21 janvier 2016 dans 4 gouvernorats du  Grand Tunis. La décision a été prise ce lundi 28 décembre 2015 lors de la réunion du groupement du secteur privé de l’Organisation ouvrière sous la présidence du secrétaire général Houcine Abassi.

Selon l’UGTT, les négociations sociales avec l’organisation du patronat ont été paralysées dès lors que la proposition de la présidence du gouvernement portant sur une augmentation des salaires dans le secteur privé a été refusée par l’Utica.

De même, Houcine Abassi a refusé la proposition du gouvernement, portant sur une augmentation de 6% tout en s’attachant à l’augmentation de 40 dinars. Il a, dans le même cadre, estimé que le chef du gouvernement a décidé une nouvelle mesure concernant les augmentations salariales sans avoir consulté au préalable l’Organisation ouvrière.

Dans des déclarations à la presse en marge de la réunion du groupement du secteur privé de l’UGTT, il a rappelé qu’il y avait au départ une proposition du chef du gouvernement portant sur une augmentation de 40 dinars pour tous les salariés du secteur privé, proposition acceptée par son organisation, ajoutant aussitôt que « nous avons été surpris par un revirement aux termes duquel il a été proposé une augmentation de 6% à laquelle s’ajoutent 10 dinars à l’indemnité kilométrique, avec effet à partir de septembre au lieu du mois de mai, ce que nous avons refusé », a-t-il dit.

« Nous avons rejeté la proposition, d’autant que nous n’avons pas été consultés à son sujet », a-t-il expliqué, précisant que l’UGTT a présenté, dimanche, une nouvelle proposition qui n’a pas été acceptée, mais dont l’examen n’est pas exclu, a-t-il précisé.

Dans un communiqué signé par le secrétaire général de l’organisation syndicale et publié au terme de sa réunion, le groupement souligne qu’il se réunira, à nouveau, le 4 janvier 2016 pour examiner l’avancement des négociations, tenant l’UTICA pour responsable de la dégradation du climat social.

Le communiqué appelle le gouvernement à intervenir pour trouver les solutions à même de favoriser un climat social paisible afin de pouvoir examiner les dossiers brûlants ayant trait aux attentes des citoyens, répondant aux objectifs de la révolution de la liberté et de la dignité et favorisant l’instauration de la stabilité sociale sur des bases solides.

Par ailleurs, le 23 décembre dernier, Wided Bouchamaoui a rencontré le chef du gouvernement, en marge du dialogue national sur le secteur agricole et de la pêche. Elle a déclaré alors que la centrale patronale avait accepté la proposition du gouvernement concernant l’augmentation salariale dans le secteur privé. Personne ne connaissait le montant de cette augmentation et personne n’en avait parlé, ni le chef du gouvernement ni la présidente du patronat. L’UGTT se précipite alors pour se féliciter de cette acceptation, mais en précisant en intox manifeste, que l’augmentation sera de 40 DT, comme elle le voulait.

Rappelons que le bureau exécutif élargi de l’UGTT et le groupement du secteur privé avaient annoncé, une série de grèves du secteur privé, au niveau des régions. Après celle de Sfax, une série de grèves auraient du être organisée dans le Grand Tunis mais aussi à Nabeul, Zaghouan, Sousse, Monastir et Mahdia, à Bizerte, Béja, Jendouba, le Kef, Siliana, Kairouan, Sidi Bouzid, Kasserine, Médenine, Gabès, Tataouine, Tozeur, Gafsa et Kébili.  Des grèves qui avaient été annulées quelques heures après l’attaque terroriste de Tunis qui a fait 12 morts et une vingtaine de blessés parmi les agents de la Garde Nationale.

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