C’est la deuxième alerte américaine lancé s’agissant de la Tunisie en moins de dix jours. Le 20 décembre dernier, l’ambassade américaine à Tunis avait conseillé à ses ressortissants d’éviter de fréquenter le centre commercial, Tunisia Mall, récemment ouvert aux berges du Lac 2, de crainte d’une éventuelle attaque terroriste contre l’établissement . Conséquences : déploiement sécuritaire intensif mais un record dans le nombre de visiteurs. Huit jours plus tard, soit le mardi 29 décembre 2015, le Département d’Etat américain revenait à la charge pour alerter ses ressortissants et du même coup les autorités tunisiennes sur une possible attaque terroriste à l’occasion des fêtes de fin d’année. Dans une alerte, sans doute de trop, les USA ont sonné le tocsin, mettant en garde les citoyens américains contre les risques de voyage en Tunisie, leur recommandant de faire preuve d’une extrême prudence dans les lieux publics et d’être attentifs à la possibilité d’enlèvement. Mais pourquoi ? De quelles informations bien spécifiques disposeraient les Américains pour alerter sans cesse contre la Tunisie ?
Quelles qu’en soient les raisons, les USA auraient dû prendre en considération le contexte de la crise qui frappe de plein fouet la Tunisie. Le terrorisme est un phénomène international. Il frappe là où on ne l’attendait pas. Il a touché sans avertir plusieurs pays du monde avec des attentats sans discrimination de lieux et de victimes . Rappelons-nous de la fusillade qui a eu lieu le 2 décembre à l’Inland Regional Center, un centre social au service des personnes handicapées, à San Bernardino, en Californie (Etats-Unis) où au moins 14 personnes sont mortes. En France aussi, l’année 2015 a été ponctuée d’attaques terroristes avec un bilan de 148 personnes tuées. Et pourtant, la Tunisie n’a jamais alerté ses ressortissants dans aucun pays de ces pays. Bien qu’il soit l’ennemi de toutes les nations, il faut savoir vivre avec le terrorisme.
La Tunisie attend avec impatience que son tourisme reprenne son rythme d’antan pour capitaliser sur les fêtes de fins d’année. Or, de tels avertissements pourraient enfoncer encore plus le pays dans le chaos notamment à l’approche des fêtes du nouvel an, que nombre de touristes viennent célébrer en Tunisie. D’ailleurs, des sources algériennes ont déjà annoncé qu’un nombre important de touristes algériens ont choisi la Tunisie pour y passer les fêtes de fin d’année . La police des frontières algériennes a enregistré jusqu’au mardi 29 décembre 2015, l’entrée en Tunisie de 5 mille voitures transportant 14 mille personnes venant de l’Algérie.
Le nombre d’Algériens qui se sont rendus en Tunisie à l’occasion des fêtes de fin d’année pourrait toutefois atteindre les dizaines de milliers , rapporte la même source.
Quant à lui, le commissaire régional au Tourisme Djerba/Zarzis, dans une déclaration au journal Achourouk dans son édition de ce mercredi 30 décembre 2015, annoncé que le nombre des réservations enregistrées à ce jour dans les hôtels de Djerba est estimé à 3000 et il est prévu qu’il atteindra 6000 à l’occasion des fêtes de fin d’année.
On comprend dès lors d’autant moins les alertes à répétition du Département d’Etat américain qui vient d’avertir ses ressortissants sur les risques de voyage en Tunisie, leur recommandant de maintenir un haut niveau de vigilance à la lumière des récentes attaques terroristes contre des sites fréquentés par les touristes ainsi que contre les forces de sécurité dans le centre de Tunis. Le gouvernement tunisien a montré son engagement de répondre aux préoccupations en matière de sécurité et a visiblement augmenté sa présence dans les zones touristiques, mais des défis persistent et la menace du terrorisme reste élevée, souligne le ministère US des Affaires étrangères.
Il recommande à ses ressortissants de faire preuve d’une extrême prudence dans les lieux publics qui sont visités par un grand nombre d’étrangers, tels que les hôtels, les centres commerciaux, les sites touristiques et les restaurants, et d’être attentifs à la possibilité d’enlèvement.
Des mouvements de protestation, des manifestations et des troubles civils peuvent se produire sans préavis à travers le pays. Les citoyens américains devraient éviter les grandes foules et les manifestations, car même des manifestations destinées à être pacifiques ont le potentiel de devenir imprévisibles, avertit le Département d’Etat qui rappelle cependant que les dernières manifestations importantes qui ont eu lieu en Tunisie pendant l’été 2013 étaient non-violentes et guère dirigées contre les citoyens américains ou étrangers. Les citoyens américains sont appelés à être conscients du sentiment antiaméricain et antioccidental habitant plusieurs groupes dans le pays. Les citoyens américains doivent également être vigilants et conscients de leur environnement. Les voyageurs devraient surveiller les événements locaux, signaler toute activité suspecte à la police locale, et prendre des mesures appropriées pour renforcer leur sécurité personnelle.
Le Département d’Etat recommande à ses ressortissants qui envisagent des déplacements à l’intérieur du pays d’évaluer les conditions locales et les routes lors de l’élaboration des plans de voyage. En particulier, tous les voyages au sud de la zone militaire dans le Sud doivent être coordonnés à l’avance avec les autorités tunisiennes. Ainsi, le voyage à la frontière devrait être évité, si possible, étant donné les incidents de sécurité périodiques le long des régions frontalières, y compris la région du mont Chaambi près de la frontière algérienne, où les opérations de sécurité se poursuivent contre les extrémistes armés. La Garde nationale tunisienne encourage les personnes voyageant dans le désert à signaler à l’avance leur déplacement.








