Tunisie-Municipales 2018 : Ennahdha dans l’euphorie et Nidaa dans l’autisme et le...

Tunisie-Municipales 2018 : Ennahdha dans l’euphorie et Nidaa dans l’autisme et le déni

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Les résultats annoncés , dimanche 6 mai 2018 par l’Instance Supérieure Indépendante pour les Élections,   concernant le taux de participation des électeurs tunisiens aux municipales 2018, ont montré que les Tunisiens et les Tunisiennes ont sanctionné les partis et ont massivement abandonné les bureaux de votes dans les 24 gouvernorats de la République.

Interrogé ce lundi 7 mai 2018 par Africanmanager sur  les causes de la faible affluence des électeurs aux bureaux de vote, le député et dirigeant au sein d’Ennahdha, Abdellatif Mekki a tenu à préciser que plusieurs facteurs sont derrière la réticence des Tunisiens à se rendre aux urnes. Il a accusé certaines parties de travailler d’arrache-pied afin de faire échouer les élections municipales.Ces derniers se considèrent, selon lui, comme victimes de la Révolution et ils ont convaincu et influencé beaucoup de gens de l’inefficacité et de l’inutilité de vote.

Pour sa part,  Khaled Chawket, dirigeant à Nidaa Tounes, a affirmé que celui qui renonce à son droit et devoir national n’a pas de rôle dans la vie politique, et que de toutes les  façons “les municipalités auront toujours quelqu’un pour les gérer”, a-t-il dit.

Chawket a par ailleurs indiqué que plusieurs facteurs sont derrière cette réticence, citant la non satisfaction des Tunisiens du travail du gouvernement, du rendement de la classe politique, notamment de l’Assemblé des Représentants du Peuple (ARP), la non stabilité partisane et les changements qui ont eu lieu à travers le tourisme partisan et parlementaire. “Tous ces facteurs”, explique le membre de Nidaa Tounes, “créent un crise de confiance entre la classe politique et le citoyen”.

Sur un autre volet, il a réitéré son regret de ne pas voir les Tunisiens exprimer leur mécontentement à travers les urnes : ” La réticence peut retarder d’autant le processus de la transition démocratique”, a-t-il précisé.

Il a en outre souligné que les partis politiques sont appelés à méditer ce message négatif, leur rappelant leur rôle d’encadrer les citoyens et les inciter à s’intéresser à tout ce qui se passe dans le pays :  “Les partis politiques, y compris Nidaa Tounes, sont appelés à écouter les messages des citoyens qu’ils soient positifs exprimés, via les urnes, ou négatifs par l’abstention”, a-t-il ajouté.

De son coté, le député de Nidaa Tounes, Mongi Harbaoui a considéré que  le faible taux de participation aux élections municipales  s’explique par la non satisfaction des revendications sociales et économiques, la distorsion systématique ou non du travail des politiciens et des partis politiques et une crise de confiance sans précédent entre les Tunisiens et les partis politiques.

Harbaoui a également évoqué le grand nombre des partis politiques dont le nombre a atteint aujourd’hui plus de 110.

Il a par ailleurs indiqué que son parti n’est pas surpris par le taux de participation au scrutin :  ” Ce taux nous semble très logique voire même identique à celui obtenu dans les grandes démocraties, de plus qu’il s’agit d’une première expérience en Tunisie post-Révolution”, a-t-il expliqué.

Le député de Nidaa Tounes a également pointé de doigt la non implication des médias tunisiens dans les campagnes électorales à cause de la loi de la Haica et de l’ISIE : ” Aucune campagne électorale ne pourra réussir sans médias “, a assuré Harbaoui avant d’ajouter que les médias ont un rôle important à jouer dans la sensibilisation des citoyens.

On rappelle que les élections municipales 2018 ont eu lieu le 6 mai 2018 sous la supervision de l’Instance supérieure indépendante pour les élections. Le taux de participation générale des électeurs a atteint 33,7%.

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