AccueilLa UNETunis : L’affaire Slim Chiboub, un «dédale d’aberrations», selon les avocats

Tunis : L’affaire Slim Chiboub, un «dédale d’aberrations», selon les avocats

Visiblement ulcérés par le sort réservé par la justice à leur client, les avocats de Slim Chiboub, constitués en un collectif de défense, ont décidé de prendre à témoin l’opinion publique et lui expliquer les « vrais » tenants et aboutissants du procès qui est intenté au gendre du président déchu Ben Ali, incarcéré à la prison de Mornaguia depuis dix mois et quelques jours.

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C’était au cours d’une conférence de presse tenue ce vendredi dans un hôtel de la capitale, en présence de nombreux journalistes et  avocats ainsi que de siens amis du prévenu, venus lui témoigner leur solidarité dans une affaire où, croient-ils dur comme fer, Slim Chiboub est la victime toute désignée d’un arbitraire qui n’a plus sa place dans un pays où la liberté et la justice sont célébrées comme des valeurs certes relativement nouvelles mais qui tirent leur essence de la Constitution et dont le bénéfice doit rejaillir sur tous les citoyens tunisiens et d’abord les justiciables d’entre eux, sans discrimination aucune.

Dès l’abord, les avocats ont expliqué que s’ils ont décidé de sortir de leur silence observé dès le départ, plus est, dans des affaires en cours d’instruction, c’est parce qu’ils ont constaté que ces dernières sont entachées d’une multitude d’aberrations, dont la première tient au fait que leur client est maintenu en détention préventive plus que de raison, plus précisément au-delà des délais prescrits par le code de procédures pénales. Ils rappellent que Slim Chiboub est incarcéré depuis le 18 novembre 2014 en vertu d’un mandat de dépôt émis par le juge d’instruction du pôle judiciaire financier reconduit six mois après pour quatre autres mois, soit un total de 10 mois, ou  300 jours, le mois étant comptabilisé comportant 30 jours par le code des procédures pénales. Normalement, le prévenu devait être libéré au terme de ces 300 jours comme le stipule la loi, c’est-à-dire le 15 septembre à minuit, mais rien de tel n’est intervenu, et Slim Chiboub est gardé en détention, « séquestré et otage », affirme le collectif de défense qui crie à la violation de la loi et à l’atteinte aux droits du justiciable.

Ils soulignent, au demeurant, que rien ne justifie la détention provisoire de leur client, invoquant le fait  que l’infraction dans le cas de l’espèce n’est pas susceptible de provoquer un trouble exceptionnel et persistant à l’ordre public auquel la détention est l’unique moyen de mettre fin, outre le fait  qu’il n’y a aucune crainte que le prévenu soit tenté de se soustraire à la justice en prenant le fuite, une fois remis en liberté. D’’autant, soutiennent-ils, que Slim Chiboub est poursuivi, au titre de toutes les affaires instruites à son encontre, sur des soupçons de trafic d’influence et qu’il est indemne d’accusations telles que la corruption, le détournement de deniers publics, l’acquisition illégale de biens publics, l’obtention de crédits sans garanties…

Le refus récurrent de la remise en liberté dû à un seul et même juge

Dans le catalogue des griefs formulés à l’encontre de la justice, les avocats de Slim Chiboub donnent la part belle au président de la chambre de mises en accusation de la cour d’appel de Tunis auquel il est reproché d’être toujours le même qui siège chaque fois que cette juridiction est appelée à se prononcer sur une demande de mise en liberté, et surtout de la rejeter, quitte à ce qu’il soit rappelé de congé pour venir officier. Ils y voient un acharnement injustifié, alors  que, en droit pénal, le principe est la liberté et l’emprisonnement l’exception. Le collectif de défense dit ne pas comprendre, ce faisant, les motivations derrière la constance du magistrat à rejeter, à trois reprises, les demandes de libération conditionnelle, d’autant moins que Slim Chiboub est disposé à verser l’éventuelle caution exigée et même à s’engager à verser 10 millions de dinars sur son compte en Suisse.

Des « officines » qui s’activent dans l’ombre !

Par-delà ces péripéties purement juridiques, les avocats de Slim Chiboub soupçonnent des « officines qui œuvrent  dans l’ombre » pour que  leur client reste à l’ombre. Ils n’ont pas précisé de quelle camarilla il s’agit, mais en ont appelé au président de la République, au chef du gouvernement et au ministre de la Justice d’en démasquer les acteurs.

Enfin , le collectif de défense s’émeut que Slim Chiboub soit traité autrement que le commun des justiciables, affirmant qu’il est jugé à l’aune de ce qu’il est et non de ce qu’il a fait, y voyant une grave entorse à l’administration de la justice qui a vocation à être « impartiale, équitable, sereine et indépendante ». Pour autant, les avocats n’ont nullement l’intention d’internationaliser l’affaire même s’ils disent disposer de relais à l’étranger pour pouvoir le faire, pas plus qu’ils ne projettent de former un pourvoi auprès de la Cour de cassation pour obtenir gain de cause, au motif que la jurisprudence de la haute cour dans le cas de l’espèce, ne peut être mise en jeu que si la procédure a été irrégulière ou les règles de droit mal appliquées.

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