Tunisie-Document de Carthage : Un autre moratoire sur Youssef Chahed

Tunisie-Document de Carthage : Un autre moratoire sur Youssef Chahed

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Présentée comme la dernière du Document de Carthage, la réunion tenue ce vendredi sous la présidence du chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi en sera la pénultième, l’avant-dernière de la série, puisque les signataires ont convenu de se retrouver lundi prochain pour s’efforcer de trancher l’épineuse question de changement du gouvernement ou le « point 64 » sur lequel buttent les discussions. C’est la seule et unique pierre d’achoppement qui subsiste alors que les 63 autres points discutés au sein de la commission des experts et ailleurs ont été approuvés et il s’y attache désormais l’autorité de la chose décidée. Le président de la République a dit espérer y ajouter d ‘autres si l’opportunité lui avait offerte de participer à la formulation du Document de Carthage 2.

Sur le sujet qui fâche, celui du point 64, BCE s’interdit de parler de différend, pour préférer une « divergence d’interprétations », sur la question de savoir ce qui doit être entendu par le changement du gouvernement et est-ce qu’il vise le chef du gouvernement Youssef Chahed. En tout cas, il est plus que certain à cet égard que ce dernier bénéficie du soutien total du mouvement Ennahdha. Rached Ghannouchi l’a affirmé sans ambages en soulignant que son parti s’en tient à sa position qui appelle à la nécessité de mettre en place le programme qui sera appliqué par l’actuel gouvernement dirigé par Youssef Chahed, moyennant un certain nombre de changements de titulaires de portefeuilles ministériels, selon ses dires.

De quelque parti qu’ils se réclament, les signataires ont été appelés par Béji Caïd Essebsi à  trancher le point litigieux relatif au remplacement du chef du gouvernement « dans le respect et tout en tenant compte de la situation difficile que vit le pays ». Il a affirmé vouloir éviter d’évoquer le remaniement ministériel dans la mesure où le plus urgent consiste, avant tout, à mettre au point un plan de réforme. En cas d’absence d’accord, le président de la République propose le report des concertations après le mois de Ramadan.

BCE se garde d’intervenir

On retiendra surtout de l’allocution du chef de l’Etat le souci affiché qu’il se garde d’intervenir dans la question du changement du gouvernement qu’il avait déjà jugée, la semaine dernière « secondaire » au regard de la politique que ce gouvernement sera chargé de mettre en œuvre. BCE est revenu ce vendredi à la charge pour assurer que, en tant que président de la République, « il n’a aucun rôle à tenir dans le changement du chef du gouvernement, ni l’intention d’empiéter sur les prérogatives du parlement tel que colporté par certaines parties ».

Au demeurant, il a pris soin de rappeler qu’il est « le détenteur d’une autorité originelle, étant élu par le peuple et conformément à la Constitution qui stipule la vocation civile de l’Etat et guère d’autres références ». C’est pourquoi il a insisté pour que la question de changement du gouvernement passe par le Parlement comme le prévoit la Constitution. En revanche, le chef de l’Etat se réserve le droit, comme il l’a précisé, d’intervenir dans deux cas bien déterminés. Le premier, c’est celui de la vacance de la fonction de chef du gouvernement, due notamment à la démission du locataire de la Kasbah. Le second cas se pose suite au rejet du vote de confiance sollicité par le chef du gouvernement auprès de la Représentation nationale, auquel cas le président de la République intervient pour qu’il soit pourvu à la vacance de la Primature, « uniquement en proposant un nom pour la fonction de chef du gouvernement », a souligné Béji Caïd Essebsi.

Réunion « ouverte »

En tout cas, la réunion de la Commission des présidents des partis et des secrétaires généraux des organisations signataires du Document de Carthage restera ouverte jusqu’à lundi pour laisser le temps aux parties prenantes de cette réunion de consulter leur structure respective pour donner une position définitive au sujet du 64e point litigieux du Document de Carthage 2 et relatif au remaniement gouvernemental.

” Tous les points du Document de Carthage 2 ont fait l’objet de consensus, à l’exception de ce 64e point qui jusque-là fait polémique “, a déclaré la porte-parole de la présidence de la République, Saïda Garrache, à l’issue de la réunion de la Commission des présidents. ” La polémique porte sur la question de savoir si le remaniement gouvernemental va inclure ou non le chef du gouvernement “, a-t-elle précisé. En l’absence d’un consensus autour de ce point, Caïd Essebsi a jugé judicieux de reporter les concertations autour de cette question après le mois de Ramadan.

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