AccueilLa UNETunisie : Les analystes israéliens ne croient pas trop à la piste...

Tunisie : Les analystes israéliens ne croient pas trop à la piste du Mossad

Le meurtre de l’ingénieur aéronautique tunisien Mohamed Zouari n’est pas près de livrer ses secrets comme c’est le cas dans pareilles affaires, où, plus est, les services secrets israéliens sont impliqués. L’enquête continue et huit individus de nationalité tunisienne ont été arrêtés, alors que deux autres suspects, un Tunisien et un Belge d’origine marocaine, sont toujours recherchés.

Le porte-parole des tribunaux de Sfax et substitut du procureur général près de la cour d’appel, Mourad Turki, interrogé sur une éventuelle implication du Mossad dans cette affaire, relayée sur les médias et les réseaux sociaux en Tunisie, a indiqué qu’il n’y a pas d’indice qui corrobore cette thèse.

Mais les médias arabes, tunisiens et autres, pensent avoir des raisons suffisantes et pertinentes d’accuser le Mossad d’être responsable de l’assassinat de l’ingénieur tunisien, retrouvé criblé de balles à Sfax. Les soupçons pesant sur les services secrets israéliens sont appuyés par le fait que Mohamed Zouari avait partie liée avec les Frères musulmans et le mouvement palestinien Hamas. Celui-ci a reconnu samedi que l’ingénieur de 49 ans était membre de son aile militaire, alors que, selon d’autres sources, il était en contact avec Hezbollah.

Certains commentateurs israéliens, en particulier ceux de la chaîne Channel 10, souscrivent à la piste du Mossad, mais, au fil des jours, les milieux israéliens commencent à douter que l’opération de Sfax soit l’œuvre d’espions et d’assassins, comme l’affirme le « Jerusalem Post ». Il invoque les témoignages recueillis sur les lieux du crime par la police tunisienne pour dire que l’auteur ou les auteurs n’ont pas agi avec le professionnalisme qui a caractérisé les précédents assassinats de scientifiques iraniens et d’éléments de Hamas et du Hezbollah attribués au Mossad au cours de la dernière décennie.

Les photos prises de la scène du crime montrent clairement que les assassins ont arrosé la voiture de la victime de balles, tandis que les assassinats passés attribués au Mossad ont été effectués par des voitures piégées opérées par télécommande ou par empoisonnement. L’utilisation de pistolets avec des silencieux était le trait caractéristique des opérations du Mossad dans les années 70, 80 et jusqu’au milieu des années 90.

Selon d’autres rapports, une femme «journaliste» tunisienne qui disait vivre en Hongrie a pris contact avec Mohamed Zouari deux jours avant sa mort. Ceci est également très inhabituel et aurait pu susciter les soupçons de la cible et mettre en danger l’ensemble de l’opération.

En outre, les enquêteurs tunisiens ont révélé avoir trouvé deux fusils avec silencieux et quatre voitures de location utilisées par les auteurs. Laisser derrière soi ces éléments de preuve tangibles est synonyme de négligence dont on ne connaît pas de précédents au Mossad, à moins que ces objets aient été laissés dans le but d’incriminer des innocents et dissimuler les véritables auteurs.

Encore, Zouari a quitté la Tunisie dans les années 90 sous la pression du gouvernement pour émigrer en Syrie, où il a commencé à travailler pour le Hamas. En 2011, après la révolution qui a apporté la démocratie en Tunisie, il est retourné dans son pays natal et a ouvert un établissement où il enseignait comment développer et assembler de petits drones.

D’après certaines sources           médiatiques, Mohamed Zouari a également travaillé pour Hezbollah. Une affirmation étrange, soutiennent maints analystes et experts en sécurité israéliens, rappelant que Hezbollah est soutenu par l’Iran qui a un programme de drones très développé, et il est peu probable que le mouvement chiite libanais ait besoin d’un ingénieur tunisien pour développer ses drones.

Enfin, le processus de prise de décision dans les opérations spéciales est très compliqué. Il comprend des volets et des considérations diplomatiques. Surtout, le souci y est prioritaire de minimiser les risques et de ne pas mettre en danger la vie des agents chargés d’exécuter l’opération. Le tout nécessitant le feu vert du premier ministre israélien.

- Publicité-

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Réseaux Sociaux

108,654FansJ'aime
480,852SuiveursSuivre
5,135SuiveursSuivre
624AbonnésS'abonner
- Publicité -