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Tunisie : L’huile d’olive, encore plus de blé grâce à la BERD et la FAO

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La Tunisie a conquis le statut de grand exportateur d’huile d’olive, aux côtés de l’Italie et de l’Espagne, et les oléiculteurs du pays n’ont de cesse d’engranger des dividendes de la production de l’huile d’olive extra vierge de haute qualité. Cela les aide à devenir plus compétitifs, alors que l’huile d’olive tunisienne est également reconnue à une large échelle dans le pays autant qu’à l’étranger, selon la Banque européenne pour la reconstruction et le développement.

D’ailleurs, la BERD et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) œuvrent en étroite collaboration pour soutenir cette ambition et aider les producteurs – des petites fermes biologiques aux grandes entreprises industrielles – à adopter des pratiques de pointe.

«Nous sommes dans le secteur de l’huile d’olive depuis 1988 et employons jusqu’à 300 cueilleurs pendant la saison des récoltes, nous sommes donc un acteur bien établi dans le secteur», a déclaré le propriétaire de la Société de Développement et de Production Agricole (SODEPA), Fathi Kanzari, cité par « The Financial ». «Les sessions de formation ont aidé notre directeur technique à apprendre de nouvelles astuces et tendances qui nous ont rendus encore plus efficaces.»

La quête de la qualité

La contribution de la BERD et de la FAO inclut une formation pour diffuser les connaissances sur les pratiques durables et aider les producteurs à obtenir une huile d’olive de qualité. Cela a permis à plus de 100 oliveraies et huileries de rendre leurs entreprises plus compétitives. La formation a permis a fourni l’opportunité de dispenser des conseils sur l’ensemble du cycle de production, allant de la gestion des oliveraies et de la récolte, au processus de trituration et aux besoins de stockage.

Utiliser des filets aérés entourant l’arbre (pour que les olives ne se dégradent pas au soleil), conserver les olives dans des récipients ouverts et les transporter immédiatement à l’usine de trituration, ce ne sont là que quelques exemples de conseils qui peuvent aider à obtenir un breuvage de haute qualité. Il y a beaucoup de choses à surveiller pendant la saison des récoltes, y compris le contrôle des ravageurs, qui peut souvent être fait à peu de frais. «Nous essayons toujours de rester à jour avec les dernières techniques et d’appliquer les meilleures pratiques tout au long du cycle, du début à la fin», explique l’oléiculteur.

« The Financial », qui souligne qu’il y a un potentiel dans toute la Tunisie pour produire de l’huile d’olive extra vierge conférant une valeur ajoutée au produit, cite l’exemple d’une oléicultrice qui gère une petite oliveraie produisant entre 10 000 à 15 000 litres d’huile bio par an. Son défi est d’assurer une production bio tout au long du cycle, de la récolte à la mise en bouteille. «La formation m’a permis d’améliorer mes connaissances sur la lutte antiparasitaire et la gestion des maladies pour le système d’oléiculture biologique», a-t-elle indiqué.

Les sous-produits, une mine de richesse

Le savoir-faire, c’est aussi les techniques qu’il importe d’utiliser pour améliorer la fertilité des sols en tirant parti des sous-produits à des fins de compostage, lesquels peuvent être réutilisés durablement. Les branches tombées et les brindilles peuvent servir de compost pour le sol autour des arbres. Les margines, ou eaux de végétation, des effluents issus de l’extraction de l’huile d’olive, peuvent être utilisées comme engrais pour les oliveraies. Enfin, les noyaux, une fois séparés de l’huile sont voués à une retraite sous les latitudes de la glaciale Scandinavie. Comprimés en briquettes de chauffage, ils fourniront de l’énergie industrielle et garderont les maisons chaudes pour ceux qui vivent dans des climats plus froids. L’utilisation de tous les sous-produits est économiquement rationnelle, car elle permet de réduire considérablement les coûts et de générer des revenus supplémentaires. Grâce à la débrouillardise et aux connaissances acquises, les oléiculteurs produisent de l’huile d’olive de meilleure qualité. Cela signifie un meilleur produit pour les consommateurs et un potentiel pour les producteurs d’engranger des profits plus élevés.

L’huile d’olive, vitale pour l’économie nationale

Le projet est soutenu par des fonds provenant du Compte multi-donateurs du Sud et de l’Est de la Méditerranée (SEMED) relevant de la BERD, regroupant l’Australie, la Finlande, la France, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède et Taiwan.

La BERD et la FAO ont également mené des discussions structurées avec toutes les parties prenantes du secteur, des petits agriculteurs, des huileries et des exportateurs aux représentants du gouvernement, ce qui aidera à orienter et guider les activités des deux organisations. Une conférence de haut niveau, tenue à Tunis en novembre 2017, a réuni 100 acteurs de l’industrie pour discuter de l’innovation, des nouvelles technologies et de l’importance de la qualité dans le cadre d’une stratégie commerciale. Le secteur – avec l’aide de la BERD et de la FAO – s’attachera désormais à s’attaquer aux principales contraintes telles que l’organisation, la traçabilité et la certification, l’accès au financement à long terme et un environnement politique favorable.

« Le secteur de l’huile d’olive cultive un énorme potentiel en Tunisie. C’est pourquoi la BERD travaille avec divers producteurs pour développer leurs activités, ce qui crée de nouvelles opportunités économiques », a déclaré Antoine Sallé de Chou, directeur du bureau de la BERD en Tunisie. «Notre coopération avec la FAO a vocation à développer des pratiques durables dans le secteur sur le long terme, tout en préparant les entreprises locales à investir dans sites et équipements de production».

Lisa Paglietti, économiste et chef de projet à la FAO, met l’accent, pour sa part, sur le fait que l’huile d’olive est vitale pour l’économie de la Tunisie au sens large. « Elle peut ajouter de la valeur au niveau local, développer des industries et des services complémentaires, tels que le tourisme, et soutenir la création d’emplois ruraux », a-t-elle expliqué.

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