Tunisie-Tourisme : La relance est là, et elle va s’étoffer

Tunisie-Tourisme : La relance est là, et elle va s’étoffer

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C’est assurément la première fois depuis plus d’un lustre que le tourisme tunisien reprend des couleurs si inédites et surtout rassurantes mettant fin à une traversée du désert amorcée avec la révolution et ponctuée plus tard d’attaques terroristes qui ont terrassé un secteur auquel le pays doit 7% de son PIB. Certes, il y a eu l’embellie de 2014, avec ses 6,7 millions de touristes venus en Tunisie, mais l’élan n’a pas été maintenu contrairement à ce que ce sera le cas en 2018 comme s’y attend l’agence de recherche et d’analyses de données, basée à New York, Counter Intelligence Retail (CiR). D’après la dernière analyse de son Département données, Business Lounge, la Tunisie devrait enregistrer une reprise du trafic passagers et du tourisme au cours des six prochains mois, grâce à la diminution des craintes sur la sécurité, confirmant ainsi les rapports antérieurs faisant état d’un rebond du tourisme vers la région d’Afrique du Nord, en particulier la Tunisie et l’Egypte.

Plus spécifiquement, l’activité touristique en Tunisie devrait augmenter de + 9,0% au cours des six prochains mois (entre novembre 2017 et mars 2018). Les flux en provenance de l’Europe sont particulièrement prometteurs et devraient augmenter de + 10,4%, la plus forte hausse devant être enregistrée en Allemagne (+ 34,1%), suivie par la France (+ 14,6%). Quant au trafic passagers, il devrait progresser de 12,9% durant le prochain semestre.

Ces perspectives positives valent aussi pour la région au cours des six prochains mois. «  Bien que la région nord-africaine ait souffert ces dernières années de l’activité terroriste largement médiatisée, comme l’attaque de la plage de Sousse en Tunisie en 2015 et l’attentat à la bombe contre un avion de ligne russe de Saint-Pétersbourg à Sharm El Sheikh la même année , la confiance dans la région revient », affirme Garry Stasiulevicuis, fondateur et président de CiR. «Les conditions dans les pays touchés s’améliorent et les craintes de sécurité semblent s’apaiser, offrant une bouée de sauvetage aux entreprises de tourisme et de duty free de la région qui sont aux abois.». Pour l’Afrique du Nord dans son ensemble, la capacité annuelle des vols au départ des aéroports, en hausse de + 5% pour 2017, affichera une augmentation additionnelle de + 8% attendue sur les quatre premiers mois de 2018.

Embrayer sur 2017

Comme on peut le voir, le tourisme tunisien ne devrait pas être en peine d’embrayer sur les résultats alignés en 2017 bien qu’encore insuffisants, pour négocier une reprise pérenne, qui capitalise sur « 2017, une année de relance réelle », comme le dit la ministre du Tourisme, Selma Elloumi, qui se félicite que « nous [ayons] repris notre place dans les marchés traditionnels », le marché européen essentiellement, et le marché français en particulier. Quelque 1.631.000 d’Européens sont venus en Tunisie durant les 11 premiers mois de 2017. Les Français y arrivent en tête, avec 535.000 visiteurs, une croissance de 46,8% sur un an, suivis par les Allemands (plus de 173.000). C’est une remarquable progression qui rejoint, celle de plus grande envergure, des 3,4 millions de touristes maghrébins qui ont visité la Tunisie en 2017, dont plus de deux millions d’Algériens (+42%).

Derrière cette relance, une reprise de confiance des visiteurs, dont la perception des risques sécuritaires s’est grandement améliorée, estompant les inquiétudes qui les habitaient suite aux attentats terroristes de 2015, ce qui a fait dire à Elloumi que « la sécurité a atteint un niveau plus qu’acceptable et nous avons obtenu la levée de toutes les interdictions de voyage sur la Tunisie ». Exception cependant faite du marché britannique dont les flux n’ont pas encore renoué avec la cadence d’antan malgré la satisfaction des exigences du Foreign Office très sourcilleux sur les mesures de sécurité dictées à la Tunisie et qui ont été assidûment mises en place à la satisfaction des autres marchés européens.

Les ingrédients d’une pertinente relance sont en fait, généralement réunis, mais l’essentiel qu’il importe de faire tient à la nécessité de ne pas lâcher prise et de s’échiner à construire une architecture multidisciplinaire où il n’y aura nulle place au hasard et au relâchement, assortie d’une vision fondamentalement autre que celle qui régentait jusqu’ici le secteur du tourisme, et ce au travers d’une modernisation des concepts, d’une rigueur sans faille dans la mise en œuvre des stratégies, dont certaines sont à inventer.

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