Condamné à de la prison ferme dans une affaire de possession illégale d’arme à feu, Slim Chiboub, gendre de l’ancien président tunisien, était rentré à Tunis à l’aube du 18 novembre 2014. Réfugié aux Emirats et qui niait avoir fui la Tunisie affirmant avoir été en Libye avant le 14 janvier 2011, il était arrivé à l’aéroport d’Enfidha à bord d’un avion privé «appartenant à l’un de ses amis » disent ses avocats, prêt à se présenter devant la justice «pour répondre des actes qui lui sont reprochés » comme il l’avait déclaré dans divers médias notamment étrangers.
Ce retour avait été précédé de plus d’une sortie médiatique sur les écrans tunisiens. Selon le collectif d’avocats de l’ancien président du club de football de la capitale tunisienne, ce retour se serait fait de plein gré, «convaincu de l’équité de la justice tunisienne», et devait aboutir à sa relaxe dès sa comparution devant les juges. Chiboub avait, auparavant et par le biais de ses avocats tunisiens, fait opposition des jugements prononcés contre lui dans deux affaires sous l’accusation de port illégal d’arme.
Atterri, loin de tout supporter ou badaud comme le voulaient certainement les autorités tunisiennes, il est directement conduit au tribunal de Tunis. Ce même matin du 18 novembre 2014, il écopera de 6 mois de prison ferme dans l’une et sera relaxé pour l’autre. Du tribunal de Tunis, il est ensuite conduit, selon un calendrier de rendez-vous convenu entre ses avocats et les juges, auprès du juge d’instruction pour d’autres affaires en instruction. Il en sortira en état de liberté. A 16 heures de la même journée, il est conduit au pôle judiciaire financier. A 20 heures 15 minutes, le juge émet à son encontre un mandat de dépôt et fut aussitôt incarcéré à la prison de Mornaguia. Il restera ainsi à la disposition de la justice pour l’affaire dite de la «Steg-Alsthom». Il lui est fait accusation, aux termes de l’article 92, d’avoir tiré profit de contrat conclu entre les deux entreprises pour la centrale électrique de Rades, sur lequel l’homme d’affaires aurait pris une commission. Un contrat qui aurait pourtant été fait, selon les avocats de Slim Chiboub, dans les normes et dont la Steg aurait même tiré un grand avantage financier.
- Trois demandes de mise en liberté, toutes rejetées par le même président de la même chambre.
«Le juge d’instruction et c’est son droit, a estimé que Chiboub doit être mis aux arrêts. Ses avocats ont fait appel de cette décision et leur demande de mise en liberté a été rejetée une première fois et c’est normal. Au fil de l’instruction, le juge a été convaincu que le prévenu n’a aucune raison de s’enfuir puisque de retour volontaire en Tunisie pour faire face à la justice. Le parquet a cependant fait appel de cette deuxième décision de remise en liberté du juge d’instruction. Chiboub, est ainsi réincarcéré dans la prison de la Mornaguia. Nos demandes de remise en liberté de Slim Chiboub, déposées désormais directement auprès de la Chambre d’accusation, ont été rejetées trois fois de suite, par le même juge et toujours de la même chambre. C’est cela que nous ne comprenons pas. Pourquoi toujours le même juge, rappelé même lorsqu’il est en congé et dans la même chambre siégeant à part, même lorsqu’il y en a réunie de façon normale, le même jour en session estivale ? », se demande le collectif de ses avocats tout en reconnaissant cela à la justice.
- Chiboub a déjà fait procuration à l’Etat tunisien pour rapatrier 10 MDT de Suisse.
Des informations ont circulé, faisant état de la volonté de Slim Chiboub de payer 10 MDT sur son compte bancaire en Suisse, à titre de caution de sa mise en liberté provisoire. Selon son collectif d’avocats, ces 10 MDT en Suisse représentent des fonds, lui appartenant certes, mais sur lesquels la justice suisse a déjà statué. En présence de ses avocats et d’un huissier notaire, Chiboub a officiellement signé un acte de procuration en juillet dernier et avant le second refus de sa remise en liberté provisoire, au profit de l’Etat tunisien pour les rapatrier. Le collectif d’avocats, qui fait noter que cet argent n’a pas encore été retiré par l’Etat tunisien, fait suite à de premières discussions sur le montant d’une éventuelle caution pour une éventuelle remise en liberté provisoire, après le premier appel fait de la décision du juge d’instruction le mettant en liberté provisoire.
- Chiboub a dépassé les 300 jours en prison, sans que son mandat d’arrêt ne soit renouvelé.
Le «hic» dans toute cette affaire Slim Chiboub, toujours selon son collectif d’avocats qui devrait tenir un point de presse vendredi prochain et qui leur fait dire que «c’est une drôle d’affaire», réside dans les conditions d’arrestation du prévenu. «Il a été arrêté le 18 novembre 2014. Il reste 6 mois à la disposition de l’instruction. Il est possible au juge d’instruction de prolonger, deux fois chacune de 4 mois, ce mandat d’arrêt. Le mois étant légalement de 30 jours, le mardi 15 septembre à minuit, Slim Chiboub aura dépassé les 300 jours en prison sans que le mandat d’arrêt ne soit renouvelé une seconde fois comme le prévoit la loi», explique son collectif d’avocats qui se demande pourquoi ce déni des droits de l’homme pour le citoyen Slim Chiboub.









Un conseil à la famille Chiboub » CHANGEZ LES AVOCATS «
Il fait pitié le pauvre !!! il a toujours cru qu’il était plus intelligent que tout le monde !!! a t-il pensé à ces jours quand il sévissait dans tous les rouages du pays ????