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Tunis : Le Quintet de Carthage chasserait-il le Quartet de l’UGTT ?

Dans une nouvelle initiative, «Bajboujie» pourrait-on dire en référence  à Béji Caïed Essebssi,  le chef de l’Etat a réuni ce mardi 18 août 2015, les vrais protagonistes de la scène socio-économique de la Tunisie. Dans ce conclave, il y avait le chef de l’Etat, garant de la stabilité et de l’unité du pays, le chef du gouvernement, maître d’œuvre de la politique économique et sociale dans le pays, le président de l’ARP (Assemblée des représentants du peuple), chef d’orchestre d’un régime semi-parlementaire et les icones des deux principales organisations patronale et ouvrière. C’est en effet dans cette «marmite», et nulle part ailleurs, que se concocte quotidiennement le sort du pays et de sa cohésion  dépend son avenir. Elle fera certainement beaucoup politiquement jaser, mais l’initiative de BCE aura eu le mérite de le comprendre et de remettre les choses dans l’ordre qui doit être le sien.

Cette réunion, consacrée, nous dit-on à l’écoute des différents protagonistes du Quintet, où personne n’aurait essayé de «poéter plus haut que son luth» croit-on savoir, pourrait être suivie d’une seconde où des solutions aux doléances de chaque partie pourraient être apportées. Elle aura quand même eu le mérite, d’abord de se dérouler dans une atmosphère plus sereine, celle d’un palais de Carthage, une institution constitutionnellement et politiquement neutre, ensuite, de se tenir sous la houlette de celui qui est pour l’instant, que l’on soit pour ou contre BCE et que l’on soit «Nidaïste» ou de l’opposition, le seul sage-patriarche, par déférence pour lequel beaucoup de voix n’oseraient pas s’élever, et cela aide à bien réfléchir à l’avenir de la galère dans lequel ils sont tous et au même titre embarqués. C’est tout cela, à notre sens, qui expliquerait l’optimisme qui se serait lu sur tous les visages du Quintet à la sortie de la salle de réunion. Force est cependant de faire quelques remarques, sur le fond et la forme de cette réunion.

ü  La tenue d’une telle réunion, dans cette nouvelle conjoncture d’un gouvernement, né d’une coalition des partis vainqueurs d’élections libres et démocratiques, qui se retrouve en situation de bras de fer social face au premier protagoniste d’un ancien Quartet qui avait été jusque-là considéré comme le seul juge de paix de toutes les querelles, signe l’échec d’une institution où l’UGTT était juge et partie et avait eu toujours le dernier mot au nom d’une sacrosainte et indispensable stabilité sociale dont le prix a jusqu’ici beaucoup dépassé les capacités économiques et financières du pays. L’autre pilier (c’est ainsi que qualifiera BCE l’Utica en s’adressant à Wided Bouchammaoui, après avoir fait le même éloge à l’adresse du SG de l’UGTT) du Quartet n’avait eu que très peu de fois droit à la parole dans ses réunions et encore moins droit de cité dans l’autorité de cette institution.

ü  Il est peut-être trop tôt pour le dire, mais il n’est pas exclu que le nouveau Quintet chasse le Quartet, surtout que le communiqué issu de la réunion de ce premier «sommet à 5» de Carthage a porté l’annonce d’une prochaine réunion le 7 septembre prochain. Pour des raisons de neutralité, économique et sociale, ce ne serait pas une mauvaise chose à notre sens. Mais peut-être serait-il plus sage de dire que le Quartet de l’UGTT ne devrait avoir droit de cité dans des querelles qui n’ont plus rien de politique. Suivez notre regard !

ü  Sur le fond, il n’est pas inutile de rappeler que c’est réellement entre les seules mains du chef du gouvernement, Habib Essid, que pourraient se trouver toutes les solutions à toutes les questions évoquées devant le chef de l’Etat. Essid a certes été proposé  à ce poste par le chef de Nida Tounes, BCE en l’occurrence. Or, Essid ne s’est pas toujours conformé aux «instructions» de ce dernier. Sa réaction aux demandes explicites de BCE à la suite de l’opération terroriste de Sousse, au moins, le démontrent. Que le chef de l’Etat écoute les deux principaux protagonistes de la vie socio-économique du pays, ne veut absolument pas dire que le chef du gouvernement leur donne raison et leur apporte à chacun les solutions qu’il veut.

A quoi servirait donc cette réunion que des sources à Carthage hésitent à baptiser  «le sommet de Carthage», conscientes des foudres que cela pourrait attirer à BCE et à l’institution de la Présidence de la République ? Certainement à relancer un dialogue, chaotique, parfois schizophrène, populiste et autiste, entre le gouvernement et l’omnipotente centrale syndicale UGTT, depuis quelques mois dans un bras de fer syndical et une guerre de déclarations. Certainement aussi à réconcilier patrons et syndicat qui en étaient venus aux querelles verbales. Peut-être enfin, à faire entendre raison à tous les protagonistes sur l’urgence de la solution, qui ne peut-être d’abord qu’économique, sur une plateforme sociale équilibrée, et la nécessité de «faire contre mauvaise fortune bon cœur» et de faire bon usage de la galère où tout le monde est embarqué.

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