La réunion était très importante. Il s’agissait de revoter la confiance au chef du gouvernement, suite au tout premier remaniement qu’il introduit dans son gouvernement. Un remaniement que presque toute l’opposition et même une partie des députés de Nidaa Tounes qui est au pouvoir, à l’exception d’Ennahdha, avait beaucoup critiqué et pour certains mêmes refusé. Le chef du gouvernement, eut-il fait sa propre lecture d’une Constitution encore floue à ce sujet et décidé de ne pas se présenter devant l’ARP (Assemblée des représentants du peuple), les haros des députés auraient crevé tous les écrans des plateaux TV.
Et pourtant, la séance plénière du matin de ce 11 janvier 2016 n’avait pu se tenir qu’après un retard de 30 minutes «faute de quorum » précise l’ONG Bawsala. Une présence aussi d’uniquement de 163 députés sur les 217 qui se devaient d’être là, soit pour exprimer le plein soutien au gouvernement, soit pour s’opposer franchement aux nominations auxquelles il a procédé et l’obliger à corriger le tir. A la vue des différentes photos, prises sur le vif par l’équipe de «Marsed Majliss» (Observatoire de l’ARP), on se rend même compte qu’à l’exception des nouveaux candidats aux postes ministériels, la salle de la pépinière se vidait de plus en plus au fil des discussions.
Et pendant que la Plénière discute et palabre, nombre de députés n’avaient de présent que le corps. La plupart et notamment les députés femmes, préféraient les Smartphones auxquels elles étaient connectées, ailleurs que les soucis des Tunisiens qui les y avaient élues. D’autres, toujours des femmes, selon les photos de Bawsala, ouvraient carrément leurs PC portables disposés sur les pupitres de l’hémicycle. Et pourtant, cette assemblée coûte à la population presque 33 MDT par an. Dans cette assemblée qui ressemble plus à une école buissonnière qu’à une Agora de l’élite politique du peuple, coûte à ses électeurs la bagatelle de plus de 14,3 MDT rien qu’en primes de députés qui viennent «jouer» sur leurs PC et leurs smartphones au lieu de suivre les débats pour pouvoir voter, en toute âme et conscience et en ligne avec la volonté des électeurs.









