« Sur quelle base les députés de l’Assemblée nationale constituante ont voulu me retirer leur confiance ? Comment ont-ils signé une motion de censure à mon encontre », s’est exclamée Sihem Badi, ministre de la Femme et de l’Enfance, lors d’une conférence de presse tenue, ce mardi, 2 avril 2013, à la présidence du Gouvernement en soulignant qu’elle n’en voit pas les raisons d’autant plus que les députés ignorent tous les tenants et aboutissants de l’affaire du viol de la fillette de 3 ans. « J’aurais aimé que les élus à l’ANC me contactent pour avoir des détails sur l’affaire », a indiqué la ministre, en indiquant, cependant, qu’elle avait demandé, depuis le mois de janvier 2012, l’organisation d’une séance avec les députés désireux d’en savoir plus sur le programme de son ministère ». Toutefois, aucune réponse n’a été donnée à ce jour, selon elle. Et de s’interroger : « Quels dépassements vous me reprochez ? Une motion de censure doit être déposée suite à un travail d’investigation ».
En effet, suite à l’affaire de viol d’une fillette âgée de 3 ans, dans un jardin d’enfants de la Marsa, plusieurs accusations ont été lancées à l’encontre de la ministre de la femme, lui reprochant notamment de ne pas accomplir comme il se doit sa mission. Une motion de censure a été signée par environ 50 députés. Sihem Badi a été également accusée de laisser les choses traîner et d’avoir fait montre de beaucoup de laxisme face au phénomène de l’ouverture anarchique des jardins d’enfants.
Sihem Badi a affirmé que le secteur de l’enfance se trouve, aujourd’hui, face à plusieurs difficultés ayant trait au contrôle, à l’inspection et à la législation régissant le secteur. Et de préciser que plusieurs lacunes entachent le code de protection de l’enfance, évoquant la nécessité de le revoir.
La ministre a expliqué, également, que la formation dans les métiers de l’enfance demeure insuffisante et ne répond pas aux besoins actuels de la société. Elle a appelé à poser un diagnostic et élaborer une stratégie sur la situation de l’enfant pour la prochaine décennie. Elle a précisé, dans ce cadre, que le ministère est venu en aide, en 2012, à plus de 1500 enfants dans 6 gouvernorats prioritaires, et a pris en charge 40 enfants parmi les immigrants.
Elle a annoncé, en outre, le lancement dans les meilleurs délais de l’Instance indépendante pour les droits de l’enfant, précisant que toutes les procédures ont été achevées et qu’il ne manque que quelques détails d’ordre technique.
Elle a précisé également qu’elle a appelé, le 5 novembre 2012, à un conseil ministériel durant lequel plusieurs mesures ont été prises dont principalement la création de deux commissions dont l’une se chargera des études, des législations et des lois tandis que l’autre va s’occuper du suivi de la situation de l’enfance.
Au sujet du bilan du ministère en ce qui concerne les actes de violence et d’agression exercés à l’encontre des enfants, Sihem Badi a précisé que les bureaux des délégués de protection de l’enfant ont reçu, durant l’année 2012, plus de 5900 avis de dénonciation de violences exercées sur des enfants, a indiqué Sihem Badi. Elle a précisé, cependant, que ces notices reçues par les délégués de protection pourraient n’avoir aucun lien avec la réalité. 7 cas d’abus sexuels ont été enregistrés par les délégués de protection de l’enfance depuis l’année 2012 à ce jour, dont 4 cas d’abus sexuels dans les jardins d’enfants et 3 cas dans les centres d’enfance intégrés. Elle a ajouté que le nombre des jardins d’enfants non réglementaires est en augmentation continue et que le ministère en a fermé 18 en une semaine.
Elle a précisé enfin que le ministère, les autorités locales ainsi que toutes les parties concernées se sont mobilisés pour lutter contre ce phénomène. « On va résoudre les problèmes des jardins de l’enfant et des centres d’enfance intégrés. Cela n’est pas impossible mais pas par une baguette magique ». Selon la ministre, le phénomène d’ouverture anarchique des jardins d’enfants et des écoles coraniques devient aujourd’hui très inquiétant, précisant, par contre, que cela n’est pas de la responsabilité du ministère de la Femme uniquement mais aussi de celui de l’Intérieur, des autorités locales et du Premier ministère qui octroie les visas pour l’ouverture des jardins de l’enfant et des écoles coraniques.
Khadija Taboubi








