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Tunis : La Tunisie et l’Egypte décidées à aller de l’avant, autrement et d’Etat à Etat

Affranchies des stigmates de la proximité idéologique entre Ennahdha et les Frères musulmans, les relations tuniso-égyptiennes vont devoir  accéder au statut de relations d’Etat à Etat. C’est en tout cas l’ordonnance dans laquelle elles semblent s’articuler, surtout, telle est la volonté des dirigeants des deux pays visiblement très désireux d’aller de l’avant mais autrement.

La réunion Haute commission mixte qui vient de se tenir à Tunis, pour la première fois après une parenthèse de cinq ans, jointe aux décisions et aux mémorandums et accords signés apporte la démonstration que Tunis et le Caire sont  dans la posture qui leur permettent de construire un nouveau schéma de coopération essentiellement économique et plus encore commerciale. L’ambassadeur d’Egypte à Tunis vient d’annoncer la couleur en indiquant que les échanges commerciaux bilatéraux devraient être portés à 500 millions de dollars contre  317 millions$ en 2014.

Les opportunités existent qui plaident pour ce chiffre et même au-delà. Rencontrant ce mercredi les hommes d’affaires tunisiens, le Premier ministre égyptien, Ibrahim Mahlab les a encouragés à lancer des  projets d’investissement conjoints et à  bénéficier du climat de l’investissement en Egypte.

Il leur a parlé des  réalisations accomplies dans son pays, en premier lieu,  le nouveau canal de Suez, qui a été inauguré le 6 août dernier, précisant que le creusement de la nouvelle voie d’eau navigable n’est qu’une partie d’un projet plus vaste visant à développer la région du canal de Suez. Il a également évoqué le projet de logements avec à la clé un million d’unités résidentielles dans cinq ans, dont 200.000  devraient être construites dès la  première année. Enfin, il a affirmé que  le marché égyptien est un bon exportateur de matériaux de construction qui peuvent très bien être utilisés pour reconstruire la Libye une fois  stabilité y est de retour.

Le décor est planté avec 16 protocoles d’entente

Pas moins de 16  protocoles d’entente et  programmes exécutifs ont été signés à la clôture des travaux de la haute commission mixte tuniso-égyptienne. Ils portent sur  la coopération dans les secteurs de la bourse, la protection du consommateur, le contrôle des prix et les ressources hydrauliques. Un mémorandum d’entente a été également signé entre la Banque tunisienne de solidarité (BTS) et la Caisse sociale de développement en Egypte.

Peu de détails sont disponibles sur leur contenu et leurs mécanismes, mais l’agence de presse égyptienne MENA a fait état d’un accord sur la  reconnaissance mutuelle des certificats d’accréditation qui permettront une plus grande pénétration des produits tunisiens en Egypte.

Voilà un nouveau débouché qui s’offre aux opérateurs tunisiens en peine d’écouler leurs produits dans les pays voisins, en l’occurrence l’Algérie où les obstacles de maints ordres ne sont pas encore levés devant les produits tunisiens, et la Libye dont la situation politique et  sécuritaire est un écueil majeur qui n’est pas près de disparaître, du moins dans un avenir prévisible.

Et puis, il y a ce projet de créer un fonds d’investissement tuniso-égyptien avec la contribution d’une tierce-partie dont il a été question dans l’entretien  entre le ministre du Développement, de l’investissement et de la coopération internationale Yassine Brahim et son  homologue égyptien, Achraf Salmane. Un fonds qui aura vocation à contribuer au financement de projets privés en Tunisie et en Egypte ainsi que dans d’autres pays du Maghreb, de l’Afrique et de l’Europe.

Au demeurant, les deux interlocuteurs  ont appelé à la nécessité de diversifier la coopération bilatérale en mettant à profit le potentiel dont l’Égypte et la Tunisie disposent ainsi que le secteur privé, tout en passant en revue les mesures qui seront décidées concernant notamment la simplification des procédures, la création de zones économiques et de structures unifiées d’investissement, outre le renforcement de la gouvernance et du commerce tant intérieur qu’extérieur et surtout les fonds souverains, regardés comme mécanismes efficaces de financement des projets d’investissement.

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