Le ministre des Affaires sociales a appelé l’UGTT et l’UTICA à une trêve exprimant son refus de toute grève qui pourrait semer le désordre et plonger le pays dans un état chaotique.
Dans une déclaration radiophonique, Ahmed Ammar Younbai a par ailleurs nié l’existence des difficultés relatives aux négociations dans le secteur privé affirmant que son département ne pourrait intervenir que pour rapprocher les points de vue. C’est logique, car les négociations sont menées directement entre les deux organisations, a-t-il expliqué.
La position gouvernementale vient à un moment où le torchon commence à brûler entre les deux organisations à propos l’augmentation salariale dans le secteur privé.
La porte des négociations reste encore bloquée…
Comme explication, l’UGTT indiqué que la porte des négociations est toujours bloquée à cause de l’attachement de l’UTICA à des « conditions déloyales » d’autant plus elle n’a pas pris en considération l’érosion du pouvoir d’achat des employés du secteur privé.
Des syndicalistes comme Belgacem Ayari avaient attribué ce blocage à l’UTICA, qui « manque encore de sérieux » en traitant cette question. Ils en sont venus à brandir la menace d’une grève générale. « Le groupe du secteur privé au sein de l’organisation ouvrière a décidé un certain nombre de mesures et si l’UTICA ne prend aucune décision, nous entamerons si nécessaire, une grève générale dans le secteur privé dont la dimension sera historique », a-t-il averti.
Pour remédier à cette situation, le groupe du secteur privé a décidé d’organiser ce lundi 28 septembre, une réunion d’urgence afin d’examiner les mesures et les décisions qui pourront être prises en réaction à la politique menée par l’organisation patronale pour bloquer les négociations sociales, indique-t-il.
Semblable initiative souligne déjà un malaise réel au sein de l’UTICA qui a rejeté les déclarations de certains syndicalistes considérant qu’elles visent à envenimer la relation entre les deux organisations. Pourtant, l’organisation patronale a affirmé qu’elle est attachée à la poursuite du dialogue, soulignant que les pourparlers sur la préparation du projet de l’accord relatif aux négociations n’ont pas été bloqués par l’UTICA d’autant moins que le projet proposé est réaliste. D’ailleurs, l’accord d’une délégation de l’UGTT sur son contenu en témoigne .
La crise traduit l’échec de la rencontre de BCE avec Abassi et Bouchammaoui!
Pour plusieurs économistes comme Fethi Nouri, l’échange d’accusations entre les deux centrales est un échec de la rencontre qui a réuni le président de la république avec Houcine Abassi et Wided Bouchamoui.
Dans une déclaration à Africanmanager, l’expert en économie a mis en garde contre ces accusations qui ne pourraient jamais servir les ouvriers dont le nombre est estimé à deux millions 700.
« Si les déclarations irresponsables vont continuer, on ne pourrait pas occulter les prémices d’une crise sociale », a estimé Nouri prévoyant que l’escalade entre les deux centrales sera un coup dur pour l’UGTT. Car, les chefs d’entreprise vont certainement recourir à la fermeture de leurs sociétés, dès lors qu’ils réaliseraient que la pérennité de leurs entreprises est menacée.
Chiffre à l’appui, le nombre des entreprises ayant fermé leurs portes sans préavis a grimpé de 41 entreprises en 2014 à 65 en 2015. Parmi les raisons qui ont poussé certains entrepreneurs à mettre la clé sous la porte, figurent la dégradation de la situation économique nationale et la perte d’espoir.
Pis, le taux des licenciements économiques et de la mise en chômage technique des salariés s’élève actuellement à 96%.








