« Le gouvernement va présenter à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) les orientations du projet de loi des finances pour 2016 et ce, le 15 octobre au plus tard ». C’est ce qu’a annoncé le ministre des Finances, Slim Chaker à Africanmanager en marge d’une rencontre, organisée ce mardi 29 septembre 2015 par les chambres de commerce mixtes tuniso-britannique, française, allemande, italienne et suisse.
D’après lui, ce projet de loi en cours de préparation prévoit n taux de croissance de l’ordre de 2.5%. Il a aussi fixé le taux de change moyen du dinar et le prix de baril respectivement à 1.970 dt et à 60 dollars tout en essayant de maintenir un taux raisonnable d’endettement.
Plusieurs mesures sont prévues afin de promouvoir la sécurité, la jeunesse, l’éducation, mais ce projet de loi des finances 2016 contiendra-t-il des nouveautés pour le secteur d’exportation?
Sur cette question, Slim Cheker a fait savoir que ce projet comportera une batterie de mesures visant essentiellement la modernisation de la douane, et ce, dans le but de simplifier les procédures en faveur des entreprises actives dans le secteur.
« C’est une démarche stratégique. Car, il est impossible de promouvoir l’économie et l’investissement et de consolider l’exportation en l’absence d’un corps douanier capable de consolider les petites et moyennes entreprises », a dit Slim Cheker affirmant que « la réforme de la douane touchera bien évidement le système informatique et le renforcement de la décentralisation des directions régionales de la douane dans toutes les régions ».
Parmi les autres mesures, la suppression des taxes douanières à l’importation des équipements et de matières premières au profit des PME est prévue en 2016 avec une baisse de 20% pour le reste des produits…Une mesure qualifiée d’importante car, elle aura certainement une conséquence sur l’activité des PMEs.
Toujours dans le même contexte, les patrouilles de la garde douanière seront renforcées dans les différentes régions de la Tunisie, et ce, à partir de l’année prochaine pour lutter contre la contrebande et le commerce parallèle.
Ainsi, outre la modernisation de la douane, un système économique en vigueur régissant la gestion de l’activité des entreprises exportatrices et le passage du contrôle a priori au contrôle a posteriori sera mis en place.
Le ministre a d’autre part indiqué sans entrer dans les détails que « la prochaine loi des finances devrait introduire d’importantes réformes fiscales ». Elle va exonérer les personnes dont le revenu annuel varie entre 0 et 5000 dinars de l’impôt sur le revenu, a-t-il seulement précisé.
Est-il possible de réaliser 2.5% de croissance ?
Pour Fethi Nouri, expert en économie, la réalisation d’un taux de croissance de 2.5% reste tributaire de la capacité du gouvernement d’Essid à tenir ses promesses tout en faisant des économies.
« C’est possible de réaliser ce taux surtout que 2016 sera l’année des grandes réformes, à commencer par la réforme fiscale, celle de la subvention ainsi que d’autres réformes liées à l’investissement », a dit Slim Cheker avant de mettre l’accent sur l’importance du retour au travail et surtout l’apaisement des tensions entre l’UGTT et l’UTICA pour gagner ce challenge. « Tout est réalisable, une fois le dossier de l’augmentation salariale sera clos », a-t-il conclu.








