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Tunis : L’Administration et les chômeurs tuent les entreprises. Preuve à l’appui !

Parodiant Shakespeare, on dira que, en effet «il y a quelque chose de pourri dans l’Etat de Tunisie». A moins de changer, instantanément, de schéma de développement et que la Tunisie de l’après révolution opte pour un modèle économique où l’Etat devient l’investisseur, le producteur et l’employeur, l’investissement privé reste l’unique solution pour une éventuelle reprise économique. Un secteur privé pour lequel tout a pourtant changé. D’abord, l’environnement juridique, à cause de la perspective d’amendement du code d’investissement. Ensuite, l’environnement social, avec la constitutionnalisation du droit de grève sans aucune garantie pour l’employeur et avec le laxisme  administratif et légal à l’égard des grévistes et à l’égard de tout type de mouvements sociaux.

Depuis la révolution, la Tunisie vit sous «la république de l’UGTT» et dans le royaume où l’employé est roi et où l’employeur est le diable qui doit être exorcisé par la grève.  Sous emprise syndicale, Etat et administration, se refusent et ont peur d’aider «le diable». L’instabilité politique et l’attentisme ambiant aidant, l’employeur plie sous les demandes d’emploi, sans trouver l’aide nécessaire pour créer cet emploi tant demandé.

  • Une Administration qui a peur des grévistes et qui n’applique pas la loi

L’usine de Carthage Cément est ainsi par exemple bloquée depuis plusieurs  jours par une centaine de  chômeurs qui exigent d’être recrutés. Sollicité pour un appui à la levée du siège de la cimenterie, le Gouverneur de Ben Arous refuse d’intervenir. Les Danois qui exploitent l’usine  assurent que s’il n’y a pas de réaction des autorités, ils vont jeter l’éponge, fermer l’usine,  mettre fin â leur contrat et quitter la Tunisie.

A Kairouan et au Kef, deux usines qui emploient 270 personnes, sont également bloquées par des chômeurs qui exigent d’être embauchés alors que les sites sont en très large sureffectif. Les 2 usines auraient  fermé et mis leur personnel en chômage technique. Comme à Jbel Ressas, les autorités locales refusent d’intervenir pour protéger les usines et garantir le droit au travail, un droit qui n’existe par ailleurs pas dans la Constitution. On rend, pour cela, grâce à l’UGTT !

A Boumerdess, près de Mahdia, c’est un investisseur italien qui exploite une petite unité de traitement des graines d’olives et qui emploie quelque 70 personnes. Les habitants de la région  menacent de fermer son usine, sous prétexte de pollution, s’il ne recrutait pas leurs enfants. Depuis, il pense sérieusement à mettre la clé sous porte.

  Le DG d’une importante société, qui termine un investissement de 80 millions de DT à Sebikha, peine à l’achever. L’administration concernée n’a pas encore entamé les travaux  de raccordement au  gaz à seulement 9 Km de l’usine. L’appel d’offres qui a abouti, au départ, au choix d’une entreprise doit être refait et personne ne sait dans combien de temps. L’acheminement du gaz est estimé à 1,5 MD , soit à peine 0,2% du coût du projet . En attendant, le compteur des taux d’intérêt bancaires court pour  l’investisseur.

  • Une «révolution» destructrice de l’emploi

Il y a quelques jours, une des plus belles usines de confection vient de fermer définitivement. Entreprise tuniso-allemande avec 20 ans d’existence et d’expérience, elle employait 350 personnes en direct, sans compter les emplois indirects de ses multiples façonniers. Des revendications et des grèves illégales et injustifiées à profusion l’ont mise à genoux. Le chef d’entreprise gagne son procès contre les grévistes, mais ne trouve pas l’appui de l’autorité pour faire appliquer le jugement et empêcher quelques personnes de bloquer l’usine !

Et ce n’est pas tout. Les exemples sont, depuis 2011  légion dans la Tunisie du Prix Nobel de la paix. Il y a seulement quelques jours, Alkimia, une entreprise privée dont la production dépend en totalité de la compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) déclarait que «la production de l’année 2015 a enregistré une baisse importante de 29,67% par rapport à celle de l’année 2014, et ce en raison du manque d’acide phosphorique, occasionné par les sit-in observés dans le bassin minier de Gafsa et à Gabès qui ont empêché la livraison du phosphate brut à Gabès ». C’est ce qu’a déclaré Alkimia à la bourse de Tunis. En face, la dette d’Alkimia passait de 7,9 MDT à plus de 13 MDT dont plus de 10 MDT en court terme. Il y a quelques jours aussi, après l’ENI, Enquest et Shell, Petrofac rend le tablier et s’en va, excédée par le caractère répétitif de ces actions et face à «l’indifférence des autorités» devant ses 200.000 DT de pertes par jour à cause de l’interruption de sa production.

Ceci va-t-il s’arrêter un jour ? La Tunisie aura-t-elle enfin un responsable, ministériel ou syndicaliste,  assez courageux et les « cojones » pour placer les intérêts de la Nation au-dessus de son fauteuil, pour arrêter tout ce gâchis ?

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