AccueilMondeAlgérie : Le Parlement adopte une nouvelle constitution

Algérie : Le Parlement adopte une nouvelle constitution

Le Parlement algérien, réuni en session extraordinaire, dimanche matin à Alger, a adopté la loi portant révision constitutionnelle. Le projet a été approuvé par 499 parlementaires réunis en congrès dominé par les conservateurs du FLN et du RND, qui se partagent le pouvoir depuis des décennies.

Deux ont voté contre et 16 se sont abstenus, a précisé le président du Sénat, Abdelkader Bensalah. Les principaux partis d’opposition, ayant quelques dizaines d’élus au total, ont boycotté le vote. Pour être adopté, il devait recueillir l’adhésion des 3/4 des 462 députés et 144 sénateurs.

Qualifiant ce projet d’«ambitieux» et de «prometteur», le Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal a estimé qu’il s’agissait d’un «jour historique» pour l’Algérie. Selon lui, il «permettra d’immuniser le pays contre les bouleversements politiques et les menaces qui guettent sa sécurité nationale».

Le projet contient le rétablissement de la limitation à deux mandats de la fonction présidentielle. Elu pour la première fois en 1999, Abdelaziz Bouteflika avait supprimé lui-même cette limitation qui lui a permis de briguer un 3e puis un quatrième mandat et éveillé les soupçons d’une présidence à vie. Adoptée également la reconnaissance du berbère, pour lequel les militants berbéristes avaient été jetés en prison dans les années 80, comme langue officielle. Mais l’arabe demeure «la langue nationale officielle de l’Etat». Et l’Islam est consacré, à l’article 2 de la Constitution, religion de l’Etat.

Ce projet de loi suscite une grosse inquiétude auprès de la communauté algérienne à l’étranger notamment en raison d’un article 51 interdisant aux binationaux d’accéder aux hautes fonctions de l’Etat.

Ce projet, initialement prévu fin 2014, «consacre l’alternance démocratique par le moyen d’élections libres» et constitue «un rempart contre les aléas des changements politiques», a affirmé Abdelmalek Sellal. Il faisait allusion à des points de la Constitution qui ne peuvent être modifiés dans le cas par exemple d’une conquête du pouvoir par une majorité islamiste.

Abdelaziz Bouteflika, 78 ans, n’a pas assisté à la réunion des parlementaires qui s’est déroulée, au club des Pins. A l’issue du congrès le président algérien a adressé un long message écrit diffusé par l’agence officielle de presse dans lequel il se félicite de la «démocratie» algérienne. «En ce jour historique, il m’est particulièrement agréable de saluer le sens élevé de la responsabilité, du patriotisme et la clairvoyance dont ont fait preuve, résolument, les membres du Parlement, toutes tendances politiques et tous courants idéologiques confondus…».

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