Le chef du gouvernement est au courant, et il n’a même dénoncé la pratique de son ministre. Le SG de l’UGTT était au courant et en aurait parlé avec Elyes Fakhfakh qui a promis de régler la question. Ses amis d’Ennahdha ont téléphoné à la victime feignant la solidarité, mais aucun d’entre eux n’a pondu de statut fb pour dénoncer le ministre d’Etat à qui le titre est monté à la tête et qui s’y croit roi.
Le ministre, en fait par ce genre d’action, un sinistre pour son parti, aurait pourtant pu mettre fin à la fonction de l’ancienne secrétaire d’Etat et actuelle chargée de mission, avec l’art et la manière, dans le strict respect des procédures administratives, et surtout avec politesse (Le ministère, et non le ministre, a envoyé son droit de réponse). Il choisit l’indécence des tortionnaires administratifs, un comportement qu’avaient vainement condamné les cadres de son ancien ministère et ceux du CNI (Centre National de l’Informatique).
Quant aux raisons de ce comportement du ministre dit d’Etat, Anouar Maarouf aurait été en colère contre la spécialiste du transport, à cause d’un statut sur sa page des réseaux sociaux, où elle parlait des problèmes du secteur, dont le (s)-ministre ne savait encore rien. Le statut d’un haut cadre de grande compétence dans son domaine, dont un ministre n’apprécie par les compétences, n’a vraisemblablement pas aimé !
- Voici le texte du statut de Sarra Rjeb
Le transport urbain est en rapport très étroit avec la qualité de vie des citoyens. En effet, la quasi-totalité des déplacements en milieu urbain sont quotidiens dont les motifs sont, domicile-travail et domicile-école. Que l’on se déplace à pied, en deux roues, en voiture ou en transport collectif, le déplacement est pénible.
A pied : le déplacement est pénible parce que très souvent dans la conception et l’aménagement de nos villes, nous oublions le piéton et par la suite dans la gestion des villes, nous continuons à ignorer le piéton.
Les trottoirs sont trop étroits ou quand ils sont larges, ils sont occupés soit par les terrasses de café, soit par les voitures qui stationnent dessus (faute de parkings suffisants) soit par les marchands ambulants. La seule possibilité qui reste pour le piéton, c’est d’emprunter la chaussée, ce qui est dangereux.
En deux roues : le déplacement est non seulement pénible mais dangereux. Là aussi les villes ignorent les deux roues. Les plans de circulation des villes, s’ils existent, sont caducs et nécessitent une actualisation. Ils ne prévoient pas de voies réservées aux deux roues et même si elles sont prévues, elles sont très vite envahies par les voitures particulières.
En voiture : Les embouteillages pendant les heures de pointe rendent le déplacement en voiture pénible. Par ailleurs, les heures de pointe s’allongent de plus en plus.Par exemple, dans le Grand Tunis, il n’y a plus d’heure de pointe du matin et d’heure de pointe du soir, la pointe dure toute la journée de 7 heures du matin à 7 heures du soir.
La congestion des villes a pour conséquence immédiate un besoin de plus en plus important d’investissement dans les infrastructures routières qui sont très coûteuses pour le budget de l’Etat.
A ces coûts d’infrastructures s’ajoutent une dégradation de la qualité de la vie dans les villes, une surconsommation d’énergie, une pollution de l’air, un stress permanent des conducteurs automobiles avec toutes les conséquences sur la sécurité routière.
Enfin l’envahissement de l’espace urbain par les voitures particulières et la congestion des routes font supporter à la collectivité nationale des coûts socio-économiques et environnementaux très importants.
Sur un autre plan, l’espace public disponible en milieu urbain est occupé à plus de 90 % par les voitures particulières et les poids lourds laissant une part faible aux piétons, vélos et transport en commun. Au sein des villes où l’espace public est rare, il faut toujours se rappeler ceci en matière d’occupation de l’espace: un métro = 3 bus = 180 voitures.
L’insécurité routière est également une autre conséquence de la congestion des villes.En effet, les deux tiers des accidents ont lieu dans les agglomérations urbaines.
En transport collectif : Le déplacement est pénible à cause d’un niveau de service très peu performant : fréquences faibles, surcharge aux heures de pointe, dégradation progressive de la vitesse commerciale des bus, absence de coordination suffisante entre les divers modes de transport.
Cette mauvaise qualité de service perçue par les usagers du transport collectif est due à un certain nombre de facteurs dont notamment un déficit d’offre de transport, un vieillissement du parc en exploitation, une absence de priorité de passage des moyens de transport collectif y compris pour le métro et absence de sites propres bus.
A titre d’illustration, l’âge moyen du parc bus de la STT dépasse les 10 ans, celui des rames de métro dépasse les 20 ans et celui des rames TGM a atteint les 40 ans. Les conséquences immédiates en sont des taux de disponibilité du matériel faible et des pannes fréquentes, d’où déficit d’offre et surcharge aux heures de pointes avec des densités au m² pouvant atteindre 10 voyageurs.
L’offre de transport collectif ne se mesure pas uniquement au nombre de véhicules mis en exploitation mais également à celui des rotations que ces véhicules peuvent effectuer. Vu l’absence de site propre bus, l’absence de priorité de passage et l’état de congestion des villes, pendant les heures de pointe, le niveau de rotation est très faible pendant les heures de pointe et la vitesse commerciale est très dégradée pouvant descendre jusqu’à 6 km/h (vitesse proche de la marche à pied ou du vélo) rallongeant ainsi les temps de parcours et rendant les voyages de plus en plus pénibles.
Voilà le tableau qui décrit le calvaire quotidien des Tunisiens. Est-ce qu’ils sont condamnés à subir cette souffrance et à prendre leur mal en patience ? jusqu’à quand ?
Est-ce une fatalité ?
Est-ce qu’on ne peut pas mieux faire ?
Est-ce qu’il n’y a pas de solutions ?
Comment ont fait les pays qui ont un transport urbain de qualité ?
Qu’est-ce qui nous manque pour mieux faire ? les idées ? les moyens ? la volonté ?
Ceci étant, les questions sont posées, le diagnostic est fait, il manque des réponses à ces questions.









Je confirme que le ministre aurait dû se comporter avec un minimum de courtoisie envers un haut cadre de l’administration.Il est de coutume qu’un nouveau ministre se sépare des membres du cabinet de son prédécesseur,ces derniers le savent bien et se préparent même au départ avant que la décision ne leur soit notifiée. Mais ce qui vient de se passer dépasse les limites de la correction bien que la publication du spot me paraisse maladroite si c’est la raison de la position du ministre.Il s’agit en effet d’un diagnostic interne au ministère qui devait être destiné au ministre nouvellement installé.Sa diffusion au public cacherait vraisemblablement quelque intention malveillante.
J’ai le modeste avis que les réformes ne se font pas au moyen de statuts facemachin … Quand on occupe une place de haut placé depuis un certain temps on doit pouvoir changer certaines choses et apporter un certain nombre de solutions aux problèmes du secteur qu’on gère ! Le respect de la hiérarchie administrative reste de mise … Il doit y avoir # un couac # quelque part , un disfonctionnement , un # dossier # traînant …