Timidement, un deuxième printemps arabe se profile à l’horizon. En Algérie et au Soudan, par exemple, des soulèvements ont éclaté pour renverser les régimes en place. Il n’en reste pas moins que malgré tout, la nouvelle démocratie tunisienne est toujours en place, se félicite la chaîne de télévision BBN Blomberg qui souligne que les récents accords arabo-israéliens peuvent être considérés comme l’une des rares réalisations authentiques du président Donald Trump. Le président élu Joe Biden serait bien avisé de s’appuyer sur ce succès, tout en veillant à ce qu’il serve l’intérêt général de l’Occident en encourageant les réformes et la prospérité dans toute la région, estime-t-elle.
Le temps est venu de déployer de nouveaux efforts pour résoudre ces conflits, et Biden peut conférer aux États-Unis un rôle de premier plan. La nomination d’un envoyé spécial pour cette tâche – semblable au rôle qu’Obama a confié à feu Richard Holbrooke – serait un signal opportun.
Le président élu vise à rétablir le leadership américain dans la promotion des valeurs démocratiques, et il prévoit un « Sommet des démocraties » peu après son entrée en fonction. Aussi difficile que cela puisse être, il n’y aurait pas de meilleur moyen de démontrer sa sincérité qu’en s’efforçant de soutenir un nouveau printemps arabe, pense BBN Bloomberg, relayée en cela par la spécialiste des affaires tunisiennes, Sarah Yerkes, Senior Fellow au programme Moyen-Orient de Carnegie. Elle rappelle que le président élu Biden et son équipe ont promis de restaurer la crédibilité des États-Unis sur la scène internationale. À cet égard, dit-elle, Biden serait bien inspiré de se concentrer sur la Tunisie. Il a promis d’organiser un sommet mondial pour les démocraties au cours de sa première année de mandat, qui coïncide également avec le 10e anniversaire de la révolution tunisienne Ainsi, la tenue d’un sommet sur la démocratie à Tunis serait l’occasion idéale d’attirer l’attention sur les succès de la Tunisie au cours de la dernière décennie et d’envoyer un signal fort et clair aux militants de la démocratie de la région pour leur faire comprendre que les États-Unis les reconnaissent à nouveau et les soutiennent.
Une potentielle velléité d’échec !!!
En tout cas, L’administration Biden devrait traiter la Tunisie de la même manière que celles qui l’avaient précédée, c’est-à-dire comme une démocratie non controversée qui est perçue comme se portant bien, par rapport à ses voisins, et qui mérite donc l’admiration et le soutien des États-Unis. Néanmoins, la Tunisie ne sera très probablement pas un pays où la nouvelle administration consacrera beaucoup de temps ou d’énergie, et ce serait une erreur. L’administration Biden a plusieurs possibilités de s’y implanter à faible coût mais avec une forte rétribution. À l’inverse, il existe une instabilité potentiellement dramatique qui pourrait résulter de l’échec de la transition tunisienne – un domaine dans lequel l’aide américaine a fait ses preuves.
Au sein du Congrès, rappelle Yerkes, le soutien bipartite à la Tunisie a fait florès après 2011 et s’est poursuivi pendant l’administration Trump. Alors que le pays a perdu son principal champion au Capitole avec la mort du sénateur John McCain, les membres du Congrès des deux côtés ont eu tendance à soutenir la transition tunisienne par le biais de crédits continus et de diverses déclarations et résolutions. En 2019, les sénateurs Robert Menendez (Démocrate -New Jersey), Mitt Romney (Républicain-Utah) et Chris Coons (Démocrate -Delaware) ont présenté une résolution affirmant le « partenariat solide entre la Tunisie et les États-Unis » et reconnaissant les valeurs communes des deux pays en matière de démocratie et de soutien aux droits de l’homme et à l’État de droit. Ainsi, même si le président Donald Trump a proposé des réductions budgétaires draconiennes de l’aide à la Tunisie dans sa première (et suivante) demande budgétaire, le Congrès a largement ignoré ces réductions, maintenant l’aide américaine au pays aux mêmes niveaux que sous Obama.
Saied prompt à féliciter Biden
Ainsi, sous l’administration Biden, les relations entre les États-Unis et la Tunisie pourraient très bien rester inchangées. Le président Beji Caid Essebsi et son successeur, l’actuel président Kais Saied, ont tous deux fait preuve d’habileté dans leur gestion du président Trump. En outre, le président Kais Saied a rapidement reconnu le président élu Biden, en lui adressant ses félicitations et en exprimant son désir de travailler avec lui le 8 novembre, le lendemain du jour où les médias américains ont annoncé que l’élection était en faveur de Biden. Saied, qui se méfie beaucoup plus de l’Occident que son prédécesseur, n’est pas susceptible de se rapprocher trop de Biden et de son équipe. Mais il est également resté au-dessus de la mêlée et n’aura pas besoin de reconstruire une relation avec la nouvelle administration américaine comme ses homologues en Égypte, en Arabie Saoudite ou en Israël, conclut l’experte Sarah Yerkes.
Un autre défi intérieur crucial pour l’administration Biden sera de restaurer la démocratie à l’intérieur du pays. Outre l’important travail de renforcement de la confiance dans les institutions américaines, le président élu Biden et son équipe ont promis de restaurer la crédibilité des États-Unis sur la scène internationale. À cet égard, M. Biden serait bien inspiré de se concentrer sur la Tunisie. Il a promis d’organiser un sommet mondial pour les démocraties au cours de sa première année de mandat, qui coïncide également avec le 10e anniversaire de la révolution tunisienne et la destitution du président Zine El-Abidine ben Ali. Ainsi, la tenue d’un sommet sur la démocratie à Tunis serait l’occasion idéale d’attirer l’attention sur les succès de la Tunisie au cours de la dernière décennie et d’envoyer un signal fort et clair aux militants de la démocratie de la région pour leur faire comprendre que les États-Unis les reconnaissent à nouveau et les soutiennent.








