Les frontières terrestres entre la Tunisie et la Libye ont été rouvertes, ce jeudi 19 août, comme l’a confirmé le chef du Bureau international des soins de santé au poste frontalier de Ras Jedir avec la Tunisie, Mokhtar Al-Mansouri, moyennant, cependant de strictes mesures de précaution sanitaires en rapport avec la pandémie du coronavirus.
Le responsable libyen, cité par « Libya Review » a précisé que le point de passage est uniquement accessible aux cas humanitaires, aux ambulances et au trafic commercial, soulignant qu’un protocole spécifique a été mis en place et devra être respecté et que des mesures de protection seront prises. Celles-ci comprennent le port de masques et la distanciation sociale, en plus de la nécessité de disposer d’un test PCR négatif, datant de moins de 48 heures.
Mardi, une décision publiée par le bureau du Premier ministre libyen a spécifié qu’ « en référence au comité de suivi de la situation des ressortissants libyens bloqués en Tunisie, et sur la base de sa recommandation, il a été décidé de travailler à la réouverture des passages terrestres et aériens entre les deux pays. » Le texte de la décision mentionnait « la nécessité d’œuvrer à la reprise du transport aérien entre les deux pays à partir de jeudi, tout en prenant toutes les mesures nécessaires liées à la lutte contre le coronavirus. »
Il est à rappeler que, le 8 juillet, la Libye avait décidé de fermer ses frontières terrestres et aériennes avec la Tunisie, en raison de la propagation du COVID-19 et de la détérioration de la situation sanitaire dans le pays. Une décision prise à titre de précaution en raison de ce que le gouvernement libyen avait décrit comme « l’exacerbation de la situation épidémiologique en Tunisie et l’augmentation du taux de contamination par le variant indien Delta. »
Une mesure qui avait tout l’air d’être une décision souveraine, donc unilatérale, comme d’ailleurs celle de la réouverture des frontières annoncée par voie de communiqué. Des réunions communes tuniso-libyennes n’en ont pas moins été tenues sans discontinuer tant au niveau des ministères des Affaires étrangères qu’à celui du point de passage frontalier de Ras Jdir, comme l’a souligné le porte-parole de la Douane tunisienne, Haythem Zannad, mercredi soir, sur la chaîne de télévision publique Wataniya.
Il a rappelé que les deux points de passage frontalier tuniso-libyens, Ras Jdir et Dhehiba sont fermés depuis un mois et demi à la circulation des passagers comme au trafic des marchandises, soulignant, au demeurant, que les exportations tunisiennes vers le voisin libyen se sont élevées, au cours des 7 derniers mois, à 970 millions de dinars alors que les importations sont estimées à 52 millions de dinars, tout en précisant que les camions libyens qui entraient en Tunisie n’étaient pas , pour la plupart, chargés de marchandises, et qu’il revenaient en Libye chargés de produits divers notamment les matériaux de construction et les produits alimentaires.
Ras Jdir atteindra sa vitesse de croisière dans une semaine
400 camions en moyenne traversent chaque jour Ras Jdir dans les deux sens, a-t-il fait savoir, s’attendant ce que le trafic des marchandises atteigne son pic dans une semaine dans ce point de passage frontalier qui va reprendre sa vocation de point de passage frontalier commun , en ce sens que les douaniers tunisiens et libyens vont devoir travailler du côté libyen, côte à côte, pour fournir les prestations requises à l’entrée . Idem pour la sortie au niveau de laquelle les agents douaniers tunisiens et libyens se retrouveront du côté tunisien pour les mêmes tâches.
Zannad a rappelé que ce modus operandi était en cours avant 2011, et avait prouvé son extrême efficacité, et qu’il sera d’une grande utilité à l’avenir, sachant que les Libyens sont déterminés à donner aux échanges commerciaux bilatéraux une forte impulsion qui appelle, de la part des autorités douanières, un effort conséquent.
La Douane tunisienne, a-t-il assuré, est fin prête pour remplir son office à cette enseigne ressuscitée après une éclipse d’une décennie , et renforcer ses mécanismes de coopération et de travail collectif avec son homologue libyenne en tirant parti des équipements disponibles , de la configuration des couloirs et des techniques de fouille et contrôle. Au final, c’est tout bénéfice pour les usagers dans la mesure où un seul contrôle est effectué ou bien du côté libyen ou du côté tunisien, ce qui est synonyme de fluidité et de célérité.
Au sujet de la contrebande, Haythem Zannad, a indiqué que la Douane est aux premières lignes dans la lutte contre ce phénomène, et qu’elle entend, de concert avec les autres intervenants, accentuer cette action pour préserver l’économie nationale.et sauvegarder les intérêts des opérateurs commerciaux et économiques.








